L’Égypte défend ses finances publiques face aux critiques internationales
Le Caire – Dans un communiqué cinglant, l’Observatoire médiatique du ministère des Finances égyptien a vertement critiqué un reportage diffusé par une chaîne arabe spécialisée, qu’il qualifie de « non professionnel et trompeur », et menace d’engager des poursuites judiciaires contre toute présentation inexacte des données économiques du pays.
La dette publique en recul
Le ministère affirme que le ratio de la dette des organismes budgétaires par rapport au PIB poursuit sa trajectoire descendante au cours du premier semestre de l’exercice en cours, comparé à la même période de l’année précédente. Cette amélioration s’accompagne d’une forte baisse des indicateurs de risque sur les marchés internationaux et auprès des investisseurs, confirmant ainsi une amélioration de l’évaluation de l’économie égyptienne.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le coût de l’assurance contre le risque de défaut de paiement sur cinq ans a chuté à moins de 270 points le 6 janvier 2026, atteignant son niveau le plus bas depuis 2020. De même, le rendement des obligations internationales a diminué de manière significative, entre 300 et 400 points de base par rapport à la même période de l’année précédente.
Une méthodologie contestée
L’Observatoire dénonce vigoureusement la méthodologie du reportage incriminé, accusé de présenter « une image tronquée » de la réalité. Le document audiovisuel aurait évoqué le volume des nouvelles émissions de dette intérieure durant le premier semestre de l’exercice sans mentionner le montant des amortissements et des remboursements effectués durant la même période, ni faire référence aux autres catégories de dette, notamment la dette extérieure.
« Comment peut-on aborder le volume des nouvelles émissions de dette intérieure sans évoquer les amortissements et remboursements ? », s’interroge le communiqué. « Le solde de la dette évolue en fonction de l’emprunt net, intérieur et extérieur, et toute analyse qui ne mentionne pas conjointement les émissions et les amortissements est incorrecte, imprécise et induit les observateurs en erreur. »
Le ministère se réserve explicitement le droit d’engager les procédures judiciaires nécessaires contre toute présentation susceptible de créer la confusion sans fondement économique solide.
Des performances budgétaires robustes
Loin des critiques, les autorités financières mettent en avant des résultats encourageants. Le premier semestre de l’exercice en cours a enregistré une forte augmentation des recettes, dépassant 30 %, un taux supérieur à la croissance des dépenses durant la même période.
Les recettes fiscales ont bondi de plus de 32 % par rapport à la même période de l’exercice précédent, permettant d’enregistrer un excédent primaire approchant 383 milliards de livres égyptiennes, soit plus de 1,8 % du PIB, contre 1,3 % durant la même période de l’année précédente.
Le déficit budgétaire rapporté au PIB s’est stabilisé à 4,1 %, sachant que le second semestre de l’exercice fiscal affiche traditionnellement de meilleures performances que le premier. Cette dynamique s’explique notamment par le fait que la saison des déclarations fiscales et le versement des excédents de bénéfices des entreprises et organismes publics au Trésor s’étend de mars à juin de chaque année.
Un optimisme mesuré
L’Observatoire souligne que la persistance de résultats financiers positifs confirme la capacité du budget à atteindre les objectifs fixés pour l’exercice en cours, grâce à une performance économique qualifiée de « solide, diversifiée et de qualité ».
Les autorités mettent en avant un taux de croissance robuste des investissements privés, ainsi qu’une excellente performance des exportations de biens et de services, signes tangibles d’une économie en amélioration constante.
Cette sortie musclée du ministère des Finances témoigne de la volonté des autorités égyptiennes de contrôler le narratif économique concernant le pays, dans un contexte régional et international où la perception des marchés demeure cruciale pour l’attractivité des investissements et la confiance des créanciers internationaux.
Chiffres clés :
- Excédent primaire : 383 milliards de livres égyptiennes (1,8 % du PIB)
- Croissance des recettes fiscales : +32 %
- Déficit budgétaire : 4,1 % du PIB
- Assurance contre le défaut : moins de 270 points (plus bas niveau depuis 2020)





