Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Expatriés égyptiens, Dr Badr Abdel Aati, et le ministre de l’Investissement et du Commerce extérieur, Dr Mohamed Farid Saleh, ont participé, lundi 27 juillet, au lancement du Rapport sur l’investissement dans le monde 2026, publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). La cérémonie s’est déroulée en présence du Secrétaire général par intérim de la CNUCED, Pedro Manuel, ainsi que de plusieurs ministres, hauts responsables, représentants du monde des affaires, d’institutions financières internationales et d’organisations régionales et internationales.
Organisé dans le cadre de la coopération entre le gouvernement égyptien et la CNUCED, cet événement a mis en lumière un rapport considéré comme la principale référence internationale pour l’analyse des flux d’investissements directs étrangers (IDE) et des grandes mutations de l’économie mondiale dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques.
Dans son allocution, Dr Badr Abdel Aati a salué le travail accompli par la CNUCED, rappelant que son rapport constitue un outil essentiel pour le suivi des tendances mondiales de l’investissement. Il a souligné les défis auxquels est confrontée l’économie mondiale, notamment les crises géopolitiques successives, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, le ralentissement des échanges commerciaux et des flux d’investissement, ainsi que l’aggravation des écarts de développement et de la fracture numérique entre les pays développés et les pays en développement.
Le chef de la diplomatie égyptienne a estimé que ces défis imposent un renforcement de la coopération internationale, un engagement renouvelé en faveur du multilatéralisme et une réforme du système économique et financier mondial afin de faciliter l’accès des pays en développement au financement, aux technologies et aux investissements nécessaires à la réalisation des Objectifs de développement durable.
Il a également passé en revue les réformes engagées par l’Égypte ces dernières années pour renforcer la résilience de son économie, notamment la poursuite du programme de réformes économiques, l’amélioration des indicateurs macroéconomiques, la modernisation de l’environnement des affaires et le renforcement du rôle du secteur privé en tant que moteur de la croissance. Il a notamment cité la mise en œuvre de la politique de propriété de l’État, le plafonnement des investissements publics afin de favoriser l’initiative privée, ainsi que l’octroi d’incitations fiscales, douanières et d’investissement dans plusieurs secteurs prioritaires, parmi lesquels les énergies nouvelles et renouvelables, l’industrie automobile, les industries pharmaceutiques, la logistique, les technologies de l’information et de la communication, ainsi que les applications de l’intelligence artificielle.
Dr Badr Abdel Aati a souligné que le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 confirme les résultats positifs de ces réformes, l’Égypte conservant, pour la deuxième année consécutive, sa place de première destination africaine des investissements directs étrangers, tout en renforçant son statut de plateforme majeure pour les grands projets d’investissement sur le continent, témoignant ainsi de la confiance des investisseurs dans l’économie égyptienne.
Pour sa part, le ministre de l’Investissement et du Commerce extérieur, Dr Mohamed Farid Saleh, a indiqué que le rapport met en évidence les profondes mutations de l’économie mondiale sous l’effet des tensions géopolitiques et de l’incertitude entourant les politiques commerciales et d’investissement. Il a précisé que les flux mondiaux d’IDE ont progressé de 6 % en 2025, après deux années consécutives de recul. Toutefois, cette hausse est ramenée à 4 % lorsque sont exclues les opérations liées aux centres financiers internationaux, ce qui traduit une concentration persistante des investissements dans un nombre limité de secteurs et de régions.
Le ministre a ajouté que les infrastructures numériques, notamment les centres de données et les technologies de pointe, ont attiré une part importante des investissements mondiaux, dépassant plusieurs secteurs industriels traditionnels. Il a appelé à une meilleure répartition des investissements vers des activités génératrices de valeur ajoutée et d’emplois. Il a également relevé que les pays en développement n’ont enregistré qu’une progression de 2 % des flux d’IDE, tandis que l’Afrique n’a capté que 70 milliards de dollars sur les 900 milliards de dollars dirigés vers les économies en développement.
S’agissant de l’Égypte, Dr Mohamed Farid Saleh a indiqué que le pays a attiré 15,5 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025, se classant premier en Afrique et deuxième dans le monde arabe. Il a enfin annoncé que son ministère dévoilera dans les prochaines semaines un nouveau train de mesures visant à faciliter les augmentations de capital ainsi que les opérations de fusion et d’acquisition grâce à une plateforme numérique intégrée, afin de réduire les délais administratifs et d’améliorer les services destinés aux investisseurs.





