Le principal bassin agricole de l’Égypte se concentre dans le Delta, à Noubaria et dans le gouvernorat de Beheira. Cela en fait un emplacement idéal pour collecter les produits agricoles frais et les acheminer rapidement vers les installations de réfrigération et d’exportation, d’autant plus qu’il bénéficie de la proximité d’Alexandrie, des réseaux routiers et des principales zones industrielles du nord du pays.
Hub alimentaire
Pour Blumberg Green, l’Égypte dispose d’une opportunité exceptionnelle de se transformer en un hub alimentaire mondial. Le pays tire parti de sa position stratégique au carrefour de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, ainsi que de son nouveau réseau de ports, de routes et de lignes ferroviaires en cours de déploiement. Cette dynamique s’accélère à la suite des crises mondiales qui ont ébranlé les chaînes d’approvisionnement ces dernières années, notamment la pandémie de Covid-19 puis la guerre russo-ukrainienne.
Ces bouleversements ont poussé les multinationales à rechercher des centres de stockage et de distribution à proximité des grandes routes maritimes internationales, capables de sécuriser les denrées alimentaires et de les redistribuer avec rapidité et efficacité. C’est précisément ce créneau que l’Égypte tente d’exploiter en modernisant ses ports et ses zones logistiques, et en les connectant aux nouveaux projets agricoles et industriels, rapporte Khas Misr.
Une concurrence internationale pour le “Hub” des céréales
Ce projet américain intervient en parallèle d’un vif intérêt de la part de la Russie pour la création d’un immense centre logistique dédié aux céréales et à l’énergie dans la zone du canal de Suez. Moscou cherche en effet à faire de l’Égypte la porte d’entrée du blé russe vers l’Afrique et le Moyen-Orient, un choix stratégique dicté par les récents changements géopolitiques et les sanctions occidentales imposées à la Russie.
Cette rivalité internationale témoigne d’un virage majeur dans le rôle que l’Égypte aspire à jouer au cours des prochaines années. Le pays ne se contente plus de moderniser ses ports pour en faire de simples zones de manutention et de déchargement traditionnelles ; il s’efforce de les transformer en véritables plateformes industrielles, logistiques et commerciales intégrées, combinant transformation, stockage, réexportation et services transcontinentaux.
Port-Saïd Est entre dans une nouvelle ère
Le port de Port-Saïd Est figure parmi les principaux bénéficiaires de cette transition, notamment grâce aux extensions massives dont il fait l’objet, qu’il s’agisse des quais, des terminaux à conteneurs ou des réseaux de liaison ferroviaire et logistique. À cela s’ajoute sa connexion directe avec la zone industrielle de Port-Saïd Est, les tunnels du canal de Suez et les nouveaux réseaux routiers.
Le gouvernement égyptien parie que ce port deviendra, d’ici quelques années, l’un des carrefours commerciaux et logistiques les plus importants de la Méditerranée orientale. Cela explique l’intérêt croissant des entreprises internationales pour les projets de stockage, de réfrigération et d’industries agroalimentaires dans la région.





