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Home 24 heures sur 24

L’Égypte, terre de richesses

par Le progres Staff
September 13, 2026
in 24 heures sur 24, Dossier
L’Égypte, terre de richesses 1 - Le Progrès Egyptien
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Au-delà de ses monuments emblématiques et de ses ressources mondialement connues, l’Égypte recèle un patrimoine et des potentialités d’une grande diversité. Ressources naturelles, richesses agricoles et maritimes, savoir-faire humains, trésors historiques et atouts touristiques : ce dossier met en lumière cinq facettes d’une Égypte riche de possibilités, dont certaines restent encore largement à découvrir et à valoriser.


Quand le patrimoine devient une nouvelle richesse touristique

L’Égypte, terre de richesses 3 - Le Progrès Egyptien

* Des trésors qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets

L’Égypte est mondialement connue pour ses pyramides, ses temples et ses grands musées. Pourtant, derrière ces monuments emblématiques se cache un autre patrimoine, plus discret mais tout aussi précieux : des villes historiques, des sites archéologiques méconnus, des itinéraires anciens et des traditions qui constituent autant de richesses encore à valoriser.

Par Marwa Mourad

Des villes qui racontent l’histoire
Parmi ces trésors figure Rachid (Rosette), dont les maisons historiques, les monuments et le lien avec la célèbre pierre de Rosette pourraient en faire une destination culturelle majeure. Son patrimoine architectural permet de raconter une autre page de l’histoire de l’Égypte, loin des circuits touristiques traditionnels.

Le même potentiel existe dans de nombreuses villes de province, où se côtoient héritages pharaonique, gréco-romain, copte et islamique. Ces territoires pourraient offrir aux visiteurs une expérience plus proche de la vie locale et de l’histoire quotidienne du pays.

Des sites archéologiques hors des sentiers battus
Le patrimoine égyptien ne se résume pas à Guizeh et à Louxor. En Haute-Égypte, des sites comme Abydos, Dendérah ou Esna, ainsi que d’autres vestiges moins fréquentés, témoignent de milliers d’années d’histoire. Certains restent encore relativement éloignés des grands circuits internationaux, alors qu’ils pourraient contribuer à diversifier l’offre touristique.

L’intérêt de ces sites réside aussi dans leur capacité à proposer une découverte plus approfondie de la civilisation égyptienne, en permettant aux visiteurs de sortir des itinéraires classiques.

Voyager à travers des itinéraires historiques
Un autre potentiel réside dans les routes et parcours historiques. Plutôt que de considérer chaque monument comme une destination isolée, il serait possible de créer des itinéraires reliant plusieurs sites autour d’un même thème : anciennes routes commerciales, chemins religieux, quartiers historiques ou parcours reliant différentes civilisations.

Cette approche transformerait la visite d’un simple monument en une véritable expérience, où chaque étape permettrait de comprendre une nouvelle partie de l’histoire du pays.

Un patrimoine religieux à redécouvrir
Monastères, églises anciennes, mosquées historiques et lieux liés à de grandes figures religieuses constituent également une richesse considérable. Ils peuvent contribuer au développement d’un tourisme culturel et spirituel, tout en mettant en lumière la diversité de l’histoire égyptienne.

Le patrimoine religieux permet notamment de raconter une histoire faite de rencontres entre différentes traditions et de montrer la profondeur historique de villes comme Le Caire et d’autres régions du pays.

Du patrimoine à une nouvelle expérience touristique
Enfin, certaines richesses ne sont pas seulement constituées de pierres et de monuments. Elles vivent encore à travers les oasis, les villages, les savoir-faire traditionnels, les récits locaux et les paysages culturels. Ce patrimoine vivant peut donner naissance à de nouvelles expériences touristiques fondées sur la découverte, la proximité et l’authenticité.

L’enjeu est donc désormais de regarder le patrimoine égyptien autrement. Aux côtés des sites mondialement célèbres, il existe une multitude de lieux et d’histoires qui attendent encore d’être mieux connus, protégés et intégrés à l’offre touristique.

La prochaine richesse touristique de l’Égypte pourrait ainsi ne pas être à construire, mais simplement à redécouvrir.

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Une richesse humaine aux mille visages

L’Égypte, terre de richesses 5 - Le Progrès Egyptien

L’Egypte puise sa richesse dans une population diverse, jeune et profondément attachée à son identité. Entre traditions ancestrales, créativité et savoir-faire, les Egyptiens constituent une véritable force pour le pays. Cette richesse humaine demeure un moteur essentiel du développement et du rayonnement du pays.

