Emmanuel Macron a vanté mercredi à Tokyo la « prévisibilité » de l’Europe par contraste avec l’imprévisibilité prêtée aux États-Unis de Donald Trump, critiqué, sans être nommé, pour avoir lancé une guerre au Moyen-Orient sans « prévenir » ses alliés pourtant frappés par son impact économique. « Je sais bien que parfois l’Europe peut être regardée comme un continent qui est plus lent que d’autres », a dit le président français devant un parterre de chefs d’entreprise et investisseurs japonais, au deuxième jour de sa visite au Japon.
Mais « la prévisibilité a de la valeur, et nous, nous l’avons montrée toutes ces dernières années, et oserai-je dire encore ces dernières semaines: nous sommes là où vous savez que nous irons », a-t-il ajouté. « C’est pas mal, par les temps qui courent, croyez-moi », a-t-il insisté.
Près de 200 patrons japonais et une délégation d’une quarantaine de chefs d’entreprises français étaient rassemblés lors de ce forum économique. Emmanuel Macron a affiché d’emblée son ambition. « On doit en effet faire beaucoup plus, parce que les défis contemporains et l’affinité de nos stratégies justifient qu’on fasse beaucoup plus », a lancé le président français.
Certaines marques françaises sont déjà implantées dans le pays. Saint James en fait partie. Son PDG, Luc Sénécal, explique que ce qui marche au Japon, c’est le savoir-faire français. Même si la guerre au Moyen-Orient a un impact. « On envoie à l’export, nos marinières et nos pulls par avion. Et là, il y a pas mal de problématiques, de hausses de prix qui sont immédiates », explique le chef d’entreprise.
Benoît Lemaignan, le dirigeant de Vercors, fabricant de batteries bas carbone, est lui, au Japon pour explorer les opportunités, mais estime que la hausse du prix des carburants peut aussi être un accélérateur pour passer à l’électrique. « C’est l’occasion en particulier pour la France, le Japon et certaines de ces économies, d’accélérer finalement notre désensibilisation », estime-t-il.
Emmanuel Macron affiche lui aussi son optimisme. « Dans ce monde incertain, en crise, en guerre, où les choses se sont encore détériorées ces dernières semaines, nous croyons ensemble à un agenda d’apaisement et d’innovation et nous avons des axes pour servir cet agenda ».
La relance du multilatéralisme, du droit international, c’est le créneau sur lequel le président français veut se positionner dans un contexte de tensions internationales exacerbées par la guerre au Moyen-Orient et à Tokyo, le chef de l’État a, dès sa première prise de parole, manifesté sa volonté de travailler avec le Japon pour avancer dans cette voie. « On a la possibilité de créer une plateforme qui est ce que j’ai pu appeler il y a quelques mois, cette coalition des pays volontaires et qui veulent rester indépendants », a-t-il assuré.
Indépendants, face à la volonté d’hégémonie de la Chine, grand voisin asiatique du Japon et celle des États-Unis avec lesquels les relations de Paris sont tendues. Une fois encore, Donald Trump vient d’attaquer la France en l’accusant de ne pas être coopératif dans la guerre avec l’Iran en refusant le survol de son territoire. Emmanuel Macron cherche une troisième voie.





