Le Premier ministre promeut les relations commerciales avec l’Afrique : un nouveau souffle pour la coopération économique
Le Dr Moustafa Madbouli, Premier ministre égyptien, a présidé récemment une réunion clé du Comité supérieur permanent chargé de suivre les relations entre l’Égypte et les pays africains. Cette rencontre a réuni plusieurs ministres et responsables de haut niveau, reflétant l’engagement du gouvernement égyptien à renforcer ses partenariats stratégiques avec le continent.
Vers un commerce équitable avec l’Afrique
Lors de son intervention, le Premier ministre a mis en avant les efforts visant à soutenir le commerce bilatéral entre l’Égypte et les pays africains. Il a notamment évoqué une initiative innovante portée par la Banque centrale égyptienne : la réintroduction des “transactions compensatoires” (ou échanges équilibrés) dans les relations commerciales avec l’Afrique. Ce mécanisme permettrait de faciliter les échanges en contournant les contraintes liées aux devises étrangères, tout en assurant des bénéfices équitables pour les deux parties.
Cette stratégie, déjà employée par l’Égypte dans les années 1980, avait permis à l’époque de porter les exportations hors pétrole à 60 % du total national. Aujourd’hui, l’objectif est encore plus ambitieux : faire croître les exportations égyptiennes de 20 % par an pour atteindre 130 milliards de dollars en 2027, et 145 milliards de dollars en 2030.
Des infrastructures pour une Afrique connectée
Le ministre de l’Industrie et des Transports, le général ingénieur Kamel El-Wazir, a présenté un plan d’envergure pour le développement des infrastructures reliant l’Égypte au reste de l’Afrique. Parmi les projets phares figurent :
- Le corridor Le Caire – Le Cap, une autoroute transafricaine stratégique.
- Le réseau ferroviaire africain, incluant la modernisation de la ligne entre Marsa Matrouh et la Libye, ainsi qu’un projet de liaison ferroviaire entre l’Égypte et le Soudan.
- Le développement des ports maritimes égyptiens, pour renforcer les capacités d’accueil et établir des lignes régulières vers les pays africains.
Ces initiatives s’accompagnent d’un accent particulier sur les voies navigables, un moyen de transport à faible coût et encore sous-exploité, qui pourrait dynamiser les échanges avec les pays du bassin du Nil.
Coopération dans le domaine de l’eau et de l’énergie
Le ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, le Dr Hany Sewilam, a mis en lumière la volonté de l’Égypte de partager son expertise en gestion de l’eau avec les pays africains. Il a également souligné la disponibilité de l’Égypte pour accompagner ses partenaires africains dans des projets de purification des cours d’eau et de production d’énergie hydroélectrique.
Une approche globale et intégrée
Au cours de la réunion, le ministre des Affaires étrangères a salué les avantages des transactions compensatoires, tout en appelant à la levée des obstacles pratiques à leur mise en œuvre. Il a également évoqué des projets de coopération dans les secteurs de la santé et du développement, comme la modernisation d’hôpitaux en Afrique, appuyée par des experts égyptiens déployés via l’Agence égyptienne de partenariat pour le développement.
Le Dr Moustafa Madbouli a clôturé la réunion en appelant à la création d’une équipe de travail dédiée pour concrétiser cette vision ambitieuse. Il a également souligné l’importance d’établir des zones logistiques et des succursales bancaires égyptiennes dans des pays stratégiques, afin de faciliter les échanges commerciaux.
Une vision tournée vers l’avenir
Cette réunion reflète l’engagement de l’Égypte à jouer un rôle de premier plan dans la promotion de la coopération économique africaine. Par ces initiatives, le pays aspire à devenir un acteur clé de la Zone de libre-échange continentale africaine, tout en soutenant les aspirations au développement des nations du continent.





