
Les objets coulent sur ses espaces, et s’affranchissent des contraintes imposées par la réalité pour ouvrir de nouveaux espaces de communication et d’identification avec les âmes. C’est ce que visait l’artiste plasticien Ayman Salah Taher.
Le fils du pionnier de l’art en Egypte a pu créer dans son travail artistique un espace unique, un point d’intersection entre le tangible et l’intangible, entre l’existence matérielle du corps et son abstraction sur la surface plastique pour explorer l’âme.
Mais la rencontre qu’il a voulue et choisie comme nom pour son exposition indique une rencontre entre lui et son défunt père, l’artiste Salah Taher, par le truchement de leurs œuvres qui traitent du corps humain, et dans lesquelles l’on retrouve l’âme du père dans l’esprit de son fils.
Ayman Salah Taher suit les pas de son père qui a disparu de notre monde il y a 16 ans. Il a hérité du style artistique de son père. Le corps humain est un des facteurs communs entre eux. On voit dès la première vue qu’Ayman s’est concentré en particulier sur la décomposition du corps via l’art de l’abstrait.
Ayman s’est imprégné du style de son père pour présenter ses œuvres plastiques mêlées à sa vie et à ses expériences visuelles. Le corps est l’élément le plus évident de cette exposition, s’intéressant à la dissociation du corps de sa forme dans des cas ressemblant à un morceau de musique, et révélant la force et l’énergie qu’il porte, comme les corps des athlètes ou la douceur et la fluidité du corps féminin.

Salah Taher est passé au cours de sa carrière artistique du réalisme incarné dans nombre de ses œuvres, qui reflètent sa fascination pour la nature, la campagne et la vie égyptienne, à une abstraction qui ressemble à la musique.
Les corps s’envolent dans le monde de la spiritualité, qui s’éclaircit ensuite dans une de ses expériences, dans laquelle il présente mille variations sur l’abstraction littérale de « lui ».

Son fils, Ayman, a traversé une transition similaire du réalisme à l’abstraction, de sa fascination pour la photographie qui incarnait pour lui le réalisme, puis il a voulu rompre avec l’héritage de son père pour lancer son propre style, en devenant photographe sous-marin professionnel. Étant ainsi exposé à des mondes complètement nouveaux, il a continué à pratiquer la méditation dans le monde de la nature, qui se reflète dans ses couleurs.
L’artiste explique que l’exposition se focalise sur le corps humain mais sous un angle différent. Ce n’est pas une simple photo de la nature prise par la caméra, ce qui donne une suggestion indirecte. Il ajoute qu’il a été photographe pendant de nombreuses années et a publié un certain nombre de livres dans ce domaine, et a tenu des expositions dans de nombreux grands musées du monde.
Il ajoute que l’art plastique joue un rôle que l’appareil photo ne peut pas jouer même si de nos jours, elle peut faire des miracles. Pour lui, comme le dit l’écrivain international Bernard Shaw : « Une personne regarde le miroir pour voir son visage, mais il faut qu’il regarde l’image pour voir son âme.” « C’est le principe sur lequel repose l’art plastique, il peut en dire beaucoup sur lui-même à travers cet art » renchérit-il
« Les œuvres sont un miroir qui révèle ce qu’il y a au fond d’une personne. » Ayman Taher explique que chacun peut voir l’œuvre, la peinture ou l’image selon son imagination, sa culture et ce qu’il a à l’intérieur de son âme, expliquant que la plupart des œuvres de son père, à l’exception de quelques-unes, étaient en noir et blanc. Il a donc exécuté le corps humain avec des acryliques aux lignes rapides, mais en ajoutant de l’huile et en introduisant des couleurs dans les œuvres.







