- L’héritage du silence
Prénom : Saja
Nom : Mohamed
Age : 13 ans
Année scolaire : Première préparatoire
Ecole : Saint Vincent de Paul
« Comment voit-on la vie ? Pourquoi voit-on que la pluie est quelque chose de gai, tandis que cela pourrait être les plaintes de nos ancêtres sur cette vie ? Pourquoi, quand le ciel brille et quand les nuages sont immaculés, cela nous apporte-t-il de l’optimisme, tandis qu’on ne sait pas ce qui pourrait se passer après ? Pourquoi la mer est-elle pour nous une beauté qui coule devant nous, tandis que c’est le pire ennemi qui soit ? » Des questions qui passaient par la tête de Mélissa.
Dans une chambre ténébreuse, une chaise qui émet sa voix terrifiante en bougeant, sur laquelle une femme reste en tenant une rose à la main. Elle déchirait une feuille en disant « je reste » et l’autre en disant « je pars », jusqu’à ce qu’elle termine la fleur par la feuille « je pars ». Elle se parla devant son miroir : « Hé ! Toi, qui es-tu ? Tu es moi mais je ne te veux pas. Mon reflet est comme un mot qui se répète dans une vie sans refrain. Comment m’échapper de moi-même ? 37 ans, mais comme 65 ans : un visage ridé, une bouche fermée et des yeux comme des papiers froissés. » Elle regarda ses yeux rouges de larmes qui voulaient dire : « Mélissa, je ne veux pas me fermer pour l’éternité. Je vois la vie comme une rose, mais ton cœur ne veut pas le croire. »
Mélissa, qui ne supportait plus de se voir dans son miroir cassé, alla lire la seule chose qui lui restait de sa mère. Sur son lit cassé, sous le toit de sa maison en bois, elle prit le journal de sa mère et lisait :
« Le 20 mars 1925,
Je suis seule sur ce navire, mon mari m’a abandonnée sur le bord. Ma fille dans mon ventre n’a pas de son, je sens qu’elle est morte. Les vagues portent le bateau, je ne peux rien faire. Une pluie torrentielle tombait du ciel. »
« Le 23 mars 1925,
Le navire a coulé entre les immenses vagues et les nuages qui laissaient les orages m’écraser. Je me suis sauvée grâce à un tronc d’arbre auquel je me suis accrochée. J’ai peur que ma fille soit partie avant de venir, mais son espoir ne m’abandonnera pas. »
« Le 26 mai 1925,
Je viens d’échouer ici sur une île déserte. Personne ne m’a aidée. Je perds mon souffle, je ne respire plus, je sens que la vie me prend. Je vais mettre ma fille sur un bout de bois et je vais te mettre à côté d’elle pour qu’elle puisse connaître pourquoi elle sera seule dans la vie. »
Pourquoi ne m’as-tu pas laissée mourir avec toi et souffrir avec toi ? Ma vie est fichue et je suis seule sans une vraie vie ; tout ce que j’ai vu ne sont que des sorts qui m’ont détruite.
Partir, c’est notre destin, mais partir en souffrant, c’est différent. Un monde qui ne s’arrête jamais et un pas qui se prend pour reculer.
A suivre





