Chacun de nous se rappelle les histoires de sa grand-mère. Des histoires qui ont été héritées d’une génération à l’autre. Evidemment, chaque génération a ajouté sa propre sauce et a permis aux autres d’en goûter une nouvelle saveur. Les histoires de grand-mère cherchent à rappeler aux adultes ces doux moments passés à l’ombre des persiennes à écouter les histoires de nos aïeuls à l’âge de l’innocence.
Il était une fois une jeune fille qui habitait avec ses parents dans une petite ferme tout près de la forêt. Elle adorait s’y rendre de temps en temps pour se promener dans la nature. Cette promenade était son unique activité, mais elle avait l’habitude de l’appeler : mon activité préférée.
Un jour, une voisine de retour de la ville, lui a acheté un énorme chapeau rouge avec de belles longues plumes. Elle était si heureuse d’en avoir eu un comme celui des aristocrates qui passent sur le chemin devant le village. Un énorme chapeau avec de longues plumes. Ce chapeau est alors devenu aussi bien sa source de joie que de fierté. Quoi de mieux pour se sentir une vraie jeune dame de la société. Le problème est que la jeune fille ne savait pas où porter ce chapeau. Dans son village, il n’y avait jamais de fête, ni de réception, encore moins des occasions pour sortir. A la ferme, rien de spécial ne se passait non plus. C’est alors qu’elle a eu une idée brillante : pourquoi ne pas sortir avec le chapeau dans sa forêt préférée. Après tout, c’était son lieu favori là où elle se livrait à ses jeux jour et nuit.
Quand, elle retournait de la forêt, elle rangeait à chaque fois son chapeau avec soin. Elle avait tant peur de l’abîmer. C’était quand-même un trésor pour elle et elle se disait bien : il y aura bien une vraie occasion pour le porter.
Un jour, comme tant d’autres, elle décide de porter son chapeau et sa plus belle robe pour se rendre dans la forêt. Elle comptait y passer la journée entière. En partant, elle a regardé le ciel un moment et s’est rendu compte que sa journée de jeu ne sera pas trop longue. Le ciel n’était si clair et les nuages semblaient tous conviés à un concert au-dessus de son village. Elle les a imaginés comme de gros convives venus bien habillés pour l’occasion. Pour un moment, elle hésite de prendre son chapeau, elle se demande si elle doit le laisser pour éviter qu’il soit tâché ou abîmé par la pluie.
Après quelques secondes de réflexion, elle se dit : quelques gouttes de plumes ne vont pas abîmer le chapeau et puis s’il pleut, je le mettrai sous mon capuchon. Etant rassuré par ce plan, elle se lance vers la forêt prête à jouer. Aujourd’hui, elle jouera à la princesse des bois. Si cette forêt immense n’affichait pas de propriétaires, pourquoi, alors, elle le sera.
A suivre





