Un entretien téléphonique s’est tenu, jeudi 26 mars, entre le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Expatriés égyptiens, Dr Badr Abdel Aati, et le secrétaire d’État américain, M. Marco Rubio. Les discussions ont porté sur les moyens de soutenir et de renforcer le partenariat stratégique entre l’Égypte et les États-Unis, ainsi que sur les derniers développements régionaux dans un contexte d’escalade militaire et d’élargissement du conflit dans la région, en plus de plusieurs dossiers clés, notamment la question palestinienne, le Soudan, le Liban et la sécurité hydrique de l’Égypte.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, l’ambassadeur Tamim Khallaf, a indiqué que les deux ministres ont passé en revue l’ensemble des relations bilatérales, saluant la profondeur d’un partenariat stratégique qui s’étend sur plus de quatre décennies et qui sert des intérêts communs dans divers domaines, contribuant ainsi à la sécurité et à la stabilité régionales. Ils ont également exprimé leur volonté de poursuivre le développement de ces relations dans l’intérêt mutuel.
Les échanges ont également porté sur les évolutions régionales dans un contexte d’escalade militaire. Le chef de la diplomatie américaine a exprimé l’appréciation de l’administration américaine pour le leadership égyptien et le rôle constructif de l’Égypte dans la médiation, la désescalade et la gestion des crises régionales. Les deux parties ont par ailleurs abordé les répercussions de cette escalade sur l’économie mondiale et ses effets sur l’économie égyptienne. À cet égard, le ministre Abdel Aati a souligné l’importance d’un soutien économique accru et de la disponibilité de liquidités afin de contenir les impacts négatifs, notamment face à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi qu’à la baisse des revenus du tourisme et du canal de Suez. Il a réaffirmé la position de l’Égypte en faveur des solutions diplomatiques et du processus politique par la négociation, évoquant les efforts conjoints menés avec la Turquie et le Pakistan pour favoriser l’apaisement et mettre fin au conflit.
Concernant le dossier palestinien, le ministre égyptien a présenté les efforts intensifs déployés par l’Égypte pour assurer la mise en œuvre de la deuxième phase du plan du président américain, notamment le déploiement d’une force internationale de stabilisation et l’entrée d’un comité de gestion à Gaza en prélude au retour complet de l’Autorité palestinienne. Il a insisté sur la nécessité de protéger les civils palestiniens et de créer les conditions propices à la reprise d’un processus politique menant à un règlement juste et global. Il a également condamné les attaques de colons israéliens contre les civils palestiniens en Cisjordanie, les qualifiant de violations flagrantes du droit international compromettant les perspectives de paix.
S’agissant du Soudan, le ministre américain a salué le rôle constructif de l’Égypte dans les efforts visant à parvenir à une trêve humanitaire temporaire ouvrant la voie à un cessez-le-feu durable. De son côté, le ministre Abdel Aati a souligné l’importance de lancer un processus politique à leadership soudanais, sans ingérence extérieure, afin d’établir une feuille de route globale pour un nouvel État soudanais, tout en préservant la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du pays, et en soutenant ses institutions nationales.
Au sujet du Liban, le ministre égyptien a informé son homologue américain des résultats de sa visite effectuée le 26 mars, insistant sur la nécessité d’un arrêt immédiat de l’escalade et des attaques israéliennes, et rejetant toute atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale libanaises. Il a également souligné l’importance de l’application intégrale et non sélective de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, ainsi que du renforcement des institutions de l’État libanais et de son autorité sur l’ensemble du territoire.
Concernant la sécurité hydrique, le ministre Abdel Aati a réaffirmé la haute appréciation de l’Égypte pour le message du président Donald Trump au président de la République, ainsi que pour ses efforts dans ce dossier. Il a souligné que le Nil constitue une question existentielle pour l’Égypte, confrontée à une grave pénurie d’eau, et a insisté sur l’engagement du pays en faveur d’une coopération constructive avec les États du bassin du Nil conformément au droit international, dénonçant en revanche l’intransigeance persistante de l’Éthiopie et rejetant toute mesure unilatérale concernant ce fleuve transfrontalier.
À l’issue de l’entretien, les deux ministres sont convenus de poursuivre la coordination et les consultations afin de renforcer le partenariat stratégique bilatéral et de soutenir la sécurité et la stabilité dans la région.





