Sous le patronage du ministre égyptien de l’Éducation et de l’Enseignement technique, Mohamed Abdel Latif, et du ministre italien de l’Éducation et du Mérite, Giuseppe Valditara, la première édition du Forum de l’enseignement technique et professionnel des pays méditerranéens (TechSkills Forum) a été inaugurée vendredi dans la Nouvelle Capitale administrative. L’événement réunit des ministres, des délégations officielles et des représentants de 13 pays méditerranéens, ainsi que des acteurs du secteur privé, de l’industrie et de l’enseignement.
Dans son discours d’ouverture, Mohamed Abdel Latif a affirmé que l’éducation « n’est plus seulement une priorité nationale, mais une responsabilité régionale et un investissement commun ». Il a expliqué que les mutations technologiques rapides, l’intelligence artificielle, la transformation numérique et les changements du marché du travail imposent une nouvelle vision de la formation et du développement des compétences.
Le ministre a souligné que la véritable source de compétitivité réside aujourd’hui dans le capital humain. Selon lui, les ressources naturelles et les infrastructures demeurent importantes, mais ne suffisent plus à elles seules pour garantir le développement économique.
Il a également insisté sur le fait que l’enseignement technique et la formation professionnelle ne constituent plus une voie secondaire. Ils sont devenus, a-t-il précisé, un levier stratégique pour l’emploi, l’innovation, la productivité, l’entrepreneuriat et la mobilité sociale, tout en permettant de rapprocher l’éducation des besoins réels de l’économie.
Mohamed Abdel Latif a ajouté que l’Égypte, sous la direction du président Abdel Fattah al-Sissi, a placé le développement humain au cœur de son projet national. Il a rappelé que le gouvernement poursuit ses efforts pour moderniser l’enseignement technique, renforcer les partenariats avec l’industrie, développer les écoles de technologie appliquée et adapter les programmes aux exigences du marché du travail.
Le ministre a par ailleurs indiqué que la Méditerranée, qui a longtemps été un espace d’échanges commerciaux, culturels et scientifiques, dispose aujourd’hui d’une occasion unique de renouer avec ce rôle historique grâce à la création d’un partenariat méditerranéen dédié aux compétences du futur.
Il a en outre confirmé que les défis liés à l’emploi des jeunes, aux transformations technologiques et à la réduction des écarts de compétences nécessitent une coopération étroite entre gouvernements, établissements d’enseignement, entreprises et organisations de développement.
Abordant les objectifs du forum, Mohamed Abdel Latif a expliqué que cette plateforme vise à rapprocher les décideurs politiques, les industriels, les établissements scolaires et les étudiants afin de réfléchir ensemble aux moyens de préparer les jeunes aux métiers de demain. Les discussions portent notamment sur l’intelligence artificielle, les compétences vertes, l’industrie intelligente, la mécatronique, le tourisme, les industries alimentaires, textiles, pharmaceutiques et les sciences de la vie.
Le ministre a également mis en avant le partenariat entre l’Égypte et l’Italie, estimant que l’expérience italienne dans l’enseignement technique et le modèle des instituts techniques supérieurs représentent une référence importante pour renforcer la coopération régionale.
De son côté, Giuseppe Valditara a salué l’ouverture du forum, qu’il a qualifié d’initiative commune illustrant la confiance mutuelle et le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.
Le ministre italien a souligné que la forte participation internationale témoigne de l’importance stratégique de cet événement. Il a estimé que les grands défis contemporains exigent davantage de coopération, de solidarité et de responsabilité partagée.
Il a expliqué que les progrès de l’intelligence artificielle, les transformations numériques, énergétiques et environnementales ainsi que l’évolution rapide du marché du travail redessinent profondément les économies et les sociétés. Face à ces changements, a-t-il affirmé, aucune nation ne peut agir seule.
Giuseppe Valditara a ajouté que le forum ne constitue pas seulement un espace de débat, mais une véritable plateforme de dialogue stratégique destinée à faire de la Méditerranée un pôle de développement, d’innovation et de prospérité.
Il a également rappelé que la Méditerranée représente bien plus qu’un espace géographique : elle forme une communauté de peuples unis par une histoire, une culture et des intérêts communs. Cette région demeure, selon lui, l’un des espaces les plus stratégiques au monde grâce à sa position de carrefour entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Le ministre italien a en outre insisté sur l’importance d’investir dans les jeunes générations et dans les compétences d’avenir. Il a affirmé que les établissements d’enseignement et de formation professionnelle jouent un rôle déterminant dans le développement économique, la mobilité sociale et le renforcement du capital humain.
Présentant l’expérience italienne, Giuseppe Valditara a évoqué le modèle éducatif « 4+2 » ainsi que les académies des instituts techniques supérieurs, qui favorisent l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail, tout en encourageant l’innovation et la recherche.





