
Une semaine nous séprae du mois sacré de Ramadan, l’Égypte se pare de ses plus belles lumières. Dans les rues du Caire, l’atmosphère change soudainement : les façades s’illuminent, les vitrines se parent de décorations colorées et les célèbres fanous réapparaissent, suspendus aux balcons et aux devantures des boutiques.
Dès la moitié du mois de Chaabane, les vendeurs exposent des guirlandes scintillantes aux motifs en croissant et en étoile. Dans les quartiers, les habitants s’activent pour installer les traditionnelles guirlandes lumineuses. D’un balcon à l’autre, les fils colorés traversent les ruelles étroites, dessinant des arcs scintillants au-dessus des passants. Les rues se transforment en galeries lumineuses à ciel ouvert, où chaque voisin contribue à créer une ambiance festive et chaleureuse.
Les enfants participent avec enthousiasme, aidant à accrocher les décorations et choisissant leur fanous, cette lanterne emblématique du Ramadan égyptien.
Par : Walaa El Assrah
Le fanous n’est pas qu’un simple objet décoratif. Héritage d’une tradition remontant à l’époque fatimide, il symbolise la lumière, la spiritualité et la joie du mois sacré. Autrefois éclairé à la bougie, il est aujourd’hui souvent électrique ou musical, mais il conserve sa valeur affective et culturelle. Pour de nombreuses familles, acheter un nouveau fanous pour les enfants reste un rituel incontournable.
Le fanous, symbole d’une tradition vivante
Sur les étals, le fanous se décline aujourd’hui sous toutes les formes : en métal finement ciselé rappelant l’époque fatimide, en plastique lumineux diffusant des chants traditionnels, ou encore en versions modernes animées. Au-delà de son aspect décoratif, il incarne une mémoire collective et une tradition solidement ancrée dans la culture populaire. Pour de nombreuses familles, offrir un fanous aux enfants demeure un moment symbolique qui annonce officiellement l’arrivée du mois sacré.
Le yamich, saveur incontournable du Ramadan
Parallèlement, les marchés connaissent une effervescence particulière autour du yamich de Ramadan. Les boutiques spécialisées exposent des pyramides de dattes, d’abricots secs, de figues, de raisins secs, d’amandes et de noix. Les clients debout dans des queues discutent de la qualité, remplissent des sacs généreux destinés à la préparation des boissons et desserts traditionnels. Le yamich occupe une place centrale dans les traditions culinaires du mois sacré. Il sert à préparer des boissons comme le kamar al-din, à garnir les desserts ou à accompagner les soirées familiales après l’iftar. Pour beaucoup, ces achats constituent un rituel aussi important que l’installation des guirlandes : ils marquent concrètement l’entrée dans l’ambiance du Ramadan.
Les pâtisseries, elles aussi, redoublent d’activité. Les plateaux de konafa et de qatayef occupent les vitrines, attirant les passants par leurs parfums sucrés. Les commerces prolongent leurs horaires, anticipant l’animation nocturne qui caractérise le Ramadan en Égypte.
Une joie palpable dans les rues
Au-delà des décorations et des marchés animés, c’est une véritable ferveur populaire qui se ressent. Les commerces prolongent leurs horaires, les pâtisseries proposent les incontournables qatayef et konafa, et les discussions tournent autour des préparatifs des repas d’iftar. Les mosquées se préparent à accueillir les fidèles pour les prières de tarawih, tandis que les associations caritatives organisent des tables de solidarité.
Dans les rues, les sourires se multiplient, la joie s lit sur es visages. Les enfants chantent des chansons traditionnelles liées au Ramadan, les familles flânent le soir pour admirer les illuminations, et une atmosphère de générosité et de convivialité enveloppe les quartiers.
Le Ramadan en Égypte ne se limite pas à un mois de jeûne : il est une saison à part entière, une parenthèse lumineuse où la spiritualité se mêle à la fête. Entre guirlandes étincelantes, fanous suspendus aux balcons et sacs de yamich soigneusement choisis, la joie s’affiche partout et se ressent dans chaque ruelle, rappelant que ce mois sacré est aussi celui du partage et du rapprochement des cœurs.





