Le ministère de la Culture invite chaleureusement le public à visiter le musée consacré au célèbre artiste Hassan Heshmat, situé dans le quartier d’Ain Shams. Cette invitation s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Nous sommes fiers du Grand Musée Égyptien… et l’Égypte compte bien d’autres musées », qui vise à mettre en lumière les trésors artistiques et patrimoniaux que recèle l’Égypte et à encourager les citoyens à redécouvrir la diversité de ses musées à travers le pays.

Ce musée est un joyau artistique méconnu, qui mérite amplement le détour et offre une expérience culturelle permettant de redécouvrir l’âme de l’Égypte dans ses expressions les plus simples et les plus authentiques.
Le musée Hassan Heshmat est installé dans la villa privée de l’artiste à Ain Shams et s’étend sur une superficie d’environ 1 200 mètres carrés. Il est rattaché au secteur des Beaux-Arts et a été inauguré en 1960 par le Dr Tharwat Okasha, alors ministre de la Culture. Le musée abrite une remarquable collection de sculptures et de céramiques de l’artiste, ainsi que les originaux de certaines de ses statues et de ses reliefs en pierre, témoignant de l’évolution de son parcours artistique à travers différentes périodes. En 1998, l’artiste Hassan Heshmat a fait don de son musée au ministère de la Culture, le transformant en un musée public et un centre culturel au service de la communauté, offrant au public une expérience artistique profonde et humaniste.
Le musée a fait l’objet d’une rénovation complète, incluant la modernisation de ses systèmes d’exposition, de son éclairage et de sa sécurité. Il a rouvert ses portes au public le 29 avril 2018, redevenant ainsi un haut lieu culturel du Caire-Est et un trésor artistique encore méconnu.

Il convient de souligner que Hassan Heshmat est considéré comme l’un des plus grands pionniers de la sculpture en Égypte au XXe siècle. Son art était profondément ancré dans les réalités locales et l’identité égyptienne authentique, le thème du « fils et de la fille de la terre » (une expression égyptienne courante) étant central dans son œuvre. Il a dépeint les traits de l’Égyptien ordinaire et son rapport à la terre et à la vie quotidienne. Heshmat est également considéré comme un pionnier et le fondateur d’une école artistique très originale. Il fut parmi les premiers à créer de petites sculptures en porcelaine qui capturaient l’esprit de l’Égypte d’hier et d’aujourd’hui, et ces sculptures ornent des milliers de foyers en Égypte et à l’étranger depuis les années 1960. L’artiste Hassan Heshmat est né en 1920 dans le gouvernorat de Menoufia. Il étudie les arts appliqués en 1938, puis intègre l’Institut des Beaux-Arts en 1954, avant de poursuivre ses études à l’Académie de la Porcelaine d’Allemagne de l’Ouest en 1958. Il reçoit des bourses du ministère de la Culture entre 1958 et 1964, ce qui lui permet de se consacrer pleinement à la création artistique. Heshmat participe à de nombreuses expositions en Égypte et à l’étranger, et son travail est salué par la critique et l’art dans diverses publications internationales. Ses œuvres figurent dans les collections de musées de renommée mondiale tels que le Musée de l’Homme à Paris, le Musée national d’art de Varsovie et le Musée d’art de Pékin.
Au niveau local, l’artiste a marqué de son empreinte l’espace public, notamment par la statue symbolisant le Gouvernorat de la Mer Rouge, érigée devant le bâtiment du gouvernorat, et par les trois imposantes statues de pierre ornant les entrées des stations Ain Shams, Ghamra et El Marg de la première ligne du métro du Caire. Le musée abrite actuellement environ 235 œuvres, dont des sculptures, des céramiques et des peintures murales, réparties dans trois salles d’exposition. Parmi celles-ci, on compte 16 sculptures monumentales dont les thèmes abordent l’amour de l’Égypte et du paysan, ainsi que son rapport à la terre, et des portraits de femmes, pour la plupart inspirés par son épouse, qu’il représentait toujours souriante et pleine de vie.
L’ouverture du musée s’inscrit dans une initiative culturelle qui souligne l’importance des musées d’art en tant qu’espaces de connaissance et de beauté, et non pas seulement en tant que lieux d’exposition, mais aussi en tant que ponts reliant le passé au présent, restaurant la valeur de l’artiste et son rôle dans la formation de la conscience collective.





