Le rideau s’est levé, au Caire, sur un moment de reconnaissance et d’émotion rare, où la mémoire artistique a rencontré la fidélité au geste créateur. À l’occasion de la cinquième édition du Forum arabe des arts de la marionnette, des poupées et des disciplines associées, deux grandes figures fondatrices de cet art sensible ont été mises à l’honneur : l’artiste égyptien Mohamed Keshk et le créateur palestinien Abdel Salam Abdo.La cérémonie de distinction s’est tenue en présence d’Ismaïl Abdallah, secrétaire général de l’Organisation arabe du théâtre, et du Dr Oussama Mohamed Ali, coordinateur général du Forum, qui ont salué, chacun à leur manière, des parcours façonnés par la patience, la transmission et une foi profonde dans le pouvoir de la marionnette comme langage universel. À leurs côtés se trouvaient Ghannam Ghannam, responsable du pôle médiatique, ainsi que l’écrivain Mohamed Abdel Hafez Nassef, président du Centre national de la culture de l’enfant.Ce moment d’hommage, empreint de gratitude et de respect, venait consacrer des décennies de création, de formation et de rayonnement, au cours desquelles Mohamed Keshk et Abdel Salam Abdo ont contribué à faire voyager l’art des marionnettes arabes bien au-delà des frontières, portant avec eux des histoires, des imaginaires et des voix souvent fragiles, toujours nécessaires.La célébration s’est poursuivie par la représentation du spectacle Le Petit Chaperon rouge, présenté sur la scène du Théâtre national des marionnettes du Caire. Le public arabe, nombreux, a accueilli la pièce avec un enthousiasme manifeste, séduit par la fraîcheur de la mise en scène et la richesse de l’interprétation. Les voix de grandes figures du cinéma et du théâtre égyptiens — Essaad Younes, Hala Fakher, Mayan El Sayed, Sami Maghawri, Amr Ramzy, Tamer Farag, Essam El Shouikh, Ashraf Talaba et Dalia Tarek — ont donné vie aux personnages, tandis que la jeune comédienne Reem Tarek incarnait, sur scène, l’héroïne avec grâce et intensité.La soirée, organisée au Théâtre des marionnettes du Caire et animée par l’artiste Nashwa Hassan, s’est ouverte sur l’hymne national, suivi de la projection d’un film documentaire retraçant les grandes étapes du Forum à travers ses différentes éditions, jusqu’à cette cinquième rencontre, marquée par une ambition renouvelée et une ouverture affirmée.Il convient de rappeler que les activités de cette cinquième édition du Forum arabe des arts de la marionnette, des poupées et des arts connexes ont débuté ce matin au Caire et se poursuivront jusqu’au 23 janvier 2026. Organisé par l’Organisation arabe du théâtre en collaboration avec le ministère égyptien de la Culture, le Forum se tient, pour la première fois, de manière indépendante, à l’issue de la seizième édition du Festival du théâtre arabe.À travers une large participation venue de l’ensemble du monde arabe, cette rencontre affirme son rôle comme espace de dialogue, de transmission et de renouvellement artistique, rappelant que l’art des marionnettes demeure l’un des langages scéniques les plus puissants pour toucher toutes les générations, et pour dire, avec poésie et délicatesse, ce que les mots seuls ne suffisent parfois pas à exprimer.





