Le 6 octobre 1973 demeure une date inoubliable. En ce jour, les Forces armées égyptiennes ont réalisé un exploit inédit: détruire partiellement, puis franchir la ligne Bar-Lev. Nul ne s’y attendait sur le plan international, ni même national. La ligne Bar-Lev était décrite comme étant infranchissable, indestructible, et impénétrable, et la force d’Israël indomptable. Or, pour les Egyptiens, cela n’avait aucun sens, ils se connaissent bien, ils savent que leur volonté peut faire bouger des montagnes, frayer des voies, rendre l’impossible tout à fait possible et à portée de main. Le 6 octobre 1973, l’Egypte a prouvé que toute cause juste doit gagner tant que ses défenseurs sont armés de volonté, de sincérité et de l’amour de la patrie. L’amour de la patrie est l’un des grands atouts des Egyptiens, nul ne peut les dompter et les empêcher de défendre, de protéger et de vénérer leur patrie, leur territoire et leur souveraineté.
Voie frayée

Après 1967, l’armée israélienne a construit des lignes de défense sur l’autre rive du Canal de Suez pour garantir que l’Armée égyptienne ne puisse point traverser la ligne Bar-Lev. Mais, cela n’a pas dissuadé nos héros qui étaient déterminés à restituer la terre de la patrie. Pendant 6 ans, l’Armée égyptienne n’a pas jeté l’éponge : des exploits se sont poursuivis l’un après l’autre. La destruction d’Eilat survenue quatre mois après la défaite a permis aux forces armées égyptiennes une certaine suprématie et a remonté leur moral. Les combats de la guerre d’usure n’étaient pas gratuits et avaient un impact majeur : ces batailles ont frayé la voie à la grande victoire. Evidemment, le président Gamal Abdel-Nasser a cherché à reconstruire les forces armées. Puis, le président Anouar Al-Sadate a pu se réunir avec les leaders des forces armées pour décider du jour J. Le plan était secret et l’attaque inattendue : le 6 octobre 1973, soit le 10 Ramadan (mois de jeûne pour les musulmans), qui coïncide avec Youm Kippour (une fête juive). Bref, nul ne s’y attendait car l’Armée avait fait comprendre dans les médias que les officiers auraient le droit d’avoir de longs congés et de partir en voyage au pèlerinage. Un voyage assez long pour une armée qui entend faire la guerre. Alors, la guerre était tellement inattendue.
L’invincible vaincu

Du 6 octobre au 9 octobre, des batailles se sont poursuivies sur la terre du Sinaï. Cette épopée a ancré une seule vérité : l’armée israélienne n’est pas invincible. Au contraire, elle a été vaincue et détruite. Sans l’aide américaine, elle n’aurait pas pu résister quelques heures. L’Egypte compte 800 000 combattants, dont 300 000 déployés et 80 000 ont traversé, 2 400 chars dont 800 ont traversé, 2 400 véhicules blindés, 1 120 unités d’artillerie, 690 avions dont 220 ont traversé, une soixantaine à la bataille de Mansourah, 161 hélicoptères et 104 navires de guerre. L’armée égyptienne n’était pas seule, à ses côtés, il y avait les armées syrienne et irakienne. L’armée égyptienne était intéressée à remonter le moral sur la base de la foi, de la patience, de la ténacité et du sacrifice au nom de Dieu et de la patrie. Les forces armées égyptiennes ont édifié des fortifications pour protéger le personnel, les armes, l’équipement et les munitions, et creuser des tranchées et des emplacements de tir pour l’artillerie. Elles ont également établi des postes de commandement, érigeant des bermes en terre à l’ouest du canal, dans lesquelles se trouvent des plateaux pour l’occupation de chars, et établissant un réseau de missiles anti-aériens. Des abris en béton armé pour les avions et les équipements techniques ont été construits dans les bases aériennes et les aéroports et équipés de portes en acier. Et la création de 20 nouvelles bases et aéroports, et la formation d’unités d’ingénierie dans chaque aéroport pour entretenir et réparer rapidement les couloirs une fois bombardés. L’infanterie était dotée d’équipements spéciaux et d’armes de soutien, correspondant au problème de la traversée du Canal de Suez.

L’Egypte a entamé la guerre de 1973 avec une frappe aérienne à 14h00, composée de 222 avions de combat en même temps et à basse altitude, qui ont traversé le canal de Suez et la ligne de détection radar israélienne. Pendant ce temps, des groupes de tireurs embusqués de chars se sont déplacés et ont traversé le Canal de Suez avec des canots pneumatiques, pour détruire les chars ennemis. A 14h20, l’artillerie a tiré le deuxième bombardement à une profondeur de 1,5:3 km, au cours de laquelle des vagues de fantassins ont commencé à traverser, dans des bateaux en bois et en caoutchouc.
Dans le même temps, les ingénieurs ont ouvert des trous dans la berme de la ligne Bar-Lev en actionnant des pompes à eau et en déplaçant des tonnes de mètres cubes de sable. Après avoir ouvert les brèches, les unités chargées des ponts ont abaissé et installé des ponts qui ont pris 6 à 9 heures jusqu’à l’installation de tous les ponts lourds, légers et structurels. A 16h30, 8 groupes d’infanterie ont traversé, et les forces égyptiennes sur la rive est du canal avaient cinq têtes de pont. Vers la nuit tombante, 80.000 soldats avaient traversé le Canal de Suez, 800 chars.
Fierté de la victoire vs honte de la déception










