Le soleil d’avril caresse les ruelles d’Egypte d’une lumière douce, presque sacrée. Ce matin, les églises coptes orthodoxes se sont parées de blanc, de vert et d’or. Des palmes tressées entre les doigts, des enfants en habits neufs, des familles entières marchant avec recueillement : l’Egypte célèbre le dimanche des Rameaux.C’est une fête chrétienne, certes, mais c’est aussi un moment de paix partagé, une trêve de l’âme, une joie qui déborde les murs des églises pour se mêler au cœur battant de toute la nation. Dans les rues du Caire, d’Alexandrie ou de Minya, les sourires échangés entre voisins, les salutations pleines de respect rappellent que l’Egypte, dans sa richesse spirituelle, sait encore tisser des liens profonds entre ses enfants, au-delà des croyances.Ce jour-là, les cloches résonnent comme un chant ancien qui parle d’espoir et de renaissance. Les fidèles se remémorent l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, acclamé par des rameaux d’olivier et de palmier. Et cette mémoire vivante, ancrée dans le sol même du Nil, devient célébration de la foi, mais aussi de la fraternité.Il y a dans cette fête quelque chose de plus grand que le rite : un souffle commun, une prière offerte pour la paix, pour l’avenir, pour cette Égypte millénaire qui sait, en dépit des blessures de l’histoire, garder intact son goût du vivre-ensemble.Aujourd’hui, les Coptes orthodoxes chantent, prient, se recueillent. Et avec eux, c’est l’Égypte tout entière qui sourit, silencieusement, comme pour dire : «Ta joie est la mienne, et ta lumière éclaire aussi mon chemin.»





