Les phrases s’agencent et s’entremêlent pour décrire un art et un artiste si distingué et une valeur rare dans le monde artistique.
Lors d’une rapide visite à son exposition à la salle Azad, 4 rue Mohamed Anis, devant l’ambassade de Chine, une foule de personnes émaciées ayant des traits ratatinés n’attendant rien se rassemblent autour de pots vides, le long d’une immense fresque intitulée “La faim”
La scène panoramique qui s’étend pour dix mètres représente la longueur de la peinture murale dessinée par l’artiste, adoptant une diversité de couleurs limitée, des couleurs sombres et des corps aux couleurs terreuses, avec des pots de couleur vive ressemblant à de l’or. Tout cela dans un contraste clair utilisé avec perfection par l’artiste d’une perspective à vol d’oiseau, qui donne au spectateur l’impression de la regarder depuis une haute tour, et fait que les personnages le regardent et l’attirent avec leurs regards fixes et leurs corps émaciés, et qui crée un état d’interaction entre le destinataire et les personnages de la peinture le long de la murale.

De nombreuses œuvres de l’artiste reflètent la vie des gens ordinaires d’Égypte dans des lieux populaires et les dépeignent dans un cadre dramatique distinct. Mais cette fois, il s’est tourné vers des horizons plus larges allant du niveau local à un niveau universel. Une cause universelle qui affecte des millions de personnes dans le monde. C’est la faim résultant des tragédies, des guerres et des crises majeures qui engendrent la famine pour une multitude de personnes. Malgré la cruauté de l’idée et son étrangeté pour l’art plastique en général dont beaucoup de pionniers recherchent la beauté et le délicieux vocabulaire visuel dans leurs œuvres, notre grandissime artiste a choisi de présenter ce sujet dans une énorme œuvre qui a nécessité un travail assidu pendant des années. Le seul fait de jeter la lumière sur un sujet de cette importance constitue un défi en soi.
Il y a dans le monde des millions de personnes affamées, et il y a ce qu’on appelle le petit homme, qui est celui que je présente dans le tableau. Le grand homme consomme toutes les ressources à son profit et ne laisse que des miettes ou rien du tout pour le petit homme qui souffre de la faim à tous les niveaux. Cette faim n’est pas seulement nutritive et alimentaire mais aussi culturelle et industrielle.

L’artiste égyptien a ajouté : « La peinture murale est la voix des sans-voix qui représente un cri adressé au monde et aux organisations de défense des droits de l’homme pour soutenir les affamés partout. Et il poursuit : « L’artiste doit avoir un rôle efficace et positif dans sa société. Il doit connaître les enjeux et les refléter dans ses œuvres, qu’ils soient positifs, comme les victoires et les situations joviales, ou négatifs, comme les divers problèmes qui minent la société.





