Clin d’œil
Par : Samir Abdel Ghany

En août prochain, la galerie Salah Taher de l’Opéra du Caire accueillera l’exposition de l’artiste égypto-américaine Amal Ahmed Moustafa, une créatrice dont le parcours illustre le lien indéfectible entre l’art, la mémoire et la patrie. Installée aux États-Unis depuis de nombreuses années, elle n’a pourtant jamais cessé de rêver de l’Égypte, où elle revient chaque année pour retrouver son public et partager ses nouvelles créations.

L’annonce de cette exposition est portée avec une émotion particulière par le grand artiste Dr Hassan Fadawy, son ancien professeur à la Faculté des beaux-arts d’Alexandrie. Fier du parcours de son élève, il évoque avec enthousiasme celle qu’il considère comme l’une des artistes les plus talentueuses de sa génération. Lorsqu’il présente ses œuvres, explique-t-il, « chaque tableau devient un poème », tandis que sa plus grande joie est de la voir revenir exposer dans son pays natal.
Diplômée de la Faculté des beaux-arts de l’Université d’Alexandrie, section décoration, Amal Ahmed Moustafa a posé en Égypte les fondements de sa carrière artistique avant de poursuivre sa formation aux États-Unis. À la New Jersey City University (NJCU), elle obtient en 1998 une licence en arts plastiques, spécialisée en peinture, ainsi qu’un diplôme en design textile. En 2004, elle décroche une licence en éducation artistique dans la même université. Toujours animée par une quête d’excellence, elle couronne son parcours académique en 2022 par un Master of Fine Arts (MFA) en peinture à la William Paterson University (WPU), obtenu avec les plus hautes distinctions.
L’univers pictural d’Amal Ahmed Moustafa se distingue par une profonde sensibilité humaine. Ses portraits ne se limitent pas à reproduire des visages : ils révèlent des émotions, des états d’âme et des histoires silencieuses. Son langage plastique, à la fois personnel et raffiné, conjugue héritage oriental et expression contemporaine. Les fleurs, les branches entrelacées et les motifs évoquant les tapis orientaux composent un univers symbolique où s’expriment la nostalgie, l’attachement aux racines et la quête identitaire.


Bien qu’elle vive loin de l’Égypte, son œuvre demeure profondément imprégnée de la culture et de l’âme égyptiennes. Cette fidélité à ses origines transparaît dans chacune de ses toiles, où la mémoire du pays natal dialogue avec les influences acquises au fil de son parcours international.
L’artiste a présenté ses créations dans de nombreuses expositions personnelles et collectives en Égypte, aux États-Unis, en Irak, en Palestine et en Finlande, recevant plusieurs distinctions qui saluent la qualité de son travail. Parallèlement à sa carrière artistique, elle a enseigné les arts plastiques dans les écoles publiques américaines et exercé comme créatrice de motifs textiles, transmettant son savoir-faire à de nouvelles générations d’artistes.

Pour Dr Hassan Fadawy, le destin d’Amal Ahmed Moustafa semblait écrit dès les années d’études. « Lorsque je parle à mes étudiants, j’entends la voix de leur cœur. Je sais qui poursuivra son chemin, qui s’arrêtera en cours de route, qui porte de grands rêves. Amal faisait partie de ceux dont je pressentais un succès dépassant largement celui de leurs camarades », confie-t-il.

Il résume également l’essence de son art en une formule éloquente : « Amal peint les émotions et les sentiments, non les personnes. Chaque coup de pinceau dégage une présence artistique remarquable et une véritable magie. »
Le maître ne cache pas son émotion à l’idée d’assister à l’exposition de son ancienne élève à la galerie Salah Taher. Il affirme qu’il sera parmi les premiers visiteurs, entouré de nombreux camarades de promotion et admirateurs venus célébrer le retour en Égypte d’une artiste qui, malgré son rayonnement international, n’a jamais rompu le lien avec sa terre natale.





