Pour la quatrième année consécutive, un consortium international de 73 chercheurs, impliquant en France des scientifiques de Météo-France, du CEA, du CNRS et de Mercator Ocean International, a actualisé les indicateurs clés du changement climatique et de l’influence humaine, à l’échelle planétaire.Leurs résultats, publiés dans la revue scientifique Earth System Science Data, indiquent que la planète accumule de la chaleur à un rythme qui accélère, et que le niveau de réchauffement planétaire dû aux activités humaines atteint désormais 1,37°C. L’étude inclut cette année un nouvel indicateur sur les vagues de chaleur marine, selon CNRS.
Les émissions de gaz à effet de serre en hausse
Les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont atteint un niveau record, s’élevant à 56,8* milliards de tonnes (Gt) d’émissions en équivalent dioxyde de carbone (CO₂e) en 2024, dont les ¾ sont directement dus à l’usage des énergies fossiles. Cependant, les émissions de GES n’augmentent plus aussi rapidement que pendant les années 2000.
Le réchauffement en hausse rapide
Le réchauffement climatique induit par les activités humaines a atteint 1,37 °C en 2025, et il devrait dépasser 1,5 °C d’ici 2030 environ.
Le budget carbone restant – la quantité totale de dioxyde de carbone qui peut encore être émise si l’on souhaite avoir une chance sur deux de maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C – est estimé à 130 Gt de CO₂ à partir de début 2026. Ce budget carbone sera épuisé avant 2030 aux niveaux actuels d’émissions de CO2. Il est désormais inévitable que le réchauffement planétaire dû aux activités humaines atteigne puis dépasse 1,5°C.
L’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température observée pour cette année de 1,39°C au-dessus de la moyenne 1850-1900. Ce niveau est quasi identique au niveau de réchauffement de long terme dû aux activités humaines qui atteint 1,37 °C pour 2025. Cela montre que la variabilité naturelle du système climatique n’a eu qu’un effet limité sur les températures moyennes mondiales l’année dernière.
Le rythme du réchauffement dû aux activités humaines reste à son plus haut niveau historique, soit environ 0,27 °C par décennie. Ce rythme élevé est principalement dû à des niveaux record d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et, dans une moindre mesure, la baisse continue des aérosols, notamment soufrés, dont l’effet refroidissant masquait une partie du réchauffement induit par les GES. La baisse des aérosols résulte notamment des mesures de lutte contre la pollution atmosphérique.
La chaleur s’accumule
Le déséquilibre du bilan d’énergie de la Terre, différence entre le rayonnement solaire reçu par la Terre et le rayonnement sortant émis par la Terre vers l’espace, mesure l’accumulation de chaleur dans le système climatique. Il est le résultat à la fois des perturbations liées aux activités humaines, et de la réponse du climat, avec ses boucles de rétroaction.
Ce déséquilibre est un indicateur clé du rythme du changement climatique. Il augmente depuis les années 1970, ayant doublé au cours des dernières décennies pour atteindre un niveau record. Cette accumulation de chaleur est au coeur des conséquences du réchauffement climatique et affecte chaque compartiment du système climatique : réchauffement de l’air au-dessus des continents ; réchauffement de l’océan, en surface et en profondeur, fonte des glaces continentales et de la glace de mer.





