L’Egypte n’est pas une scène ouverte aux dérives et à la vulgarité, ni un « trend » que l’on exploite au gré des algorithmes ! A l’ère du ciel ouvert et des réseaux sociaux, l’image des nations se construit, ou se détruit, en quelques secondes. Ce que nous avons vu récemment à travers la cérémonie de mariage du personnage très controversé « Karawan Mashakel », avec son cortège de scènes indécentes, ne relève pas d’un simple fait social : c’est un dérapage criant, un symptôme d’un appauvrissement des valeurs, amplifié par la machine numérique.
Par : Hanaa Khachaba

Ces images, relayées bien au-delà de nos frontières, des pays nordiques jusqu’aux Etats du Golfe, véhiculent une représentation falsifiée de l’Egypte, terre de civilisation, d’art et d’élégance. Des individus en quête de notoriété instantanée et de gains faciles marchandisent la réputation de leur pays sur le marché de l’indécence numérique. Ils offrent au regard extérieur une matière propice à la moquerie et à la réprobation, au point de susciter une question amère : est-ce donc là l’Egypte que nous avons connue, phare de la culture et de la création ?
La nuisance de ces pratiques dépasse la laideur individuelle : elle porte atteinte au cœur même de l’identité nationale. Présenter l’absurde et la trivialité comme vitrines du quotidien égyptien n’est ni une liberté personnelle ni une expression artistique. La liberté s’arrête là où commence l’atteinte à la dignité du pays et à son image internationale.
Face à cet emballement moral et numérique, le silence n’est plus une option. L’intervention de l’Etat devient une nécessité pour préserver le goût public, la décence commune et le prestige de l’Egypte à l’étranger. Les signalements déposés, révélant des vols, des manipulations et une exploitation cynique du « buzz », indiquent que nous ne sommes pas devant des incidents isolés, mais face à des pratiques organisées qui défient à la fois la loi et les valeurs de la société.

Ce débat se veut un signal d’alarme, un appel ouvert au Parquet général et aux institutions concernées : ce qui s’est produit n’est plus une anecdote, mais un séisme qui secoue le sens commun et porte préjudice à l’Etat égyptien et à son image. L’exportation de ces contenus indécents et les réactions indignées qu’ils suscitent à l’étranger nous placent devant une responsabilité historique : ces individus ne se représentent pas eux-mêmes, ils portent atteinte à la stature de l’Egypte.
Le droit égyptien offre des outils clairs. La loi n° 175 de 2018 relative à la lutte contre les crimes de technologies de l’information, notamment ses articles 25 et 26, criminalise toute atteinte aux valeurs familiales et tout usage délibéré des technologies à des fins contraires aux bonnes mœurs, écrit le grand journaliste Moustaga ElBolk. Le Code pénal, à travers l’article 178 (atteinte à la pudeur publique) et l’article 306 bis (aggravation des peines en cas de diffamation via des moyens de communication), encadre fermement ces dérives. Leur application rigoureuse n’est pas une option : c’est un impératif.
Laisser ces pratiques impunies reviendrait à donner un blanc-seing à tous les chercheurs de célébrité factice pour piétiner nos valeurs. L’intérêt général commande d’assainir l’espace numérique, devenu pour certains un terrain de prédation morale. Se taire, c’est participer à l’effacement progressif de notre identité collective.
En conclusion, nous appelons à une action ferme et immédiate des autorités compétentes afin de rétablir la primauté de l’éthique, de restaurer la dignité du pays et de mettre un terme à toute tentative de transformer l’Egypte de la civilisation en vitrine de l’indécence.
Nous souhaitons que cet appel parvienne à chaque responsable, ainsi qu’aux autorités sécuritaires et judiciaires. Il s’agit d’un appel ouvert au Parquet général : sauver l’image de l’Egypte face à ces dérives est un devoir national qui ne tolère aucun laxisme.





