Le ministre de l’Aviation civile, Dr Sameh Al-Hefni, lors du séminaire de l’OACI :
- La capacité de production d’énergie solaire de l’aéroport du Caire atteint 4 mégawatts.
- Accélération de la transformation numérique et amélioration de la gestion de l’eau et des déchets afin de réduire l’impact environnemental.
- Le secrétaire général de l’OACI, Juan Carlos Salazar : la vision de l’Organisation à l’horizon 2050 vise le zéro émission nette de carbone.
- Le président de la Compagnie holding égyptienne des aéroports et de la navigation aérienne, l’ingénieur Aiman Arab : élargissement des partenariats avec le secteur privé pour soutenir les projets d’infrastructure.
- Le directeur régional du bureau de l’OACI pour le Moyen-Orient, Mohamed Rahma : renforcer la capacité des aéroports à s’adapter aux changements climatiques et à faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Le ministre de l’Aviation civile, Dr Sameh Al-Hefni, a affirmé que le développement durable était devenu une nécessité stratégique pour l’avenir de l’aviation internationale, dans un contexte de croissance continue du trafic aérien. Cette évolution impose de relever plusieurs défis, notamment l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, la réduction des émissions de carbone, l’optimisation de la gestion des ressources et le renforcement de la capacité des aéroports à s’adapter aux changements climatiques. Il a souligné que la transition verte constituait l’un des principaux axes de développement du secteur de l’aviation civile et de son adaptation aux mutations mondiales.

Lors de l’ouverture du séminaire de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) sur les aéroports verts 2026, le Dr Sameh Al-Hefni a expliqué que le principal défi consistait à concilier la poursuite de la croissance de l’industrie aéronautique et son rôle essentiel dans la mise en relation des peuples et des économies, avec la nécessité d’en limiter les répercussions environnementales. Cet équilibre passe par le développement des infrastructures, la modernisation des méthodes d’exploitation et l’amélioration de l’efficacité énergétique ainsi que de l’utilisation des ressources. Il a ajouté que les aéroports jouaient un rôle central dans la traduction des objectifs environnementaux en projets et en mesures concrètes, produisant des résultats tangibles et mesurables.
Le ministre a présenté les principaux résultats des efforts déployés pour améliorer les performances environnementales de l’aéroport international du Caire. Il a indiqué que la consommation énergétique totale avait diminué d’environ 4 %, malgré une augmentation de plus de 9 % du trafic passagers. Cette évolution a permis d’améliorer de 12,2 % l’efficacité de la consommation énergétique par passager.

- L’ingénieur Aiman Arab
Il a également précisé que la capacité de production d’énergie solaire de l’aéroport atteignait environ 4 mégawatts, pour une production annuelle estimée à 6,4 millions de kilowattheures. Ces efforts s’accompagnent de la mise en place de systèmes intelligents de gestion des bâtiments, de l’utilisation d’éclairages économes en énergie, de l’accélération de la transformation numérique ainsi que de l’amélioration de la gestion de l’eau et des déchets. Ces mesures contribuent à accroître l’efficacité opérationnelle et à réduire l’impact environnemental des activités aéroportuaires.
Al-Hefni a souligné que les efforts en matière de développement durable s’étendaient à différents aéroports égyptiens. Le nouveau terminal de l’aéroport international de Borg El-Arab comprend ainsi un système de production d’énergie solaire d’une capacité d’environ 1,5 mégawatt, ainsi que des dispositifs visant à rationaliser la consommation énergétique, à traiter les eaux et à les réutiliser. De son côté, l’aéroport international de Hurghada participe à l’initiative « Hurghada verte », en coopération avec le ministère de l’Environnement et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), afin de soutenir l’adoption de pratiques environnementales durables.

- Juan Carlos Salazar
Le ministre a par ailleurs indiqué que plusieurs aéroports égyptiens avaient obtenu une reconnaissance internationale pour leurs efforts dans les domaines de l’environnement et du développement durable. L’aéroport international du Caire a ainsi remporté des prix décernés par le Conseil international des aéroports (ACI), tandis que l’aéroport international de Hurghada a reçu le prix « Zéro déchet ». L’aéroport international d’Alexandrie a, quant à lui, été distingué pour ses initiatives en matière de recyclage des déchets et d’application des principes de l’économie circulaire.
S’agissant des initiatives internationales visant à réduire l’impact environnemental du secteur aérien, le ministre de l’Aviation civile a précisé que l’Égypte participait au projet « FIRE », lancé par l’OACI et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial. Ce projet vise à remplacer les mousses utilisées dans la lutte contre les incendies et contenant des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) par des solutions de remplacement plus respectueuses de l’environnement. Il est mis en œuvre dans les aéroports internationaux du Caire et de Charm el-Cheikh, afin de contribuer à la protection de l’environnement tout en préservant les exigences de sécurité aérienne.

