Un variant trois à six fois plus transmissible que ses prédécesseurs. Si, pour le moment, on ne sait pas si la vague Omicron risque de submerger les hôpitaux, il paraît inéluctable qu’elle mette à mal le fonctionnement habituel des entreprises et des services publics, analyse l’Echo, le 22 décembre 2021.
Ce risque d’absentéisme massif est pris très au sérieux en Allemagne. Des plans spécifiques d’adaptation ont été définis dans certains secteurs. Les entreprises assurant le transport de marchandises doivent se préparer à ne plus prendre en charge que des produits indispensables. L’armée se dit prête à intervenir pour que les besoins essentiels de la population puissent continuer à être satisfaits.
En France, on ne peut pas dire que, pour le moment, ce soit le branle-bas de combat. Il est vrai que les entreprises ont acquis une certaine expérience durant la première vague qui n’a pas touché l’Allemagne. Par ailleurs, il existe en France ce qu’on appelle le plan de continuité de l’activité. Réduire l’activité ou l’interrompre quelques jours paraît envisageable pour une entreprise, mais pour certains services publics une pénurie drastique de personnel aurait de graves conséquences.
De quoi s’agit-il ? Les entreprises doivent élaborer des scénarios leur permettant de s’adapter sans perte de temps à une situation de crise. Le cas des pandémies fait évidemment partie des situations à risque possibles. Et si l’absentéisme atteint un niveau trop important et que le télétravail n’est pas possible, une entreprise doit se préparer à réduire ou même à cesser provisoirement toute activité. Le risque est évidemment plus important dans l’industrie.
Désormais, pour une nuit de travail en plus par rapport à ses horaires habituels, une infirmière se voit proposer 800 euros de plus sur sa paie. Donc si elle accepte de sacrifier trois jours de ses vacances, sa paie de décembre fera un bond de 2.400 euros. Pour autant, les candidats ne se bousculent pas. La fatigue est trop grande.
L’alternative, pour les hôpitaux, est donc de faire appel aux soignants contaminés qui n’ont pas développé de symptômes. Le personnel soignant peut-être maintenu en exercice à trois conditions: un schéma vaccinal complet (entre-temps devenu obligatoire), l’absence totale de symptôme et une tension hospitalière ou un risque de rupture de l’offre de soins. La décision de faire appel à du personnel contaminé revenant aux hôpitaux eux-mêmes.





