La mission archéologique égyptienne relevant du Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK), en coopération avec le Conseil suprême des antiquités et le Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), a achevé les travaux de remontage et de restauration de la porte de l’enceinte du roi Ramsès III, située au nord des temples de Karnak. Ce projet s’inscrit dans les activités menées dans le secteur nord-ouest de l’enceinte sacrée des temples entre 2022 et 2025.
Les travaux ont également permis la découverte d’une nouvelle stèle en pierre datant de l’époque de l’empereur romain Tibère, constituant un apport archéologique important pour la compréhension des évolutions historiques et architecturales du site à travers les différentes périodes.
M. Chérif Fathi, ministre du Tourisme et des Antiquités, a salué cette coopération fructueuse entre les parties égyptienne et française, soulignant que ce projet s’inscrit dans un plan global de développement des temples de Karnak, l’un des sites archéologiques les plus emblématiques en Égypte et dans le monde. Ce plan comprend notamment l’aménagement de la zone du musée en plein air et l’amélioration des services offerts aux visiteurs, afin d’enrichir l’expérience touristique.


Il a ajouté que les travaux de restauration et les découvertes archéologiques réalisés ces dernières années représentent une contribution scientifique majeure, permettant de mieux comprendre l’évolution des temples de Karnak à travers les âges, notamment au cours du premier millénaire avant J.-C.
De son côté, Dr Hécham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, a précisé que la stèle découverte remonte à l’époque de l’empereur Tibère. Elle a été retrouvée dans une couche archéologique liée à des structures en briques crues datant de la période romaine tardive et byzantine, dans la zone nord-ouest immédiate de la porte.
M. Mohamed Abdel Badi’, chef du secteur des antiquités égyptiennes au Conseil suprême des antiquités, a indiqué que la stèle est en grès et mesure environ 60 × 40 × 10 cm. Elle représente l’empereur debout devant la triade sacrée de Karnak : Amon-Rê, Mout et Khonsou. Sous la scène figure une inscription hiéroglyphique composée de cinq lignes commémorant les travaux de rénovation de l’enceinte du temple d’Amon-Rê afin de la protéger, ce qui correspond aux données archéologiques et architecturales révélées par le projet.
Dr Abdel Ghaffar Wagdi, directeur général des antiquités de Louxor et chef de la mission du côté égyptien, a ajouté que la stèle a fait l’objet de travaux minutieux de restauration et de conservation par l’équipe du centre. Elle sera prochainement exposée dans un musée, tandis que les recherches et études se poursuivent pour le développement et l’analyse de la zone nord du temple d’Amon-Rê.
Il convient de noter que le projet, mené entre 2022 et 2025, comprenait le remontage et la restauration de la porte nord de l’enceinte construite par le roi Ramsès III durant la XXe dynastie. La partie inférieure de cette porte avait été découverte au XIXe siècle dans un état de dégradation avancé et recouverte de végétation.

Les travaux ont inclus le démontage complet de la porte, la restauration de ses blocs de pierre, leur documentation scientifique, puis leur remontage selon les méthodes scientifiques les plus récentes. Ces opérations ont permis de mettre au jour un grand nombre de blocs décorés réemployés datant du règne du roi Amenhotep III (XVIIIe dynastie), probablement issus d’une porte d’enceinte plus ancienne située au même emplacement.
Les recherches ont également révélé des portions de l’enceinte nord du temple d’Amon-Rê datant du Nouvel Empire, de part et d’autre de la porte, avec plusieurs phases de construction remontant probablement à la XVIIIe dynastie et au règne de Ramsès III. Des indices montrent également des travaux de restauration effectués durant les périodes grecque et romaine.





