Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel-Aati, a tenu mercredi, aux côtés du ministre d’État à l’Information Diaa Rashwan, une séance d’information élargie destinée aux représentants des médias régionaux et internationaux accrédités en Égypte. La rencontre s’est déroulée au siège du ministère des Affaires étrangères, en coordination avec le Centre de presse des correspondants étrangers relevant de l’Autorité générale de l’information.
Cette réunion s’inscrit dans la volonté des autorités égyptiennes de clarifier la position du Caire face aux évolutions rapides de la situation régionale et à l’escalade militaire en cours.
L’Égypte appelle à la désescalade et réaffirme son soutien aux pays du Golfe
Au cours de cette séance, le ministre Badr Abdel-Aati a présenté les efforts diplomatiques intensifs menés par l’Égypte pour contenir les tensions régionales, conformément aux orientations du président Abdel-Fattah Al-Sissi. Il a souligné l’engagement constant du Caire en faveur d’une solution diplomatique et du dialogue.
Le chef de la diplomatie égyptienne a réaffirmé la solidarité « totale » de l’Égypte avec les pays du Golfe, ainsi qu’avec la Jordanie et l’Irak, face aux attaques qu’il a qualifiées d’« injustifiées ». Il a insisté sur le fait que la sécurité du Golfe constitue une composante indissociable de la sécurité nationale égyptienne, rejetant toute atteinte à la souveraineté des États arabes.
Il a également évoqué les contacts engagés par l’Égypte entre les États-Unis et l’Iran, en coordination avec des partenaires régionaux et internationaux, afin d’encourager une reprise des négociations et d’éviter une escalade susceptible d’entraîner une instabilité régionale et des répercussions économiques mondiales.
La question palestinienne demeure prioritaire
Le ministre a affirmé que les crises régionales, notamment la question palestinienne, ne devaient pas être reléguées au second plan. Il a condamné les politiques d’annexion et de colonisation israéliennes en Cisjordanie et évoqué les démarches entreprises pour mettre en œuvre la deuxième phase du plan proposé par le président américain, incluant le retrait des forces israéliennes de Gaza selon un calendrier défini.
Badr Abdel-Aati a également indiqué que l’Égypte avait entrepris la formation d’éléments de la police palestinienne afin de permettre à une commission nationale d’assurer la gestion de la bande de Gaza, en préparation du retour de l’Autorité palestinienne à l’exercice de ses compétences à Gaza et en Cisjordanie.
Liban, Soudan et aide humanitaire
Concernant le Liban, le ministre a condamné les incursions israéliennes dans le sud du pays et appelé à l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Il a réaffirmé le soutien de l’Égypte au monopole de l’État sur les armes et à l’extension de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire. Il a par ailleurs annoncé l’envoi de plus de 1 000 tonnes d’aide pour faire face à la crise des déplacés.
S’agissant du Soudan, le chef de la diplomatie égyptienne a détaillé les efforts menés dans le cadre du mécanisme quadripartite, en coordination avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis, pour parvenir à une trêve humanitaire urgente ouvrant la voie à un cessez-le-feu global. Il a insisté sur les « lignes rouges » de l’Égypte, notamment le refus de toute atteinte à l’unité territoriale du Soudan et le rejet de toute mise sur un pied d’égalité entre les institutions de l’État et les milices.
Le rôle des médias mis en avant
De son côté, Diaa Rashwan a souligné l’importance du rôle des médias dans la transmission objective des faits. Il a insisté sur la convergence des positions entre l’Égypte et les pays du Golfe, appelant à ne pas céder aux campagnes de désinformation circulant sur les réseaux sociaux. Il a également réaffirmé l’engagement de l’État en faveur de la transparence afin de garantir une couverture médiatique précise.
La séance s’est conclue par un échange approfondi avec les journalistes présents, portant notamment sur l’escalade militaire régionale, les crises au Liban et au Soudan, la sécurité hydrique de l’Égypte et les relations du pays avec ses partenaires internationaux.