Par Névine Ahmed

L’Egypte ne se résume ni à ses pyramides, ni à ses temples, ni à l’éclat de son patrimoine millénaire. Sa véritable richesse réside aussi dans ses femmes et ses hommes, dans leur savoir-faire, leur créativité, leur capacité d’adaptation et cette étonnante faculté à faire vivre les traditions tout en inventant de nouvelles voies. Dans les villes comme dans les villages, dans les ateliers comme dans les laboratoires, sur les scènes artistiques ou dans les entreprises technologiques, une multitude de talents contribuent chaque jour à façonner le visage contemporain du pays.

Cette richesse humaine se révèle notamment à travers des métiers parfois rares, discrets ou peu connus du grand public. Certains artisans perpétuent des gestes transmis de génération en génération : restauration minutieuse de manuscrits anciens, notamment ceux qui travaillent avec minutie à préserver des documents historiques fragiles. Aussi, le travail du cuivre et du bois, comme la fabrication traditionnelle d’instruments de musique. Ces artisans spécialisés perpétuent également des techniques qui se transmettent souvent de génération en génération. Il y a également les artisans de la broderie, du tissage ou encore ceux qui travaillent dans la conservation de pièces patrimoniales.

Dans les vieux quartiers du Caire, certains maîtres artisans continuent de pratiquer la dinanderie, la gravure sur cuivre, le travail du bois ou la marqueterie.

Le métier de restaurateur de tapis et de textiles anciens exige, lui aussi, une connaissance approfondie des fibres, des teintures et des méthodes de tissage traditionnelles.

D’autres professionnels œuvrent dans la conservation du patrimoine architectural, en participant à la restauration de bâtiments historiques et de monuments anciens.

L’Egypte compte également des spécialistes de la fabrication artisanale du papier, de la reliure traditionnelle et de la calligraphie arabe.

Dans le domaine du cinéma, certains métiers techniques restent peu visibles, comme ceux de restaurateur de films, de décorateur spécialisé ou de concepteur d’effets visuels.

Derrière chacun de ces métiers se cachent une grande précision, une longue expérience et une connaissance intime de matières et de techniques qui risqueraient parfois de disparaître si elles n’étaient pas transmises aux nouvelles générations.

A côté de ces savoir-faire ancestraux émergent des professions plus contemporaines, souvent éloignées des représentations classiques de l’économie égyptienne. Des spécialistes de la conservation du patrimoine numérique, des restaurateurs d’œuvres d’art, des créateurs d’effets visuels, des concepteurs de jeux vidéo, des ingénieurs spécialisés dans l’intelligence artificielle ou encore des professionnels des technologies vertes participent à l’émergence de nouveaux secteurs. Ces métiers, parfois encore confidentiels, témoignent d’une jeunesse qui ne se contente pas de chercher sa place dans les domaines traditionnels, mais qui explore aussi les métiers de demain.

Dans l’agriculture, des compétences très spécialisées se développent autour de l’irrigation intelligente, de l’agriculture de précision et de la gestion durable de l’eau.

Le secteur maritime fait également appel à des professionnels aux savoir-faire particuliers, notamment dans la construction, l’entretien et la restauration d’embarcations traditionnelles.

L’univers artistique constitue lui aussi un formidable réservoir de talents. Musiciens, compositeurs, photographes, illustrateurs, designers, cinéastes, comédiens et créateurs numériques renouvellent les formes d’expression et font dialoguer l’héritage égyptien avec les influences du monde contemporain. Dans la mode, l’architecture ou le design, de jeunes créateurs revisitent les motifs, les matières et les symboles du patrimoine pour leur donner une esthétique nouvelle, capable de séduire aussi bien le public local que les scènes internationales.

L’Egypte compte également de nombreux talents dans les domaines scientifiques et technologiques. Chercheurs, médecins, ingénieurs, développeurs et entrepreneurs mettent leur expertise au service de projets qui touchent à la santé, à l’agriculture, à l’énergie, aux transports ou aux technologies numériques. Leur travail reste souvent dans l’ombre, loin des projecteurs, alors qu’il participe concrètement à la transformation de la société et à la recherche de solutions adaptées aux défis du pays.

Cette diversité des compétences rappelle que le talent égyptien ne se laisse pas enfermer dans une seule définition. Il peut s’exprimer dans la main d’un artisan qui restaure un objet ancien avec une patience infinie, dans l’imagination d’un jeune artiste, dans la rigueur d’un chercheur, dans l’ingéniosité d’un entrepreneur ou dans le savoir-faire d’un professionnel dont le métier est presque inconnu du grand public.

