À la clôture du Forum Égypte 2026, le président Abdel Fattah Al-Sissi a annoncé la pérennisation de cette rencontre, qui se tiendra désormais chaque année. Il a placé l’allègement des charges pesant sur les citoyens et l’amélioration des services publics au premier rang des priorités, tout en revenant sur le bilan de douze années de réformes et de grands projets.
Le Forum Égypte 2026 aura désormais un prolongement annuel et un suivi régulier. Lors de son discours de clôture, le président Abdel Fattah Al-Sissi a décidé de faire de cette édition la première d’un rendez-vous appelé à réunir, chaque année, le gouvernement et les différentes composantes de la société. Un secteur sera également mis à l’honneur chaque mois, afin de présenter les réalisations, d’en examiner les effets et de suivre les objectifs fixés.
Les décisions issues du forum seront publiées sur son site officiel, tandis que leur mise en œuvre fera l’objet d’un suivi par la présidence de la République. Pour le chef de l’État, la portée du dialogue doit se mesurer aux décisions qu’il permet de prendre et à leurs retombées dans la vie quotidienne.
Il a ainsi souligné que la responsabilité des pouvoirs publics ne se limitait pas à entendre les critiques et les opinions divergentes. Elle implique, a-t-il affirmé, d’étudier sérieusement chaque proposition et chaque recommandation, puis de traduire celles dont la pertinence est établie en politiques publiques, en programmes et en mesures opérationnelles.
Dans cette perspective, il a appelé l’ensemble des institutions de l’État à poursuivre leur coordination pour garantir l’application effective des recommandations du forum. Il a notamment insisté sur la nécessité d’alléger les charges de la vie quotidienne et d’améliorer les services proposés aux citoyens, afin de consolider la stabilité économique et sociale.
Douze années de réformes au cœur du discours présidentiel
Revenant sur la trajectoire du pays depuis 2011, Abdel Fattah Al-Sissi a présenté cette période comme un tournant de l’histoire contemporaine de l’Égypte. Selon lui, l’État s’était alors approché du risque d’effondrement, avant d’engager, à partir de 2014, un vaste chantier de stabilisation et de reconstruction.
Le président a évoqué les défis auxquels les autorités avaient dû répondre simultanément : combattre le terrorisme, préserver les institutions, réhabiliter des infrastructures dégradées, améliorer les services publics et réformer l’appareil administratif. À ses yeux, la restauration de la confiance dans les institutions constituait un préalable indispensable à la reprise de la vie économique et sociale.
« Nous avons choisi la voie la plus difficile », a-t-il déclaré, défendant la décision de s’attaquer aux causes profondes des difficultés plutôt que de prolonger, d’année en année, la gestion des crises. Il a expliqué que l’accélération des réformes et des travaux répondait à la volonté de ne pas transmettre aux générations suivantes les problèmes hérités du passé.
Le chef de l’État a toutefois reconnu le poids de cette transformation pour la population. Il a rendu hommage à la patience et à la résistance des Égyptiens, qu’il a présentés comme les principaux soutiens de l’État dans les moments les plus éprouvants et comme des acteurs essentiels de l’effort de développement.
Il a également affirmé que les réalisations accomplies relevaient d’un effort collectif et ne pouvaient être attribuées au seul gouvernement. Selon lui, la consolidation de l’État national et des fondements de la « Nouvelle République » constitue un acquis de l’ensemble du peuple égyptien.
Reconnaître les difficultés et tirer les enseignements de l’expérience
Dans son intervention, Abdel Fattah Al-Sissi a reconnu qu’aucune expérience humaine ni aucun parcours de développement n’était exempt d’erreurs, de difficultés ou d’enseignements. Il a insisté sur la nécessité d’en tirer parti pour l’avenir, en réaffirmant la sincérité des intentions qui, selon lui, ont guidé l’action publique.
Il a par ailleurs défendu l’unité entre l’État, le gouvernement et la population. Les institutions, a-t-il souligné, font partie intégrante de la société et ont pour mission de servir ses intérêts et d’améliorer ses conditions de vie, dans la limite des moyens disponibles et des contraintes existantes. Il a mis en garde contre les discours présentant ces institutions comme étrangères aux citoyens ou opposées à leurs aspirations, estimant qu’ils fragilisaient la cohésion nationale.
Au-delà des infrastructures, des routes et des villes nouvelles, le président a décrit les projets engagés comme les instruments d’une ambition plus large : restaurer les capacités du pays et ouvrir de nouvelles perspectives aux Égyptiens. La finalité du développement, a-t-il expliqué, est de faire des routes des voies d’accès aux opportunités, des usines des sources de revenus et des écoles les premiers lieux où prennent forme les aspirations des jeunes générations.
Une cérémonie entre bilan national et aspirations de la jeunesse
Selon le porte-parole de la présidence, l’ambassadeur Mohamed Al-Chennaoui, la cérémonie de clôture s’est ouverte par une récitation de versets du Coran, suivie de la projection d’un documentaire retraçant les principaux échanges et les idées débattues pendant le forum.
Le président a ensuite salué Mahmoud Mohamed, un jeune homme en situation de handicap auditif qui avait exprimé le souhait de le rencontrer dans un film diffusé lors de la séance inaugurale. Il a également rencontré Talia, une enfant ayant participé à la chorale d’ouverture.
Le Premier ministre a présenté une rétrospective des principaux événements survenus entre 2011 et 2014, avant de dévoiler une carte interactive des projets réalisés entre 2014 et 2026. Au terme de son intervention, il a remis au président un ouvrage documentant douze années de réalisations de l’État.
La deuxième partie de la cérémonie a été marquée par une présentation intitulée « Le Parcours », consacrée aux efforts de construction de l’État et aux projets de développement dans différents secteurs. Un créateur de contenu spécialisé en économie a ensuite abordé les défis énergétiques liés aux récentes crises régionales et leurs conséquences économiques. Trois jeunes influenceurs ont également présenté, chacun dans son domaine, les réalisations des dernières années.
La parole a aussi été donnée à des enfants de la génération Alpha, âgés de moins de treize ans. Dans un film intitulé « Le Rêve d’une génération », ils ont partagé leurs ambitions et décrit l’Égypte qu’ils souhaitent voir émerger dans les années à venir.
Après l’annonce des conclusions du forum par le Premier ministre, le président a invité l’ancien ministre de l’Électricité et des Énergies renouvelables, Mohamed Chaker, à revenir sur les actions menées dans le secteur énergétique. Celui-ci a évoqué les projets réalisés dans des délais particulièrement courts pour surmonter la crise de l’électricité, en mettant en avant l’intervention personnelle du chef de l’État, notamment dans les négociations tarifaires avec les entreprises internationales.
La cérémonie a enfin mis à l’honneur plusieurs talents égyptiens distingués à l’échelle internationale dans différents domaines. Le président a posé à leurs côtés pour une photographie souvenir, avant de prononcer son allocution de clôture et de réaffirmer la priorité donnée à des résultats perceptibles dans la vie des citoyens.





