Tachkent : Mohamed Talaat
Le président de l’Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, a déclaré que la tenue du premier Forum islamique international au Centre de la civilisation islamique en Ouzbékistan revêt une profonde portée symbolique.
Cet événement se distingue par la participation d’une élite d’oulémas, de représentants d’organisations internationales de premier plan, de figures de diverses cultures et religions, ainsi que de personnalités gouvernementales et publiques venues de plus de quarante pays. Une telle mobilisation confirme l’intérêt croissant de la communauté internationale pour la civilisation islamique et la reconnaissance de son riche patrimoine spirituel, scientifique et culturel.
Ces propos ont été tenus dans un discours prononcé en son nom par Khaïriddin Soultanov, conseiller du président de l’Ouzbékistan, lors de la séance d’ouverture du premier Forum islamique international à Tachkent.
Le président a ajouté que le monde traverse aujourd’hui des mutations profondes et rapides. Alors que l’humanité réalise des progrès remarquables dans les domaines de la science et de la technologie, elle est également confrontée à des défis majeurs liés à l’exacerbation des conflits et à un manque de confiance mutuelle.
À cela s’ajoute la prolifération d’idéologies destructrices, du fanatisme, de l’extrémisme et de l’islamophobie. Ces dérives mettent de plus en plus en évidence les tentatives visant à fomenter des chocs entre les cultures, les religions et les civilisations, tout en exacerbant les différences de coutumes et de traditions.
Il a précisé que les nobles idéaux, incluant les valeurs islamiques fondamentales, demeurent en ces temps difficiles des piliers solides pour la paix, le progrès sociétal, et la quête de l’harmonie et de la lumière. Il a rappelé que, tout au long de l’histoire, ces valeurs ont constitué un puissant moteur pour le progrès scientifique, le renouveau culturel et l’évolution spirituelle, apportant une contribution inestimable à la pensée mondiale et devenant partie intégrante du patrimoine commun de l’humanité.
Le chef de l’État a également évoqué l’initiative conceptuelle intitulée « La lumière face à l’ignorance », lancée par l’Ouzbékistan en 2017 auprès des Nations Unies. Cette initiative repose sur un principe fondamental : en période d’instabilité mondiale, la science, l’éducation, l’instruction, la culture et les hautes valeurs morales constituent le socle essentiel de la paix, de la compréhension mutuelle, de l’harmonie sociale et du développement durable à travers le monde.
Le président ouzbek a souligné que l’Islam insiste sur la dignité humaine, encourage la recherche de la vérité, du savoir, de la lumière, de la découverte scientifique et de la créativité, tout en promouvant l’éducation, les arts et la culture. Il a réaffirmé que sa région a grandement contribué à ce patrimoine humain partagé.
Il a poursuivi en rappelant que cette terre est considérée comme l’un des plus importants centres de science, de savoir et de spiritualité au monde. Au fil des siècles, des sciences telles que les mathématiques, l’astronomie, la médecine, la chimie, l’histoire, la philosophie, la théologie et les études du Hadith y ont prospéré. L’héritage immortel de penseurs illustres — parmi lesquels Muhammad al-Khwarizmi, Ahmad al-Farghani, Abu al-Rayhan al-Biruni, Abou Ali Ibn Sina (Avicenne), l’Imam Al-Boukhari, l’Imam Al-Tirmidhi et l’Imam Al-Maturidi — occupe une place de choix dans le patrimoine intellectuel mondial.
Actuellement, l’Ouzbékistan travaille activement, en coopération avec la communauté internationale, à jeter les bases d’une troisième Renaissance.
Cette nouvelle ère de renaissance est perçue comme une étape de développement s’appuyant sur la science, l’innovation, l’éducation moderne et l’élévation spirituelle et intellectuelle de la société, tout en manifestant un profond respect pour le patrimoine historique et en permettant l’épanouissement du potentiel créatif de chaque individu.
Le président de l’Ouzbékistan a réaffirmé que la renaissance du riche et unique patrimoine islamique, sa préservation minutieuse, son étude et sa large diffusion figurent parmi les priorités de la politique de l’État.
Il a également mis en lumière les efforts intensifs déployés pour restaurer et valoriser les lieux de culte sacrés ainsi que les complexes historiques et culturels liés à la vie et à l’œuvre des grands noms de la civilisation islamique.
Au terme du discours, le président a affirmé que ce premier Forum international de la civilisation islamique est considéré comme une nouvelle étape de la coopération mondiale. Il permettra d’unifier les forces intellectuelles des pays, des organisations internationales, des centres scientifiques, des universités, des musées, des bibliothèques et des instituts de recherche.