La richesse humaine de l’Egypte est donc à la fois héritage et promesse. Héritage, parce que le pays conserve des savoir-faire exceptionnels, nourris par des siècles d’histoire et de transmission. Promesse, parce qu’une nouvelle génération de talents invente, expérimente et repousse les frontières dans des domaines toujours plus nombreux.

Mettre en lumière ces femmes et ces hommes, leurs parcours et leurs métiers, c’est finalement raconter une autre Egypte… une Egypte vivante, inventive et plurielle, où le patrimoine côtoie l’innovation et où les talents, connus ou anonymes, constituent l’une des ressources les plus précieuses du pays.

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L’Egypte bat et plein de richesses naturelles

L’Égypte, terre de richesses 7 - Le Progrès Egyptien

Par Nermine Khattab

L’Egypte est un pays riche en ressources naturelles, dont certaines remontent à l’Antiquité, contribuant à son rayonnement économique. Parmi ces richesses, l’or occupe une place centrale, notamment dans le désert oriental et la région d’Assouan, avec des gisements qui continuent d’être exploités aujourd’hui.  L’Egypte est un pays doté d’abondantes ressources naturelles, dont certaines sont exploitées depuis l’Antiquité et continuent de soutenir son économie. Parmi ces richesses figure le sable blanc qui peut jouer un rôle crucial dans le développement économique actuel du pays, contribuant à divers secteurs industriels.
L’Égypte possède d’importantes richesses naturelles, et ses sables côtiers du nord cachent une ressource stratégique majeure : le sable noir.


Le sable noir, une mine d’or verte
Réserves immenses : L’Égypte dispose d’environ 1,3 milliard de mètres cubes de réserves de sable noir le long de sa côte méditerranéenne (notamment à Borollos, Rashid et Damietta).
Minéraux précieux : Ce sable contient des métaux lourds et des minéraux rares comme l’ilménite, le zircon, le rutile et la magnétite.
Usages industriels : Ces éléments servent dans plus de 49 industries de pointe, comme l’aéronautique, la fabrication de céramiques, la peinture, la sidérurgie et les technologies nucléaires.
Projets clés : Le pays a inauguré un complexe moderne de séparation de ces minéraux à Borollos pour valoriser cette richesse nationale.
Les autres richesses naturelles du pays
Hydrocarbures : Le pays extrait d’importantes quantités de gaz naturel et de pétrole (dans le Sinaï et le désert Libyque).
Mines et carrières : L’Égypte exploite des gisements de phosphates, de minerai de fer, de manganèse et des réserves pures de sel de roche (notamment à Siwa).
Énergies renouvelables : Le potentiel solaire et éolien y est très fort pour la production d’électricité.
Le sable blanc, une richesse à exploiter
L’Etat cherche à maximiser l’utilisation des richesses minières de l’Egypte et les exploiter pour la localisation des industries des technologies de précision.
Parmi ses ressources figure le sable blanc et le minerai du quartz. Des mécanismes et incitations à l’investissement dans les minerais de “quartz” et du sable blanc, sont adoptés dans le cadre de la mise en œuvre des plans pour maximiser l’utilisation des ressources naturelles du pays. Il s’agit de maximiser la valeur ajoutée de ces matières premières.
L’Egypte possède de grandes réserves de sable siliceux de haute qualité dans deux régions clés : le Désert Oriental précisément au Golfe de Suez à Zaafarana et au Sinaï. Ces deux zones regorgent de réserves qui dépassent les milliards de tonnes.
Le sable siliceux est un matériau polyvalent présent sous sa forme cristalline. C’est un composant essentiel pour diverses applications dont l’industrie du verre et des puces électroniques.
Les principales mines d’or: Localisation et production
L’Égypte recèle environ 270 sites aurifères, dont 120 sites et mines exploités dans l’Antiquité. Ces gisements d’or sont répartis en quatre grands secteurs et l’extraction du précieux métal se fait selon deux méthodes. La première est la méthode traditionnelle, héritée des temps anciens, qui consiste à creuser des mines et à extraire le minerai des roches scintillantes. La seconde, plus moderne, repose sur des études géologiques approfondies pour identifier les gisements dans les couches profondes de la Terre. Cette méthode utilise des machines imposantes pour forer des puits et extraire le minerai d’or brut, mêlé à d’autres minéraux, avant d’entamer le processus de purification pour séparer l’or des impuretés.
L’Egypte regorge d’importantes réserves d’or et de nombreux autres minéraux précieux, dont 1. La mine de Sukari, la mine d’Iqat, la mine de Hammash, la mine de Wadi Allaqi, la mine d’Atoud, la mine de Baramiyah, la mine d’Abu Marwat, la mine d’Um Ud, la région de Halaib et Shalatin et le Triangle d’Or.

