Le Coran ne présente pas Luqman comme un prophète, mais comme un homme à qui Dieu a accordé une grâce rare : la sagesse. « Nous avons certes donné la sagesse à Luqman » (Coran, 31:12). Par cette affirmation, le texte sacré rappelle que la sagesse n’est pas réservée à une élite prophétique ; elle est offerte à tout être humain capable de réflexion, de gratitude et de justesse morale.La première leçon de Luqman est celle de la reconnaissance. Le Coran rapporte que la sagesse commence par la gratitude envers Dieu :« Sois reconnaissant envers Dieu. Quiconque est reconnaissant l’est à son propre profit » (Coran, 31:12).La reconnaissance n’est pas un simple sentiment, mais une posture intérieure qui ancre l’homme dans l’humilité et la lucidité face aux bienfaits reçus.Luqman s’adresse ensuite à son fils dans un dialogue empreint de tendresse et de responsabilité. Son premier conseil est fondamental : préserver la pureté de la foi. « Ô mon fils, ne donne pas d’associé à Dieu, car l’association est vraiment une immense injustice » (Coran, 31:13). Ce rappel dépasse le cadre strictement religieux : il invite l’homme à ne pas absolutiser ce qui est éphémère, à ne pas faire de la puissance, de l’argent ou de l’ego des divinités modernes.La sagesse de Luqman se manifeste également dans le respect des parents, pilier de l’équilibre social et affectif :« Nous avons recommandé à l’homme la bonté envers ses père et mère » (Coran, 31:14).Ce verset inscrit la reconnaissance familiale dans une dimension spirituelle, rappelant que la gratitude envers Dieu passe aussi par la reconnaissance envers ceux qui ont donné la vie.Mais Luqman enseigne aussi la responsabilité individuelle. Il rappelle à son fils que nul acte, aussi infime soit-il, échappe à la connaissance divine :« Ô mon fils, fût-ce le poids d’un grain de moutarde (…) Dieu le fera venir » (Coran, 31:16).Cette parole invite à la vigilance morale et à la cohérence entre l’intime et le visible.La sagesse de Luqman est également sociale et active. Il exhorte à l’engagement éthique :« Ô mon fils, accomplis la prière, ordonne le convenable et interdis le blâmable, et endure avec patience ce qui t’atteint » (Coran, 31:17).La foi ne se limite pas à l’intériorité ; elle s’incarne dans la responsabilité collective, la patience et la persévérance.Enfin, Luqman met en garde contre l’arrogance et l’excès :« Ne détourne pas ton visage des gens avec orgueil et ne marche pas sur la terre avec arrogance » (Coran, 31:18).Et il conclut par un appel à la mesure, jusque dans la voix :« Sois modeste dans ta démarche et baisse ta voix, car la plus détestable des voix est celle des ânes » (Coran, 31:19).Ces recommandations, d’une modernité frappante, invitent à une éthique du comportement, du langage et de la présence au monde.À travers Luqman, le Coran offre à l’humanité une boussole morale intemporelle : gratitude, foi, respect, responsabilité, humilité et mesure. Des valeurs universelles qui transcendent les époques et les cultures, rappelant que la sagesse véritable commence par l’écoute et se manifeste dans les actes.





