Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens à l’étranger, le Dr Badr Abdel-Aati, a présidé ce mercredi l’ouverture de la réunion ministérielle des pays africains pionniers dans la mise en œuvre des objectifs du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans les préparatifs du deuxième Forum d’examen de la mise en œuvre du Pacte, prévu le mois prochain à New York.
Une mobilisation africaine de premier plan
La réunion a réuni une brochette de ministres des Affaires étrangères et de représentants de seize pays africains engagés dans la mise en œuvre du Pacte mondial sur la migration. Elle a également accueilli la directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Mme Amy Pope, ainsi que des représentants de la Ligue des États arabes et de l’Union africaine.
Dans son discours d’ouverture, le Dr Badr Abdel-Aati a souligné l’importance cruciale de cette réunion pour renforcer la coopération africaine sur le dossier migratoire. Il a rappelé que les transformations économiques, politiques et environnementales en cours confèrent à la migration une dimension nouvelle et en font désormais l’une des priorités majeures de l’agenda international. Le ministre a réaffirmé que le Pacte mondial sur la migration, adopté en 2018, demeure un cadre international intégré, capable de répondre aux intérêts de toutes les parties tout en préservant la souveraineté des États et en garantissant la protection des droits des migrants.
L’Égypte, modèle d’une gestion responsable de la migration
Sur instruction du président Abdel Fattah al-Sissi, l’Égypte a développé un cadre national complet de gestion migratoire, articulant politiques migratoires et objectifs de développement durable. Le Dr Abdel-Aati a présenté l’approche nationale de son pays, fondée sur la promotion de voies migratoires sûres et régulières, l’élargissement des opportunités de mobilité légale — notamment dans le domaine de la main-d’œuvre — et le renforcement des capacités de lutte contre les réseaux criminels transfrontaliers. L’ensemble de ces efforts vise à réduire la migration irrégulière, à protéger les migrants des réseaux de trafic et de traite des êtres humains, et à permettre aux jeunes de contribuer au développement économique aussi bien dans leur pays d’origine que dans les pays d’accueil.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière, à commencer par la pauvreté, le chômage, l’absence de perspectives économiques, les effets du changement climatique et les conflits armés. Une réponse durable, a-t-il martelé, exige un soutien résolu au développement inclusif, à l’emploi décent, ainsi qu’à l’éducation et à la formation professionnelle.
L’Égypte, terre d’accueil et voix africaine
Le Dr Abdel-Aati a également mis en lumière le rôle humanitaire remarquable que joue l’Égypte en accueillant sur son sol plus de dix millions de réfugiés et de migrants, intégrés au sein du tissu social national et bénéficiant des services publics essentiels sans discrimination, et ce malgré un soutien international encore insuffisant au regard des charges croissantes générées par les flux de réfugiés liés aux conflits régionaux.
Le ministre a en outre rappelé le rôle de premier plan joué par l’Égypte au sein du Processus de Khartoum, l’une des principales plateformes de dialogue et de coordination entre pays africains et européens sur la question migratoire. L’Égypte a présidé la conférence ministérielle de 2024 et accueilli en avril 2025 la deuxième conférence ministérielle, qui a abouti à l’adoption de la Déclaration du Caire et d’un plan d’action à long terme.
Concluant son intervention, le Dr Abdel-Aati a souligné que le continent africain dispose d’une opportunité historique de renforcer son rôle dans l’élaboration de la gouvernance mondiale des migrations, en tant que partenaire à part entière dans la définition des politiques et des solutions.
Un appel au dialogue et à la solidarité
La directrice générale de l’OIM, Mme Amy Pope, a pris la parole lors de la séance d’ouverture pour saluer chaleureusement le rôle de leader assumé par l’Égypte dans le domaine migratoire. Elle a rappelé que la voix de l’Afrique est indispensable à la construction d’une gouvernance migratoire mondiale équilibrée, et a réaffirmé la pleine disponibilité de l’OIM à soutenir les États membres pour que les priorités africaines trouvent un écho concret dans les politiques migratoires internationales.
La séance d’ouverture a été clôturée par les déclarations des chefs de délégation africains, qui ont exposé leurs visions respectives pour faire face aux défis migratoires auxquels leurs pays sont confrontés.





