Sécurité, résilience économique et rayonnement culturel
Chaque semaine, la presse internationale scrute l’Égypte à travers le prisme des crises régionales, des indicateurs économiques et de son patrimoine millénaire. Entre mises en garde face à l’escalade au Moyen-Orient, signaux de redressement financier et rayonnement culturel à l’étranger, tour d’horizon des principaux regards portés sur Le Caire et son rôle dans un environnement mondial en mutation.
Politique
Escalade régionale : Le Caire appelle à la désescalade


Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a mis en garde contre les répercussions de l’extension de la guerre actuelle au Moyen-Orient sur les prix, l’énergie et la navigation en mer Rouge, lors d’un entretien avec le président du Groupe de la Banque mondiale Ajay Banga lundi 2 mars au Caire, selon un communiqué de la présidence égyptienne.
« La position de l’Egypte est constante en faveur d’un règlement pacifique des crises », a réaffirmé le président Al-Sissi.
Lors d’un entretien entre le Chef de l’Etat égyptien et le président groupe de la Banque mondiale, les deux responsables ont évoqué les développements de la situation régionale et les efforts soutenus de l’Égypte pour contenir les tensions actuelles.
Cet échange intervient au troisième jour du conflit opposant l’Iran aux Etats-Unis et à Israël, une escalade qui plonge les marchés nationaux et internationaux dans une profonde incertitude.
Le président Al-Sissi, qui a mis en garde contre l’escalade des tensions qui menace la sécurité, la stabilité et les ressources des peuples de la région, a rappelé que l’Egypte a déjà subi une perte d’environ 10 milliards de dollars de revenu du Canal de Suez en raison de la guerre à Gaza ces dernières années.
« L’économie nationale est également éprouvée par l’accueil de 10 millions d’étrangers, ayant fui les conflits dans leurs pays respectifs », a noté le président égyptien.
Ces derniers, selon Al-Sissi, bénéficient des mêmes services que les citoyens égyptiens, sans que l’Égypte ne reçoive de soutien financier en contrepartie, un constat d’ailleurs validé par le président du Groupe de la Banque mondiale.
Les trois plus grands armateurs mondiaux, MSC, Maersk et CMA CGM, ont suspendu depuis samedi, jour du début des frappes sur l’Iran le passage de leurs navires dans le détroit d’Ormuz mais aussi dans le détroit de Bab el-Mandeb menant au canal de Suez, préférant contourner l’Afrique via le cap de Bonne Espérance.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont fermé samedi le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié, estimant que cette voie était dangereuse en raison des attaques américaines et israéliennes.
La guerre israélo-américaine lancée samedi contre l’Iran, est entrée dans son troisième jour, perturbant notamment le trafic aérien et maritime ainsi que la production de nombreux sites d’hydrocarbures dans la région. Les prix de l’or noir et du gaz ont ainsi flambé.
Économie
Record des avoirs étrangers nets : Signal de redressement financier

Les avoirs étrangers nets de l’Égypte ont augmenté de 4,02 milliards de dollars en janvier, atteignant un niveau historique de 29,54 milliards de dollars, selon les données publiées lundi par la banque centrale. Cette progression s’explique par les investissements du Golfe, une dévaluation monétaire en 2024 et la vigueur des transferts de fonds, qui continuent d’apporter des devises au pays.
Les transferts de fonds des travailleurs égyptiens à l’étranger ont atteint un record de 4,0 milliards de dollars en décembre, portant le total des transferts pour l’ensemble de l’année 2025 à 41,5 milliards de dollars, contre 29,6 milliards en 2024. Les chiffres de janvier concernant les transferts n’ont pas encore été publiés.
Les avoirs étrangers des banques commerciales ont bondi d’environ 1,67 milliard de dollars, tandis que ceux de la banque centrale sont restés quasiment stables, selon les données de la banque centrale. Les engagements étrangers nets ont diminué tant au niveau des banques commerciales que de la banque centrale.
Les avoirs étrangers nets de l’Égypte, qui incluent les avoirs détenus par la banque centrale et les banques commerciales, étaient passés en territoire négatif en février 2022, alors que la banque centrale tentait de soutenir la monnaie face au dollar. Ils n’ont retrouvé un niveau positif qu’en mai 2024, après une forte dévaluation de la livre en mars 2024.
Archéologie
Ramsès à Londres : Le patrimoine égyptien en vitrine mondiale



Une collection de 180 trésors de l’Égypte antique a été inaugurée à Londres. Ces artefacts couvrant le règne du pharaon le plus puissant d’Égypte, offrent au public britannique une occasion rare de découvrir des objets qui n’ont pratiquement pas quitté le sol égyptien depuis trois mille ans.
Ce visage couvert d’épaisses feuilles d’or, moulées selon les traits du roi Amenemope de la XXIe dynastie donne le ton de l’exposition intitulée : “Ramsès et l’or des pharaons.”
« Nous croyons en l’importance de partager ce que nous avons avec l’humanité et avec les autres nations, et nous l’utilisons également comme un teaser, si je puis dire, ou un avant-goût pour que les gens puissent imaginer ce qu’ils verront en Égypte lorsqu’ils visiteront le pays. », a déclaré Sherif Fathy, ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités .
L’exposition rassemble des trésors prêtés par le Conseil suprême des antiquités égyptiennes, provenant de musées et de sites archéologiques à travers l’Egypte. Londres est la dernière étape d’une tournée mondiale qui a déjà fait étape à Houston, San Francisco, Sydney, Paris, Cologne et Tokyo.
« Londres est la sixième ville, et jusqu’à présent, Ramsès a parcouru 50 000 kilomètres à travers le monde à bord de deux avions 747. Sécurité, logistique, police, armée, tout y est. Je veux dire, la logistique est époustouflante. », a expliqué Andres Numhauser, vice-président senior de NEON World Heritage Exhibition.
La deuxième partie de l’exposition est consacrée à la mort et à ce que faisaient les anciens Égyptiens pour la vaincre. Elle présente la croyance fondamentale de toute une civilisation, celle qui a produit ces objets, ces cercueils, ces masques et ce refus obsessionnel et magnifique d’accepter l’oubli.
« Amener ce type d’art, cette œuvre d’art, à Londres, cela signifie beaucoup de choses. Nous devons partager la beauté et le talent des artisans qui ont réalisé cette pièce avec Londres. », a indiqué Dr Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes.
Une part importante des recettes de l’exposition sert à financer des travaux de conservation en Égypte, notamment la restauration complète de la tombe de Ramsès II dans la Vallée des Rois, désormais ouverte au public pour la première fois depuis une génération.





