À partir de mercredi 12 août, la compagnie chinoise Sea Legend inaugure la première ligne régulière de fret maritime qui relie les ports chinois et européens par l’Arctique. La nouvelle route polaire doit permettre un gain à la fois de temps et de sécurité, et donc un gain financier : une vingtaine de jours de voyage contre 40 en passant par le canal de Suez ou 50 en contournant l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.
Le projet date des années 2000 avec les premières expéditions scientifiques envoyées par Pékin. Et depuis 2013, la Chine est observateur permanent au Conseil de l’Arctique, même si elle n’a pas de rive sur ces eaux glacées.
Dans ce projet, la Russie a investi massivement pour organiser cette navigation. « Les Russes ont créé une commission mixte russo-chinoise pour cette navigation arctique et c’est les Chinois qui sont les premiers clients. Les Chinois sont intervenus à de multiples reprises depuis 2014 pour sauver certains projets russes, en particulier des projets de gaz liquéfié », précise Jean Radvanyi, géographe, géopolitilogue et auteur de L’Arctique russe, un nouveau front stratégique.
Conséquences sur l’environnement : parce qu’elle est plus courte, cette voie commerciale arctique réduit certes les émissions de carbone d’environ 30 % par rapport à la route par le canal de Suez, mais la pollution causée par les navires va largement perturber les écosystèmes et les populations du cercle polaire.





