- Je me cherche
Prénom : Saja
Nom : Mohamed
Age : 13 ans
Année scolaire : Première préparatoire
Ecole : Saint Vincent de Paul
Des gens ou des marques déposés sur un grand plat. Un mot qui se pose comme une plume, mais qui attire les gens comme l’aimant sous nos pieds. Une enfance sans vie, sans mot qui se dit. La vie, c’est juste “bonjour”, le silence se gagne, et à la fin “au revoir”.
”Je ne sais pas qui je suis. J’ai vécu ma vie comme des pages qui se plient, sans ouvrir une seule page de celle de ma mère. Ma curiosité ne m’a pas piquée, et cela m’a surprise. Comment ai-je pu vivre dans cette maison sans goût et sans parents ? Je ne me souviens de rien à propos de mon enfance. Mes souvenirs sont effacés par une gomme. Où sont mes sentiments ? Je ne sens plus mon corps.” Le sang pur de Mélissa a écrit ces mots dans son propre journal.
Un silence cruel se propageait dans la pièce envahie par le dénuement. Après le son des pages jaunies par le temps que Mélissa tournait, le silence s’est enfermé dans sa cage. Mélissa, qui tournait les pages de son journal qui l’accompagnait depuis son enfance, n’a rien trouvé d’autre que le mot “SANS” écrit de sa propre main. Mais à chaque page, il était écrit de manière différente : une fois avec du sable, une fois avec l’eau salée de la mer, une fois avec son sang, et une dernière fois avec trois points pour former chaque lettre.
”Comment ai-je pu me faire cela ? M’oublier ? C’est facile à dire, mais c’est difficile à croire. Se parler, se chercher, se trouver… ce ne sont que des mots qui se disent, mais qui n’ont plus de sens.”
”Ainsi, je suis sans enfance. Je ne me souviens même pas pourquoi je l’ai écrit de ces façons. Qui m’a élevée ? À qui est cette maison où je vis ? Comment ai-je le carnet de ma mère sans l’avoir jamais vue ? Quand j’étais gamine, je savais la vérité cachée, mais maintenant je ne la connais plus. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je dois savoir la vérité, sinon c’est ma fin.”
”Ma fin est proche de moi, plus proche qu’un goéland du ciel qui m’attaquerait. Mais comment vais-je savoir ce qui s’est passé ? Des mots qui ont été dits, et d’autres qui ont été perdus dans l’air qui les emporte vers l’inconnu.” Des continuations à la plume noire sur le journal.
”Sans une vie, sans abri, sans couleur et sans un sourire. Personne n’est là pour moi. Personne ne me voit, comme si j’étais une roue qui déambule dans la rue sans utilité.” Les mots de Mélissa devant son miroir.
Une question sans réponse. Une âme qui crie et un cœur qui fuit. Où sommes-nous ? Dans une vie ou dans un enfer ?
A suivre





