En 2026, l’Égypte franchit une nouvelle étape dans la localisation de l’industrie de la téléphonie mobile. Le pays ambitionne de porter sa production locale à environ 15 millions d’appareils, contre près de 10 millions en 2025, soit un bond de 50 % en un an.Cette croissance ne repose plus sur une seule usine, mais sur un réseau étendu comprenant Samsung, OPPO, Vivo, Xiaomi, ainsi que plusieurs marques chinoises et internationales ayant commencé à transférer une partie de leur production vers le marché égyptien.
15 millions de téléphones en 2026 : Le début de la production de masse
L’objectif fixé pour 2026 représente environ 15 % du rêve égyptien de produire 100 millions de téléphones par an. Ce projet, soutenu par le Premier ministre, prévoit de consacrer 25 % de la production au marché local, le reste étant destiné à l’exportation.Les besoins du marché égyptien tournent autour de 20 millions d’appareils par an. L’objectif des 100 millions vise donc à transformer l’Égypte en une plateforme d’exportation majeure pour les marchés arabes, africains et potentiellement européens, rapporte Khas Misr.
Samsung à Bani Souef : 100 millions de dollars et 6 millions d’unités
L’usine Samsung de Bani Souef est l’un des modèles les plus aboutis de l’industrie électronique en Égypte. Établie sur 9 000 m² avec un investissement de près de 100 millions de dollars, elle génère environ 1 500 emplois directs et indirects.Après avoir débuté en 2022 par la fabrication de tablettes éducatives, Samsung a inauguré en 2025 une nouvelle unité pour smartphones et tablettes d’une capacité maximale de 6 millions d’unités par an. En 2025, la production a atteint 2,2 millions de téléphones et 600 000 tablettes, incluant les derniers modèles mondiaux lancés simultanément en Égypte.
OPPO au 10 de Ramadan : 5 millions d’unités par an
En octobre 2025, l’usine OPPO a été inaugurée avec un investissement de 50 millions de dollars. Sur 24 000 m², elle emploie 2 000 personnes et produit actuellement 400 000 unités par mois (environ 5 millions par an). Des plans sont en cours pour passer de 17 à 20 lignes de production afin d’atteindre 500 000 unités mensuelles.Le taux de valeur ajoutée locale dépasse 42 %, incluant la production des séries Reno et A. L’entreprise prévoit d’exporter vers les marchés arabes d’ici fin 2026 et d’introduire des lignes pour les objets connectés (montres, écouteurs, bracelets connectés).
Vivo : Première usine africaine et fabrication de cartes mères
L’usine Vivo, également située au 10 de Ramadan, marque un tournant car elle ne se contente pas de l’assemblage final : elle fabrique la carte mère (motherboard). Établie en 2022 sur 11 000 m² (20 millions de dollars d’investissement), elle peut produire jusqu’à 6 millions de téléphones par an.Avec une valeur ajoutée locale de 42 %, l’usine a commencé à exporter des cartes mères vers l’usine de Vivo en Turquie, renforçant ainsi le poids industriel de l’Égypte.
Xiaomi et autres marques : Une base en pleine expansion
Outre les leaders cités, Xiaomi a pénétré le marché via des partenariats locaux, rejointe par des marques comme Tecno, Infinix, Realme et Nokia.Au total, l’Égypte a réussi à attirer 15 marques internationales pour la fabrication de téléphones et d’accessoires, avec une capacité maximale globale de 20 millions d’unités par an et des investissements cumulés de 200 millions de dollars. Cette infrastructure diversifiée explique le saut attendu vers les 15 millions d’appareils en 2026.