- Mohamed Rahma
Dans une allocution enregistrée et diffusée par visioconférence, le secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale, Juan Carlos Salazar, a souligné l’importance d’intensifier les efforts internationaux en vue de construire des aéroports verts et résilients. Il a notamment appelé à développer le recours aux énergies propres, à protéger les infrastructures essentielles et à moderniser les opérations aéroportuaires pour les adapter aux changements climatiques.
Il a précisé que ces efforts s’inscrivaient dans le cadre de la vision stratégique de l’OACI à l’horizon 2050, qui vise à rendre le transport aérien accessible à tous, sans aucune perte de vie humaine et avec un objectif de zéro émission nette de carbone.

Pour sa part, le directeur régional du bureau de l’OACI pour le Moyen-Orient, Mohamed Rahma, a affirmé que la durabilité du transport aérien ne se limitait pas à la réduction des émissions de carbone. Elle suppose également de renforcer la capacité des aéroports à s’adapter aux changements climatiques et à assurer la continuité de leurs activités face aux phénomènes météorologiques extrêmes, tout en préservant l’efficacité des services et la sécurité des infrastructures.
Il a expliqué que la hausse des températures, la raréfaction des ressources en eau et l’évolution des régimes météorologiques dans la région imposaient d’intégrer les considérations liées à la résilience climatique dans la planification, la conception et le développement des aéroports. Il a également souligné que les projets de modernisation des infrastructures représentaient une occasion d’intégrer les normes de durabilité dès les premières étapes, afin d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources et de limiter les risques futurs.
Dans son intervention, le président de la Compagnie holding égyptienne des aéroports et de la navigation aérienne, l’ingénieur Aiman Arab, a affirmé que la croissance soutenue du trafic aérien exigeait de développer les méthodes de gestion des aéroports et d’améliorer leur efficacité opérationnelle, afin de répondre à l’augmentation du nombre de passagers tout en limitant l’impact environnemental des activités aéroportuaires.

Il a indiqué que l’aéroport international du Caire avait accueilli plus de 31 millions de passagers en 2025, tandis que le trafic passagers dans l’ensemble des aéroports égyptiens avait atteint environ 62 millions de voyageurs.
L’ingénieur Aiman Arab a expliqué que la transformation numérique et la modernisation des systèmes d’exploitation constituaient deux axes majeurs de l’amélioration des services et de la fluidité des déplacements à l’intérieur des aéroports. Ces avancées reposent notamment sur la mise en place de portiques biométriques, de services de dépôt autonome des bagages et la suppression des fiches de police aux frontières en version papier pour les citoyens égyptiens à l’aéroport international du Caire. Ces mesures contribuent à simplifier les formalités de voyage, à réduire la consommation de papier et à raccourcir les temps d’attente.
Il a également insisté sur l’importance de développer des modèles de financement viables et d’élargir les partenariats avec le secteur privé pour soutenir les projets d’infrastructure et la modernisation des aéroports. Il a souligné la nécessité d’accorder une attention particulière aux petits aéroports et aux aéroports régionaux, afin de leur permettre de bénéficier eux aussi des solutions technologiques et opérationnelles modernes.
Dans son allocution d’ouverture du séminaire de l’OACI sur les aéroports verts, l’ingénieur Aiman Arab a rappelé que l’édition 2026 se tenait deux ans après celle organisée à Athènes en 2024. Pour la première fois depuis cette précédente édition, le séminaire revient en Afrique et au Moyen-Orient, une région caractérisée par une croissance rapide du trafic aérien et déjà confrontée à des effets tangibles des changements climatiques, notamment les fortes chaleurs, les poussières ainsi que les pressions exercées sur les ressources en eau et en énergie.
Enfin, le directeur général du Conseil international des aéroports (ACI World), Justin Erbacci, a affirmé que les aéroports constituaient des moteurs essentiels du développement économique, en raison de leur contribution à la dynamisation du commerce et du tourisme, à la création d’emplois et à la mise en relation des communautés et des marchés. Il a souligné que leur développement selon des principes durables était indispensable pour préserver leur efficacité et leur permettre de continuer à remplir pleinement ces missions.





