En Égypte, l’autonomisation des femmes ne se limite plus aux espaces traditionnels de la vie sociale et professionnelle. Avec l’essor rapide d’Internet et des réseaux sociaux, le monde numérique est devenu un espace central d’expression, d’apprentissage et de travail pour des millions de femmes. Dans ce contexte, garantir leur sécurité en ligne est devenu aussi essentiel que leur protection dans la vie réelle.
Le harcèlement numérique, les tentatives d’escroquerie, le chantage électronique ou encore l’usurpation d’identité figurent parmi les principaux défis auxquels les femmes égyptiennes peuvent être confrontées sur Internet. Ces pratiques ne menacent pas seulement leur vie privée, mais peuvent également limiter leur présence numérique, freinant ainsi leur accès à des opportunités éducatives, professionnelles et créatives.

C’est pourquoi, lors de la Journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes et sous le slogan « Unissons-nous pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et les filles », L’Egypte a mis en lumière sa prise de conscience quant à la gravité de la violence numérique dont les femmes sont victimes. Cette prise de conscience se traduit par le lancement de nombreuses initiatives visant à renforcer la protection des femmes dans l’espace numérique.
Ces efforts s’inscrivent dans le cadre du quatrième axe de la Stratégie nationale pour l’autonomisation de la femme égyptienne à l’horizon 2030, consacré à la protection des femmes contre toutes les formes de violence. Grâce à ces actions soutenues, l’État progresse avec détermination vers la consolidation d’un environnement numérique plus sûr, garantissant aux femmes une protection complète et une autonomisation réelle dans un monde en constante évolution.
L’État déploie de multiples efforts pour lutter contre la violence numérique à l’égard des femmes. Ces actions se concentrent sur la sensibilisation (à travers des campagnes telles que « Ma Teskotish » ou « Ne te taie pas » et « Etkalami » ou « Exprime-toi», la législation et le développement juridique (durcissement des lois et criminalisation des différentes formes de violence), le renforcement des compétences numériques (formation des femmes, notamment en milieu rural), ainsi que la mise à disposition de mécanismes de soutien (création d’unités de lutte contre la violence dans les universités, lignes d’assistance téléphonique et centres de soutien psychologique).
Elles incluent également la coopération internationale avec les organisations des Nations unies, en plus du rôle central des médias dans la correction des idées reçues. Ces efforts reposent sur une coopération étroite entre le Conseil national de la femme et diverses institutions afin de mettre en place un système intégré de protection des droits des femmes et de renforcer leur autonomisation numérique et économique.

Principales actions:
1. Législation et politiques
- Développement de cadres législatifs criminalisant toutes les formes de violence électronique.
- L’Égypte figure parmi les rares pays de la région disposant de législations globales, avec un engagement international de tolérance zéro face à l’usage abusif des technologies pour exercer des violences contre les femmes.
2. Sensibilisation et renforcement des capacités
- Campagnes de sensibilisation : lancement de campagnes telles que « Ma Teskotish », « Etkalami… protège-toi et protège les autres » et « El Sekka Aman ».
- Alphabétisation numérique : intégration des notions de sécurité numérique dans les programmes d’alphabétisation.
- Programmes de formation : information des femmes sur leurs droits et les risques numériques, en particulier en milieu rural, avec l’implication des hommes et des jeunes.
3. Soutien psychologique et juridique :
- Création d’unités de lutte contre la violence à l’égard des femmes dans les universités égyptiennes.
- Fourniture d’un accompagnement juridique et de consultations gratuites aux victimes, ainsi que formation de personnels locaux à la gestion des signalements.
- Mise en place de lignes téléphoniques d’assistance pour le signalement et le conseil.
Face à ces enjeux, l’autonomisation numérique apparaît comme un levier fondamental. Elle passe par la sensibilisation aux bonnes pratiques de sécurité en ligne, la connaissance des mécanismes de protection des données personnelles, ainsi que la capacité à utiliser les outils numériques de manière sûre et responsable. Cette autonomisation permet aux femmes d’exploiter pleinement le potentiel du numérique, qu’il s’agisse de formation à distance, de travail en ligne, d’entrepreneuriat ou de création de contenu.
Garantir aux femmes en Égypte un environnement numérique sûr constitue donc une étape indispensable vers l’égalité des chances et une participation pleine et entière au développement économique et social. L’autonomisation numérique des femmes n’est pas seulement une question de technologie, mais un pilier essentiel de la justice sociale et du progrès durable.





