L’Egypte a toujours dit à cœur, alors qu’elle assumait la présidence de l’Union Africaine et même après, que les problèmes africains auront des solutions africaines. Dimension stratégique pour l’Egypte, l’Afrique est une part des responsabilités que l’Etat assume, par l’entremise des plans de grande envergure pour la reconstruction et le développement dans le continent africain. L’Egypte en est un acteur principal.
Les pays africains sont pleinement conscients de l’importance de nouer des partenariats efficaces entre eux, notamment avec des pays puissants comme l’Egypte, dans le but de relever les défis auxquels ils sont confrontés. Et pour mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des objectifs de l’Agenda de l’Union Africaine pour le développement 2063, l’Egypte ne ménage pas les efforts.
La coopération bilatérale avec les pays du Bassin du Nil, constitue donc un des axes principaux de la politique extérieure égyptienne et fait partie intégrante de cette stratégie adoptée par l’Egypte vis-à-vis des pays du Nil. Cadres humains, potentialités et compétences techniques et institutionnelles, sont ce qui manque peut-être à certains pays africains. Ce sont du même coup, les atouts que l’Egypte possède et tend à offrir à ses frères africains.
Le ministère égyptien de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques, avec son potentiel, a apporté son soutien au continent en y introduisant des projets diversifiés, qui répondent aux besoins de ces pays.

Objectifs stratégiques
– Assumer les responsabilités de l’Egypte à l’égard des pays africains et en particulier ceux du Bassin du Nil.
– Bénéficier des horizons de la coopération bilatérale sur les plans technique et de développement.
– Renforcer les relations historiques Egypte-Afrique.
– Poursuivre la coopération technique parallèlement aux efforts politiques pour rehausser les revenus du fleuve.
– Intensifier la présence égyptienne sur le continent africain, par le biais des projets et des investissements diversifiés.
– Sensibiliser quant à l’importance du rôle égyptien en Afrique et créer d’importants blocs économiques régionaux.

Ouganda
Coopération diversifiée, maints projets
La coopération bilatérale avec l’Ouganda a commencé en 1949, parallèlement à l’idée des modes de stockage continu dans les lacs équatoriaux. Un accord a été conclu pour la construction du réservoir d’Owen sur le Lac Victoria. L’objectif étant de stocker l’eau pour son utilisation aux temps de bas débit, ainsi que pour la production de l’hydroélectricité. L’Egypte dépêcha, alors, 3 ingénieurs compétents pour co-superviser avec les Ougandais, la construction dudit barrage et ce fut le début d’une plus large coopération entre les deux pays, dans les domaines de l’agriculture, des richesses animalières et piscicoles, outre la coopération hydrique et écologique.
Sauver la pêche et la navigation
Un projet égyptien a été initié pour la lutte contre les mauvaises herbes aquatiques dans la région des Grands Lacs. C’est l’un des projets les plus réussis incarnant la coopération bilatérale avec les pays du Bassin du Nil. Les 4 phases du projet ont été exécutées par les compagnies égyptiennes. Ce projet a eu un impact direct sur les habitants des villages ougandais, ainsi que sur le développement économique, après avoir épuré les sorties des lacs de toutes les mauvaises herbes, ce qui a permis d’améliorer la navigation et de développer la richesse piscicole. Ce projet a, également, permis de rehausser le niveau du transport et du transfert des marchandises, ainsi que de la pêche. La pêche étant le métier principal des Ougandais.
La construction des barrages de collecte des eaux de pluies a également permis d’assurer de l’eau potable aux zones lointaines.

Lutte contre les herbes aquatiques nocives
Un autre projet a également été initié pour la gestion des herbes aquatiques sur les lacs Kyoga et Albert. Un nouveau type d’herbes (Salvinia Molesta) a envahi les systèmes hydrauliques en Ouganda, comme révèlent les rapports alarmants contre ces genres d’herbes qui paralysèrent la vie quotidienne des habitants locaux en leur bloquant l’accès à l’eau potable. Les barques de pêche avaient beaucoup de mal à sortir et à rentrer, ce qui poussa la partie ougandaise à solliciter l’aide égyptienne pour lutter contre ces herbes nocives.
Un protocole de coopération technique a été également signé entre les ministères de l’Irrigation égyptien et ougandais pour la mise en place de projets de développement, dont l’achat d’équipements mécaniques pour le creusement de barrages, et en vertu desquels, 75 puits d’eaux souterraines ont été forés, pour assurer de l’eau potable aux habitants des zones arides souffrant de la raréfaction de l’eau. Deux autres puits ont été mécanisés en utilisant les pompes qui fonctionnent par l’énergie solaire.
Cinq barrages pour la collecte des eaux de pluie ont été également construits dans 5 différentes provinces en Ouganda, afin de majorer les bénéfices tirés de ces eaux pour les fins de ménage, ainsi que pour servir de l’eau potable et de renforcer la richesse animalière. Chaque réservoir de collecte d’eau est d’une capacité de 10 000 m3, en plus de 2 unités de pompage et d’une cellule principale. Des tuyaux de différents diamètres ont été, de même, installés ainsi que des unités pour la distribution de l’eau et des bassins d’eau pour le bétail.
Sauver la faune et la flore à Kasese
Le district de Kasese à l’Ouest de l’Ouganda avait été exposé, au cours des deux dernières décennies, à des flots et des inondations dévastatrices, détruisant la faune et la flore, en raison de l’érosion causée par de graves glissements de terrain dans les zones montagneuses et le mouvement des roches instables en direction des zones d’habitations, des fermes et des lieux d’élevage du bétail et de la volaille.
Cela a causé de lourdes pertes humaines et matérielles et la catastrophe a frappé encore plus fort, à cause de sa répétition dans les années 80 et 90 du siècle dernier, mais aussi dans les années 2013 et 2014 du siècle en cours, occasionnant des pertes matérielles estimées à des milliards de shillings ougandais, en plus des pertes humaines.
L’Egypte a rapidement répondu et a procédé à la mise place d’un projet pour limiter les dégâts et les risques des inondations dans le district de Kasese. Ce projet égyptien a permis de sauver des milliers de personnes habitant ces régions, ainsi que leurs propriétés, tout en permettant, du même coup, d’exploiter les eaux des inondations.

Formation des cadres ougandais
Mais la coopération Egypte-Ouganda ne s’est pas limitée aux multiples projets initiés. Des stages de formation ont été également organisés pour la formation des cadres ougandais exerçant dans le domaine hydraulique, dans le but de leur inculquer les modes de construction, de fonctionnement et de maintenance des barrages et réservoirs, ainsi que la gestion des eaux souterraines et des ressources hydrauliques de manière façon générale.





