Les visiteurs d’une ville chinoise peuvent désormais vivre une expérience unique leur permettant de se “téléporter” directement à Guizeh, en Égypte, afin de visiter les pyramides et d’en explorer l’intérieur, sans quitter leur emplacement.
Cette expérience ne relève pas de la science-fiction : elle repose sur la technologie de la réalité virtuelle, qui permet de présenter un modèle numérique des pyramides à échelle réelle, selon un rapport de un pour un. Cette immersion est proposée dans le cadre de l’exposition consacrée aux antiquités de l’Égypte ancienne et à l’art numérique, intitulée « Le Cadeau du Nil », actuellement organisée dans la ville de Guangzhou, dans la province du Guangdong, au sud de la Chine, et qui se poursuivra jusqu’au 11 octobre prochain.
L’exposition réunit 180 pièces et collections archéologiques précieuses de l’Égypte antique, dont 167 présentées pour la première fois en Asie. Afin d’enrichir l’expérience des visiteurs et de renforcer leur interaction avec la civilisation égyptienne ancienne, l’exposition utilise des technologies numériques avancées, notamment la réalité virtuelle dans de vastes espaces d’exposition, l’affichage tridimensionnel sans lunettes ainsi que des techniques de reconstitution par intelligence artificielle, donnant l’impression que les artefacts reprennent vie.
Les technologies numériques ne sont pas seulement utilisées dans les expositions, mais également dans les travaux de fouilles archéologiques menés conjointement par la Chine et l’Égypte.
En février dernier, la mission archéologique conjointe égypto-chinoise a découvert une structure en pierre calcaire, qui pourrait faire partie des vestiges du temple du roi Apriès, datant de la XXVIe dynastie, lors des fouilles menées sur le site de Tell Aziz, à l’est de la région de Mit Rahina, dans le gouvernorat de Gizeh.
Au cours des récentes fouilles, toutes les étapes de l’excavation et de l’extraction des pièces archéologiques ont été entièrement documentées grâce à une technologie appelée « système de restitution spatio-temporelle ». Cette technologie a été développée par une équipe dirigée par Cui Yan, fondateur de l’entreprise chinoise 4 Dig, spécialisée dans la recherche et l’application des technologies de numérisation tridimensionnelle par intelligence artificielle. Le projet associe également le Centre chinois d’information et de conseil sur le patrimoine culturel, relevant de l’Administration nationale du patrimoine culturel, l’Université de Pékin ainsi que l’Institut du patrimoine culturel et d’archéologie du Shandong.
Ce système a fourni un soutien technologique essentiel à cette mission archéologique conjointe, tout en laissant au site antique une archive numérique traçable et reconstituable.
« Les fouilles archéologiques sont un processus séquentiel, et nous avons tenu à documenter chaque étape des travaux », a expliqué Cui Yan, précisant qu’il est désormais possible de retracer la date des fouilles, le nombre d’objets découverts ainsi que les couches géologiques dans lesquelles chaque pièce a été trouvée, le tout de manière vérifiable.
Pour les fouilles portant sur des vestiges archéologiques non transportables, les archives traditionnelles fondées sur des textes et des photographies ne suffisent souvent pas à reconstituer l’ensemble des opérations de fouilles. En revanche, le « système de restitution spatio-temporelle » équivaut à la création de « jumeaux numériques » du travail archéologique, permettant de préserver l’intégralité des opérations grâce à une numérisation à l’échelle micrométrique.





