Au lendemain de la présentation de la réforme des retraites, la bataille est lancée: les syndicats se préparent à mobiliser dès le 19 janvier, dans un front uni contre le report de l’âge légal à 64 ans, rapporte l’AFP.
Après trois mois d’atermoiements et de concertations, le gouvernement a confirmé la hausse attendue de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans d’ici à 2030.
Moins que les 65 ans promis par Emmanuel Macron avant sa réélection. Mais assez pour “garantir l’équilibre” budgétaire à la fin de la décennie, tout en finançant “des mesures de justice”, a assuré Elisabeth Borne.
La Première ministre a défendu des “avancées” sur l’emploi des seniors, les “carrières longues” et la prise en compte de la pénibilité. Mais surtout une revalorisation des petites pensions, bientôt portées à 1.200 euros brut (avant CSG) par mois pour une carrière complète.
La mesure concernera non seulement les futurs retraités, mais aussi près de deux millions de retraités actuels. De quoi contenter la droite, clé d’une adoption de la réforme au Parlement.
Mais le groupe LR à l’Assemblée a une “ligne rouge” sur les “carrières longues”. Il exige qu’une personne qui commence à cotiser à 20 ans “puisse partir quand elle a atteint l’ensemble de ses annuités (43 ans dès 2027, NDLR), c’est-à-dire non pas à 64, mais à 63 ans”, a souligné hier mercredi sur RFI son porte-parole, Pierre-Henri Dumont.
Côté patronat, c’est un satisfecit général: le Medef a salué des “décisions pragmatiques et responsables”. Tout en réaffirmant son peu d’allant pour l’index mesurant l’emploi des seniors dans les entreprises de plus de 300 salariés, assorti d’une sanction financière en cas de refus de publication.
Restant sur une position de soutien critique du gouvernement, François Bayrou a jugé son projet “améliorable”, en réitérant sa proposition d’inclure une hausse des cotisations patronales. Une hypothèse repoussée par le pouvoir: s’il a bien prévu une “contribution supplémentaire” des employeurs, elle sera entièrement compensée par la baisse de leur cotisation au régime “accidents du travail”, une branche excédentaire de la Sécu.
L’accueil est, sans surprise, beaucoup plus hostile du côté des syndicats, qui ont dénoncé d’une même voix une réforme “brutale” et appelé à “une première journée de grèves et de manifestations” le 19 janvier.





