En visite officielle en Hongrie, le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est entretenu avec le Premier ministre Péter Magyar au Parlement, à Budapest. Énergie, investissements et sécurité régionale ont dominé les discussions, avec en perspective le centenaire des relations diplomatiques entre les deux pays, en 2028.
L’Égypte et la Hongrie entendent donner une nouvelle impulsion à leur partenariat stratégique. Lors d’un entretien bilatéral suivi d’une séance de travail élargie aux délégations des deux pays, le président Abdel-Fattah Al-Sissi et le Premier ministre hongrois Péter Magyar ont examiné les moyens d’approfondir leur coopération économique et politique.
Selon le porte-parole de la présidence égyptienne, Mohamed Al-Chénnaoui, le chef du gouvernement hongrois a réaffirmé l’attachement de son pays à cette relation et sa volonté de développer les échanges dans les différents domaines d’intérêt commun. Le président égyptien a, pour sa part, salué la progression des liens bilatéraux, appelant à les renforcer également dans le cadre du partenariat stratégique entre l’Égypte et l’Union européenne.
À son arrivée au Parlement, Abdel-Fattah Al-Sissi avait été accueilli par Péter Magyar, qui lui a présenté la Sainte Couronne de Hongrie, symbole de l’État et du pouvoir dans le pays.
L’énergie et les investissements au premier plan
Lors de la conférence de presse conjointe organisée à l’issue des entretiens, le président égyptien a annoncé que les deux parties étaient convenues d’engager des discussions exploratoires sur les possibilités de coopération dans le secteur énergétique. Celles-ci porteront notamment sur les infrastructures égyptiennes, les réseaux de transport de gaz et les installations de réception et de réacheminement du gaz naturel liquéfié. Les perspectives concrètes de cette coopération dépendront des conclusions des études techniques et commerciales correspondantes.
Les discussions ont également porté sur le rapprochement des milieux d’affaires et les débouchés offerts aux entreprises hongroises en Égypte. Abdel-Fattah Al-Sissi a mis en avant la position géographique du pays, l’importance de son marché intérieur, ses infrastructures portuaires et de transport, ainsi que les accords commerciaux facilitant l’accès à de nombreux marchés régionaux et internationaux.
Il a particulièrement souligné les possibilités d’investissement dans la Zone économique du canal de Suez. Grâce à ses infrastructures et à sa situation géographique, celle-ci offre, a-t-il expliqué, un cadre favorable aux projets industriels, logistiques et exportateurs, tout en facilitant l’accès aux marchés africains et arabes et l’intégration aux chaînes d’approvisionnement internationales.
Le président égyptien a par ailleurs salué la volonté du Premier ministre hongrois de relancer le groupe de Visegrád et de renforcer son rôle en Europe centrale. Le Caire souhaite développer ses échanges avec les pays de ce groupe, notamment à travers le format « Visegrád Plus », afin d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération avec les pays du Sud.
Un rendez-vous diplomatique en 2028
Les deux dirigeants ont inscrit ces ambitions dans la perspective du centenaire des relations diplomatiques égypto-hongroises, qui sera célébré en 2028. Abdel-Fattah Al-Sissi a annoncé avoir invité le président hongrois et le Premier ministre à se rendre en Égypte à cette occasion, avec l’objectif d’élargir le partenariat stratégique et de préparer de nouveaux projets communs.
Évoquant la profondeur historique des liens entre les deux pays, il a rendu hommage à l’architecte hongrois Max Herz Pacha, dont les travaux ont contribué à la conservation et à la restauration de monuments islamiques et coptes, ainsi qu’à la préservation du patrimoine architectural du Caire au début du XXe siècle.
Pour le président égyptien, cet héritage illustre une relation qui dépasse les seuls échanges politiques et économiques pour embrasser la culture, le savoir et la sauvegarde du patrimoine.
Il a également renouvelé ses félicitations à Péter Magyar pour sa prise de fonctions à la tête du gouvernement et adressé ses vœux au peuple hongrois à l’occasion de l’anniversaire de la révolution du 23 octobre 1956.
Des enjeux de sécurité communs
Sur le plan européen, les entretiens ont permis d’aborder plusieurs dossiers jugés prioritaires par les deux pays : la lutte contre l’immigration irrégulière et le terrorisme, la sécurité des frontières et la protection des voies du commerce international. Abdel-Fattah Al-Sissi a souligné l’interdépendance entre la stabilité de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique.
La question palestinienne a occupé une place importante dans les échanges. Le président égyptien a réaffirmé qu’une paix durable au Moyen-Orient exigeait un règlement juste et global fondé sur la solution à deux États, avec la création d’un État palestinien indépendant sur les lignes du 4 juin 1967, ayant Jérusalem-Est pour capitale et vivant aux côtés d’Israël dans la paix et la sécurité.
Il a renouvelé le rejet catégorique par l’Égypte de toute tentative de modifier la réalité démographique ou géographique de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, de porter atteinte aux droits des Palestiniens ou de les déplacer hors de leurs terres. De telles initiatives auraient, a-t-il averti, de graves conséquences, y compris pour l’Europe.
Le chef de l’État a appelé à conjuguer les efforts internationaux pour soulager les souffrances de la population de Gaza, garantir l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et permettre la reprise d’un processus politique crédible conduisant à une paix juste et durable.
Les discussions ont également porté sur le Soudan, la Corne de l’Afrique et la Somalie. À ce sujet, Abdel-Fattah Al-Sissi a insisté sur le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et du droit international comme fondements indispensables de la stabilité.
Concernant la crise ukrainienne, il a réaffirmé la position égyptienne en faveur de la désescalade et des solutions politiques, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Le Caire entend, a-t-il assuré, poursuivre ses efforts pour soutenir la recherche d’un règlement politique.





