Dans l’islam, le cœur (qalb) occupe une place centrale dans la compréhension de l’être humain. Il ne désigne pas uniquement l’organe biologique, mais le noyau intérieur où se forment l’intention, la conscience et la relation à Dieu. Le Coran fait du cœur le siège de la foi, de la lucidité et de la responsabilité morale, révélant ainsi que la véritable connaissance ne se limite pas à l’intellect, mais s’enracine dans la profondeur de l’âme.
Le Coran établit un lien direct entre le cœur et la capacité de comprendre la vérité. L’égarement n’est pas présenté comme une simple erreur intellectuelle, mais comme une altération du cœur, lorsque celui-ci se ferme à la lumière divine.
« Ont-ils donc des cœurs avec lesquels ils comprennent ? Ce ne sont pas les yeux qui deviennent aveugles, mais les cœurs qui sont dans les poitrines. »
(Sourate Al-Hajj, 22:46)
Ce verset souligne que la clairvoyance authentique est intérieure. Le cœur est l’organe de la compréhension profonde, celle qui dépasse l’apparence des choses pour atteindre leur sens.
Dans le Coran, la foi n’est pas une simple adhésion extérieure, mais une réalité qui s’installe dans le cœur. C’est là que se joue la sincérité de l’engagement spirituel.
« Allah a inscrit la foi dans leurs cœurs et les a soutenus par un esprit venant de Lui. »
(Sourate Al-Mujâdila, 58:22)
Le cœur devient ainsi le réceptacle de la foi et de la proximité divine. Lorsqu’il est vivant, il s’ouvre à la guidance ; lorsqu’il se durcit, il s’éloigne de la vérité.
Le Coran évoque fréquemment les maladies du cœur, telles que l’orgueil, l’hypocrisie ou l’insensibilité spirituelle. Ces maux ne sont pas secondaires : ils conditionnent le comportement humain et la qualité de la relation à Dieu.
« Il y a dans leurs cœurs une maladie, et Allah a aggravé leur maladie. »
(Sourate Al-Baqara, 2:10)
À l’inverse, le cœur apaisé représente l’idéal spirituel vers lequel tend le croyant. La paix intérieure naît de la conscience de Dieu et de la confiance placée en Lui.
« Ceux qui ont cru et dont les cœurs s’apaisent par l’évocation d’Allah. C’est par l’évocation d’Allah que les cœurs s’apaisent. »
(Sourate Ar-Ra‘d, 13:28)
Le cœur est également le lieu de l’intention (niyya), qui donne sa valeur aux actes. Ce ne sont pas les apparences qui fondent la dignité des actions, mais ce qui réside dans le cœur et oriente les choix.
Enfin, le Coran rappelle que le salut ultime dépend de l’état du cœur au moment de la rencontre avec Dieu. Ni les biens ni le statut social ne peuvent remplacer la pureté intérieure.
« Le jour où ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui vient à Allah avec un cœur sain. »
(Sourate Ash-Shu‘arâ’, 26:88-89)
Dans la perspective islamique, le cœur est ainsi le centre de l’être, le lieu où se rencontrent la foi, la conscience et l’éthique. Le purifier, l’éveiller et le préserver devient alors une démarche essentielle, car c’est par lui que l’homme se rapproche de Dieu et donne sens à son existence.





