D’elle, on ne sait pas grand-chose. Son nom de naissance est inconnu. Celui qui lui a été donné (Néfertiti, c’est-à-dire « la belle est arrivée ») lors de son mariage avec Amenhotep IV, le futur Akhenaton, vers 1350 av. J.-C., peut faire croire à une étrangère, alors qu’elle était probablement apparentée à la famille royale.
Son omniprésence sur les gravures suggère qu’elle a participé activement au pouvoir. En réalité, elle n’a jamais dirigé de campagnes militaires et ne figure dans aucune correspondance diplomatique. C’est surtout en matière religieuse qu’elle s’est distinguée des reines précédentes, personnifiant la déesse Hathor et formant avec Aton et Akhenaton une triade, objet du culte de la population.
Si l’insaisissable Néfertiti est devenue l’un des archétypes majeurs de la beauté féminine, c’est en grande partie grâce à une œuvre controversée : son magnifique buste exposé au Neues Museum de Berlin.
À l’instar du tableau de La Joconde, au Louvre, cette sculpture en calcaire recouvert de stuc peint, de 47 cm de hauteur, attire d’innombrables visiteurs. Une imposante coiffure-couronne de forme évasée contraste avec le visage gracile, et la finesse du cou est soulignée par un large collier multicolore. Mais ce qui frappe surtout dans cette œuvre d’art, c’est l’absence de l’œil gauche : la cavité a été laissée en blanc, alors que l’œil droit, incrusté d’émail, est d’une expression saisissante. Ne pouvant imaginer une Néfertiti borgne, on pense qu’il s’agit d’une sculpture inachevée…





