Un documentaire captivant retrace le parcours de Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes, tout en révélant l’univers fascinant des scribes égyptiens. À travers la tombe monumentale de Padiamenopé, véritable « palais des hiéroglyphes », le film plonge dans plus de 3000 ans d’histoire et de savoirs anciens.
Par Marwa Mourad
Les hiéroglyphes, gardiens d’une civilisation
Chaque hiéroglyphe raconte une histoire. Derrière ces signes, se cachent des sculpteurs, des graveurs et surtout des scribes, véritables artisans de la mémoire égyptienne. Leur travail a traversé les siècles, immortalisé sur les murs des temples et palais, de l’Alexandrie antique aux premières cataractes du Nil. L’usage des hiéroglyphes s’éteindra au Ve siècle de notre ère, lorsque l’Empire romain interdit les cultes païens, laissant derrière lui des vestiges silencieux d’une civilisation plurimillénaire.
La tombe labyrinthique de Padiamenopé
Produit en collaboration avec l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, le documentaire suit une équipe d’archéologues dans la tombe TT33, dernière demeure de Padiamenopé, scribe et lettré sous la XXVe dynastie. Avec ses puits profonds et sa structure complexe, ce tombeau constitue la plus grande sépulture de notable connue à ce jour. Les murs regorgent d’inscriptions issues des textes sacrés égyptiens, offrant aux chercheurs une véritable bibliothèque d’outre-tombe. Dès l’entrée, le défunt adresse un message aux visiteurs, les invitant à respecter et entretenir sa demeure, révélant son souci du mot juste et sa culture raffinée.
Champollion, le déchiffreur des signes sacrés
Pour comprendre la langue des pharaons, Jean-François Champollion s’est appuyé sur la pierre de Rosette, découverte par l’expédition de Napoléon. Gravée au IIe siècle avant notre ère, cette pierre présente un même texte en grec, hiéroglyphes et démotique, une écriture cursive simplifiée. En comparant ces textes et en s’inspirant de la langue copte parlée par les chrétiens d’Égypte, Champollion a percé le mystère des hiéroglyphes. Il définira ce système comme « une écriture à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans le même texte, presque dans le même mot ».
Le documentaire raconte ainsi deux histoires parallèles : celle d’une civilisation redécouverte grâce à son écriture et celle d’un scribe pieux et mécène, dont les mots continuent de traverser les siècles. Entre rigueur scientifique et émerveillement pour l’art ancien, le film offre un voyage passionnant au cœur de l’Égypte pharaonique.





