
Dans un monde où les parcours sont souvent définis par une seule voie, le Dr Khodor Terro incarne une trajectoire singulière où se rencontrent le droit, l’enseignement, l’art et la transmission du patrimoine. Originaire de Barja, au cœur de l’Iqlim al-Kharroub dans le Chouf, il a construit un parcours où la rigueur de la pensée juridique dialogue avec une passion profonde pour la Dabké et les arts populaires libanais.
Son histoire est celle d’un homme qui a choisi de faire du savoir et de la culture deux chemins complémentaires. Après un parcours universitaire approfondi, il poursuit ses études en France et obtient un doctorat en droit pénal des affaires à l’Université de Poitiers, une formation qui a façonné son esprit d’analyse, sa précision et son attachement à la recherche académique. De retour au Liban, il s’engage dans l’enseignement universitaire au sein de la Faculté de droit et des sciences politiques et administratives de l’Université Libanaise, où il transmet aux étudiants son savoir juridique et sa compréhension des mécanismes institutionnels.
Pour le Dr Khodor Terro, le droit ne représente pas uniquement un ensemble de textes et de règles, mais un moyen de comprendre la société, d’organiser les relations humaines et de construire une citoyenneté responsable. Cette discipline intellectuelle, cette méthode et cette exigence se reflètent également dans son approche artistique.
À travers son engagement auprès de la Troupe de Barja pour les Arts Populaires, il a consacré une grande partie de son énergie à la sauvegarde et à la valorisation de la Dabké libanaise. Son objectif n’était pas seulement de préserver une tradition ancienne, mais de lui offrir un espace d’expression capable de dialoguer avec les nouvelles générations. Sous sa direction, la troupe a développé une approche basée sur la précision des mouvements, la cohésion collective et la mise en scène, faisant de chaque représentation un tableau qui raconte une histoire.
Cette démarche a connu une reconnaissance particulière à travers les participations de la troupe à des événements et compétitions culturelles, notamment son succès dans l’émission « Yalla Nedbok » sur MTV, où la Troupe de Barja a remporté la première place. Cette réussite a mis en lumière un travail de longue haleine fondé sur la discipline, la créativité et l’attachement aux racines culturelles libanaises.
La vision artistique du Dr Khodor Terro repose sur une conviction profonde : la Dabké n’est pas seulement une danse, mais une mémoire collective. Les grands répertoires du patrimoine musical libanais, notamment ceux des frères Rahbani, de Zaki Nassif, de Wadih El Safi et de Nasri Chamseddine, constituent pour lui un héritage précieux qu’il faut transmettre avec respect. Chaque chorégraphie devient ainsi une rencontre entre la musique, les paroles et les gestes, où le mouvement raconte l’histoire d’un peuple.
Le Dr Khodor Terro nourrit également une véritable passion pour l’agriculture, notamment pour le greffage des arbres. Cette passion pour l’agriculture ressemble, à bien des égards, à son engagement culturel : tout comme il donne une nouvelle vie aux arbres en les greffant, il plante dans le cœur des enfants l’amour du patrimoine, de la Dabké et de la joie collective. Ces jeunes deviendront à leur tour les porteurs de cette mémoire, poursuivant ainsi cette chaîne de transmission, comme le dit si bien le proverbe : « Ils ont planté, nous avons récolté ; nous plantons à notre tour afin que les générations futures puissent récolter. »
Au-delà de ses fonctions d’universitaire et d’artiste, le Dr Khodor Terro apparaît comme un passeur de mémoire, attaché à l’idée que le patrimoine ne peut survivre que lorsqu’il est transmis, renouvelé et aimé. Son parcours démontre que tradition et modernité ne sont pas des chemins opposés, mais deux forces qui peuvent se réunir pour faire rayonner une identité.
Juriste, enseignant, chorégraphe et défenseur du patrimoine, Khodor Terro continue de faire rayonner le nom de Barja et du Chouf à travers un engagement où le savoir, l’art et la transmission avancent au même rythme.





