De mars 2025 à aujourd’hui, le Centre national du théâtre, de la musique et des arts populaires a traversé une saison rare, dense, presque fervente. Une période d’intense labeur et d’accomplissements structurants qui a réaffirmé sa place comme l’un des gardiens majeurs de la mémoire artistique égyptienne, tout en le projetant au cœur de la création vivante et de l’élaboration de politiques culturelles durables. Cette dynamique s’inscrit dans une vision d’ensemble, en résonance avec l’orientation de l’État égyptien en faveur de la construction d’une conscience culturelle partagée et du renforcement de l’identité nationale.
À la tête de cette relance, le metteur en scène Adel Hassan, directeur du Centre, souligne que ces avancées ont été rendues possibles grâce au soutien attentif du ministre de la Culture, le professeur Ahmed Fouad Hanno, dont l’engagement a permis d’activer pleinement le rôle du Centre et d’en amplifier l’impact culturel et cognitif. Sous la supervision du metteur en scène Hicham Attwa, président du Secteur du théâtre, une atmosphère de coopération entre les différentes instances du ministère a favorisé une cohérence d’action et une clarté stratégique rarement atteintes.
Adel Hassan n’omet pas de saluer l’appui déterminant du grand metteur en scène Khaled Galal, membre du Sénat, dont le soutien au moment de la prise de fonction de la nouvelle direction, en mars 2025, a constitué un socle de stabilité institutionnelle et un élan de confiance décisif. Une dynamique que Hicham Attwa a ensuite prolongée et approfondie.
Sur le terrain des célébrations culturelles, le Centre a retrouvé une présence active et signifiante. Journées nationales et internationales ont été investies comme autant de scènes symboliques : la Journée mondiale de l’art, célébrée à travers des concerts de musique de chambre, des performances muséales vivantes et la projection de films documentaires retraçant l’histoire et les collections du Centre ; la Journée mondiale de la danse populaire, accueillie sur la scène du Théâtre Al-Ghad, où l’Égypte a fait entendre sa voix, honoré ses figures tutélaires et rappelé, par l’image et le mouvement, que la danse est l’un des alphabets profonds de l’identité culturelle.
Le 5 septembre, Journée égyptienne du théâtre, a donné lieu à un moment singulier : une réécriture créative d’un texte attribué au pionnier Tawfiq Al-Hakim, réalisée à l’aide des technologies d’intelligence artificielle, dialogue audacieux entre héritage et modernité. La cérémonie a également rendu hommage à des figures majeures du théâtre, toutes générations confondues, et consacré les lauréats du concours Tawfiq Al-Hakim de dramaturgie. Quelques jours plus tard, le 15 septembre, la Journée égyptienne de la musique a connu un rayonnement sans précédent : cent événements musicaux et vocaux déployés dans les gouvernorats, en coordination avec l’Autorité générale des palais de la culture, un concert central à l’Opéra du Caire, et l’hommage appuyé aux grandes figures de la musique nationale — affirmation éclatante de la place de la musique dans la sensibilité collective.
Sur le plan institutionnel, le Centre a obtenu des autorisations ministérielles majeures, officialisant la célébration annuelle de la Journée égyptienne de la musique, à la date anniversaire de l’immortel Sayed Darwish, et de la Journée égyptienne des arts populaires, en hommage à Mahmoud Reda, tout en consolidant la Journée égyptienne du théâtre. Une trilogie symbolique qui fonde des politiques culturelles stables, inscrites dans la durée.
La réflexion intellectuelle n’a pas été en reste. Le Centre a organisé des conférences de premier plan, dont « Création et identité… la voix des peuples », à l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle, rassemblant chercheurs et artistes autour de débats, de performances vivantes et d’expositions, diffusés en direct. Autre moment fort : la conférence « Vers une politique nationale de développement du théâtre scolaire », qui a débouché sur des recommandations concrètes, déjà en cours d’application, notamment le lancement du Festival national égyptien du théâtre scolaire.
Dans une logique de soutien à la création et de découverte des talents, le Centre a relancé le concours Tawfiq Al-Hakim de dramaturgie et créé de nouvelles compétitions dédiées aux études musicales, aux arts populaires, au théâtre poétique, au théâtre pour enfants et marionnettes, ainsi qu’à l’accompagnement des jeunes auteurs. Une attention particulière a été portée à l’articulation entre écriture et production, afin que les textes primés quittent la page pour rejoindre la scène.
La programmation artistique a, elle aussi, convoqué la mémoire et l’émotion : spectacles narratifs et musicaux mêlant chant, jeu théâtral et art du conte, hommages aux grandes figures de la créativité égyptienne, concerts et récitals de musique de chambre dans l’écrin du Musée national du théâtre, de la musique et des arts populaires.
L’action du Centre s’est élargie à la sphère sociale et citoyenne à travers la participation aux salons du livre et l’organisation de la première édition du Salon du livre de Zamalek, en partenariat avec l’Organisme général égyptien du livre. Ces manifestations, enrichies de programmes culturels, artistiques et d’ateliers destinés aux enfants et aux personnes en situation de handicap, traduisent une conviction profonde : la culture est un outil d’inclusion et de construction humaine.
Fidèle à sa vocation savante, le Centre a relancé ses projets d’édition papier et numérique, publié plusieurs ouvrages spécialisés et se prépare à lancer la revue périodique « Alwân ». Il a également produit des films documentaires consacrés aux grandes figures du théâtre, de la musique et de la pensée, et fondé une unité de production créative et documentaire au service de l’ensemble des institutions culturelles.
Parmi les initiatives d’envergure, deux se détachent : « 2026, année des artistes égyptiens contemporains », et le programme national de revitalisation de l’activité culturelle et artistique dans les universités égyptiennes, menés en partenariat avec divers ministères et organismes publics, afin d’ancrer la culture dans la réalité sociale et de la mettre en dialogue avec les enjeux contemporains.
Enfin, dans son rôle de gardien de la mémoire, le Centre a assuré la documentation audiovisuelle de dizaines de festivals et d’événements artistiques à travers le pays, constituant une matière précieuse pour la recherche, la planification culturelle et la continuité de la mémoire créative nationale.
L’ensemble de ces réalisations atteste que le Centre national du théâtre, de la musique et des arts populaires a franchi un seuil décisif : celui d’un travail institutionnel intégré, où documentation, production, soutien et prospective se répondent. 2026 s’annonce ainsi non comme une simple année de plus, mais comme un point de bascule — le passage des acquis cumulés à des politiques culturelles de long terme, capables de réaffirmer la place de l’Égypte et de redonner au geste artistique sa puissance fondatrice dans la construction de l’identité et de la conscience collective.





