Une mission archéologique égyptienne relevant du Conseil suprême des Antiquités a réalisé plusieurs découvertes majeures sur le site d’Ihnassiya Al-Madina (l’ancienne Héracléopolis Magna), dans le gouvernorat de Bani Soueif, apportant de nouveaux éclairages sur l’importance religieuse et civilisationnelle de cette cité à travers les époques pharaonique, grecque et romaine.
Dirigée par le Dr Mohamed Ibrahim, directeur général des Antiquités de Bani Soueif, la mission a notamment mis au jour un bloc de pierre réemployé portant une inscription en relief au nom du roi Senusret III. L’inscription comprend à la fois le nom de couronnement et le nom de naissance du souverain, ainsi qu’un autre cartouche mentionnant la divinité “Osiris-Naref”, l’une des principales divinités vénérées à Héracléopolis durant l’Egypte ancienne et l’époque ptolémaïque.

Les archéologues ont également découvert des extensions d’une basilique romaine, les vestiges d’un ancien temple de style dorique, ainsi qu’une rare tête de statue en marbre représentant Aphrodite, déesse grecque de l’amour et de la beauté. D’autres trouvailles comprennent des fragments de reliefs sculptés ainsi que des moules en terre cuite destinés à la frappe de monnaies datant de l’époque romaine.
Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Chérif Fathi, a salué l’importance scientifique et archéologique de ces découvertes, estimant qu’elles contribuent à mettre en valeur le patrimoine exceptionnel d’Ihnassiya Al-Madina et témoignent de la richesse culturelle et de la diversité des civilisations qui se sont succédé en Egypte.

Le ministre a réaffirmé l’engagement de son département en faveur de la préservation et du développement des sites archéologiques à travers le pays, dans le cadre d’une stratégie visant à améliorer leur valorisation et à ouvrir de nouveaux sites aux visiteurs afin de diversifier l’offre du tourisme culturel égyptien.
Pour sa part, Hicham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, a souligné que la découverte du cartouche de Sésostris III revêt une importance particulière, ce souverain étant associé à plusieurs monuments majeurs de la région. Selon lui, cette trouvaille confirme le caractère sacré d’Héracléopolis et l’intérêt que lui accordaient les souverains du Moyen Empire.

Il a également indiqué que les nouvelles découvertes relatives à la basilique romaine permettent de mieux comprendre l’évolution architecturale et fonctionnelle de ce type d’édifice. Utilisée à l’époque gréco-romaine comme bâtiment public destiné aux réunions et aux activités administratives et commerciales, la basilique fut ensuite transformée en église durant les premiers siècles du christianisme.
De son côté, Mohamed Abdel Badi, chef du secteur des Antiquités égyptiennes au Conseil suprême des Antiquités, a expliqué que les premières études des vestiges du temple dorique ont révélé que plusieurs de ses éléments architecturaux avaient été réemployés au VIe siècle de notre ère pour servir de fondations et de supports aux colonnes de la basilique. Selon lui, les bâtisseurs ont ré-assemblé de manière irrégulière les blocs et pierres du temple afin de créer une base suffisamment solide pour soutenir le poids considérable des colonnes, dont certaines atteignent près de 45 tonnes. Trois de ces colonnes demeurent encore aujourd’hui debout à leur emplacement d’origine.






