Le ministre de l’Industrie, l’ingénieur Khaled Hachem, a participé à la célébration du 30e anniversaire du partenariat entre l’Égypte et le Royaume-Uni, organisée par l’Association égypto-britannique des affaires. À cette occasion, il a présenté les principaux axes de la stratégie industrielle égyptienne à l’horizon 2030 et examiné les perspectives de coopération entre le ministère et l’association, en présence de son président, l’ingénieur Khaled Nosseir, de plusieurs responsables, parlementaires, diplomates et représentants du secteur des affaires.
Le ministre a expliqué que cette stratégie vise à renforcer l’intégration de l’industrie égyptienne dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, à développer la production locale et à accroître la valeur ajoutée afin d’en faire un moteur de croissance économique durable. Elle repose sur cinq groupes industriels prioritaires : les industries intégrées aux chaînes d’approvisionnement mondiales, telles que l’automobile et le prêt-à-porter ; les industries stratégiques, notamment la sidérurgie, l’aluminium, la chimie et les engrais ; les industries complémentaires et les fournisseurs de composants ; les industries de soutien, comme les équipements solaires et les technologies d’économie d’eau ; enfin, les activités liées à l’économie circulaire et au recyclage.
Khaled Hachem a souligné que le ministère œuvre à mettre en place un dispositif intégré d’accompagnement des investisseurs industriels, comprenant la mise à disposition de terrains, la simplification des procédures d’octroi des licences, l’accès au financement et l’assistance technique. L’objectif est également de renforcer les liens entre les petites et moyennes entreprises et les grands groupes industriels.
La technologie constitue, selon le ministre, un pilier essentiel de cette stratégie. Le gouvernement entend rapprocher la recherche scientifique des besoins réels de l’industrie, favoriser le développement de produits et de procédés industriels et concilier le transfert des technologies internationales avec le développement de solutions locales. Une attention particulière sera accordée à la valorisation des ressources naturelles et minières de l’Égypte, au développement des industries fournissant des composants et à la réduction de la dépendance aux importations. Le ministère étudie également des projets de coopération industrielle avec plusieurs pays africains.
Le développement des compétences humaines figure aussi parmi les priorités du ministère. Un programme de formation professionnelle est en cours d’élaboration afin d’améliorer la qualité des diplômés de l’enseignement technique et professionnel et de renforcer leur compétitivité sur les marchés du travail égyptien et international. Il prévoit notamment l’acquisition de compétences fondamentales et spécialisées, la maîtrise des technologies modernes, le renforcement de la formation pratique en usine et la mise en relation des diplômés avec des entreprises locales et internationales.
Le ministre a également présenté les services du dispositif ministériel d’accompagnement des industriels, destiné à faciliter les échanges entre les entreprises, à développer les partenariats commerciaux et productifs, à soutenir les fournisseurs locaux et à résoudre les difficultés rencontrées par les fabricants. Le rapprochement entre les petites et moyennes entreprises et les grands groupes doit leur permettre d’intégrer les chaînes d’approvisionnement, d’accroître leur activité et de renforcer leurs capacités de production.
Par ailleurs, le ministère entend soutenir les projets industriels innovants et faciliter leur passage de la conception à la production et à la commercialisation. Il cherche également à attirer des petites et moyennes entreprises européennes, notamment celles confrontées à des difficultés économiques, en les encourageant à nouer des partenariats industriels avec le secteur privé égyptien. Ces partenariats leur permettraient d’accéder aux marchés en expansion du Moyen-Orient et de l’Afrique, tout en favorisant le transfert de technologies et de savoir-faire vers l’Égypte.
Dans ce cadre, le ministère œuvre à faciliter l’accès au foncier industriel, notamment grâce à un dispositif de location avec option d’achat, et à simplifier les procédures d’octroi des licences. Il prévoit également de lancer prochainement, par l’intermédiaire du Centre de modernisation de l’industrie, un service de conseil industriel destiné à accompagner les investisseurs et les fabricants sur les plans technique et administratif, et à les informer des possibilités d’investissement ainsi que des démarches nécessaires à la création et à l’expansion de leurs projets.
Khaled Hachem a, en outre, évoqué la mise en œuvre de l’initiative « Village productif », qui vise à développer des activités industrielles dans les villages en fonction des avantages concurrentiels de chaque région, notamment dans l’agroalimentaire et le textile. Cette initiative doit contribuer à créer des emplois, en particulier pour les femmes, à réduire les pertes de récoltes agricoles durant le transport et à limiter l’exode rural vers les villes ou l’étranger.
Le ministre a enfin souligné l’importance d’un dialogue permanent avec les industriels égyptiens et étrangers, notamment à travers des rencontres régulières avec les ambassades et les représentants des entreprises étrangères implantées en Égypte. Plusieurs tables rondes ont ainsi été organisées avec des sociétés étrangères. La première a réuni des entreprises britanniques opérant dans les secteurs de l’automobile et de ses composants, de l’industrie pharmaceutique, des énergies renouvelables, du traitement de l’eau et de la formation technique, afin d’examiner les difficultés auxquelles elles sont confrontées et d’y apporter des solutions.
Le ministère entend également intégrer les unités industrielles informelles dans l’économie officielle, afin de remédier à la concurrence déloyale entre les entreprises respectant les obligations réglementaires et celles opérant en dehors du cadre légal. Il souhaite parallèlement faciliter l’accès des usines existantes aux marchés d’exportation et accélérer les procédures de création de nouveaux projets industriels. Pour les usines en difficulté, le dispositif d’accompagnement prévoit des solutions intégrées comprenant la mise en relation avec des investisseurs, le financement par l’intermédiaire du Fonds de restructuration des usines en difficulté, la remise en exploitation ainsi qu’un appui technique et opérationnel.





