Le Conseil des ministres égyptien a indiqué, en réaction aux informations diffusées au cours des dernières heures par certains sites d’informations et sur les réseaux sociaux, qu’une personnalité publique avait avancé une proposition portant sur le transfert de la propriété de certains actifs appartenant à l’Etat, dont le Canal de Suez, à la Banque Centrale d’Egypte. Selon cette proposition, ce transfert aurait pour objectif de régler une partie de la dette intérieure du gouvernement.
Le Conseil des ministres a affirmé que les informations circulant à ce sujet relevaient exclusivement de la position personnelle de leur auteur et ne représentaient en aucun cas une orientation ou une proposition adoptée par le gouvernement égyptien.
Le gouvernement a précisé que des idées visant à échanger certains actifs publics contre la dette intérieure avaient déjà fait l’objet d’études et d’évaluations par les autorités compétentes, dans le cadre de l’examen de différentes options pour gérer et réduire la dette publique ainsi que le coût de son service. Ces études ont conclu que cette approche n’était pas appropriée et qu’elle ne serait pas intégrée aux politiques ou mécanismes retenus par le gouvernement pour la gestion de la dette publique.
Cette décision repose sur plusieurs considérations économiques, financières et institutionnelles. Le gouvernement souligne notamment que le transfert d’actifs et de dettes entre différentes entités publiques ne permet pas, à lui seul, de réduire les engagements de l’Etat dans son ensemble. La gestion de la dette publique nécessite au contraire une approche globale prenant en compte sa structure, le coût de son service, la liquidité intérieure ainsi que ses répercussions sur les politiques monétaire et budgétaire. Elle doit également permettre de préserver l’efficacité de la gestion des actifs publics et d’en maximiser durablement les retombées économiques.
Le Conseil des ministres souligne, de manière catégorique, que le Canal de Suez n’est concerné par aucune proposition de ce type. Le gouvernement n’envisage ni de l’échanger, ni de le mettre en gage, ni d’en transférer la propriété en contrepartie de dettes. Il rappelle que le canal constitue une infrastructure publique stratégique à caractère particulier, directement liée à la sécurité nationale et à la souveraineté de l’Egypte, tout en jouant un rôle central dans l’économie nationale et le commerce mondial.
Le gouvernement précise par ailleurs que le récent règlement des dettes historiques de l’Autorité nationale des médias envers la Banque nationale d’investissement constitue une opération financière et institutionnelle destinée à traiter un cas spécifique, en fonction de son cadre juridique et financier ainsi que de la nature des actifs et des engagements entre les deux parties. Cette opération ne saurait donc être considérée comme un modèle général de gestion de la dette publique de l’Etat.
Pour gérer et réduire la dette publique, le gouvernement mise sur une approche intégrée reposant notamment sur l’amélioration des indicateurs des finances publiques, la réalisation d’excédents primaires durables, l’accroissement des recettes de l’Etat et l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques.
Cette stratégie prévoit également d’allonger les échéances de la dette et d’en réduire le coût du service, tout en cherchant à maximiser les revenus tirés des actifs détenus par l’Etat, dans le cadre de la politique de propriété de l’Etat, des programmes de cessions et d’introduction d’actifs et des partenariats avec le secteur privé. Ces opérations doivent, selon le gouvernement, s’inscrire dans des cadres clairs et transparents permettant de maximiser les retombées pour l’économie nationale tout en préservant les intérêts de l’Etat et ceux des générations futures.
Enfin, le Conseil des ministres affirme rester ouvert aux analyses et propositions des experts et des personnalités publiques dans le domaine économique. Il appelle toutefois à distinguer clairement ces opinions individuelles des politiques et positions officielles de l’Etat, lesquelles sont annoncées par les canaux officiels du Conseil des ministres et des administrations gouvernementales compétentes.