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Une richesse maritime sans pareil…

L’Égypte, terre de richesses 9 - Le Progrès Egyptien

Par: Soha Gaafar

L’Égypte possède d’immenses et diverses richesses marines le long de ses vastes côtes bordant la mer Méditerranée et la mer Rouge.
Les richesses marines englobent toutes les ressources, vivantes et non vivantes, présentes dans les mers et les océans, telles que les poissons, les algues, le pétrole, le gaz et les minéraux. Elles contribuent à l’approvisionnement alimentaire et au soutien de l’économie.
Types de richesses marines
Ressources halieutiques : poissons, crevettes, calamars.
Ressources énergétiques : pétrole et gaz naturel présents dans les fonds marins.
Ressources végétales : algues et herbiers marins.
Ressources minérales : or, fer et autres minéraux.
L’importance des ressources marines
Sécurité alimentaire : elles fournissent des repas riches en protéines pour l’être humain.
Soutien à l’économie : elles emploient des millions de travailleurs et stimulent le commerce et le tourisme.
Équilibre climatique : elles régulent la température de la Terre et produisent de l’oxygène.
Ressources halieutiques et zones de pêche :
la zone de pêche en Méditerranée couvre environ 6,8 millions de feddans, s’étend sur un millier de kilomètres et fournit près de 11 % de la production halieutique totale de l’Égypte. Quant à la mer Rouge et au golfe de Suez, ils contribuent à hauteur d’environ 8,81 % à la production halieutique annuelle totale, grâce à la diversité de la faune marine et des récifs coralliens.
Énergie et gaz naturel – Gisements de gaz :
Les eaux profondes de la Méditerranée recèlent d’importantes réserves de gaz naturel (telles que le gisement de Zohr), ce qui renforce le secteur énergétique et l’économie nationale. Délimitation des frontières : La délimitation des frontières maritimes de l’Égypte a ouvert la voie à l’exploitation des ressources de sa zone économique exclusive.
Sables noirs et minéraux – Dépôts côtiers :
Les côtes égyptiennes abritent des gisements de sables noirs riches en minéraux lourds, tels que la magnétite et l’ilménite, utilisés dans des industries de précision et la fabrication de structures aéronautiques.
Dans une démarche stratégique visant à renforcer le leadership de l’Égypte en matière de préservation des ressources naturelles, le gouvernement égyptien a annoncé une initiative concrète pour traduire le concept d’économie bleue durable en projets nationaux tangibles en mer Rouge et dans le golfe d’Aden.
L’orientation vers une économie bleue durable ne relève pas d’un simple choix environnemental ; il s’agit d’une nécessité économique stratégique.
L’Egypte vise à transformer ses richesses marines en un véritable moteur de développement, convaincus que l’investissement dans la protection de la mer Rouge et la préservation de ses ressources naturelles ouvrira de vastes perspectives d’emplois verts innovants pour les jeunes, tout en faisant de l’écotourisme et de la pêche durable des piliers fondamentaux au service de l’économie nationale pour les générations futures.
Le modèle égyptien repose sur trois projets majeurs interconnectés, visant à opérer un changement qualitatif dans la gestion des zones côtières :
Développement des infrastructures des réserves naturelles : ce volet se concentre sur la protection des écosystèmes marins grâce à la mise en place d’un système avancé de bouées, à la délimitation de zones de mouillage sécurisées pour les yachts et à la fourniture de cartes marines précises, tout en assurant la formation de cadres spécialisés (inspecteurs de réserves et opérateurs de yachts).
Ports verts : application de normes internationales de gestion environnementale dans les ports de la mer Rouge, incluant la surveillance en temps réel de la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la gestion des déchets, contribuant ainsi directement à la réduction des émissions de carbone.
Planification spatiale marine : un outil scientifique destiné à organiser les usages du littoral et à gérer les zones marines et les réserves naturelles, de manière à garantir le développement durable et la préservation de la biodiversité.


Les richesses vertes de l’Égypte : des trésors agricoles à transformer en valeur industrielle

L’Égypte, terre de richesses 11 - Le Progrès Egyptien

L’agriculture égyptienne ne constitue pas seulement une source de produits alimentaires. Elle représente également un vaste réservoir de richesses susceptibles de servir de base à de nouvelles industries et d’ouvrir de plus larges perspectives aux exportations. Du delta du Nil à la Haute-Égypte, des nouvelles terres agricoles au Sinaï et à la côte méditerranéenne, la diversité des cultures et des produits agricoles offre à l’Égypte de nombreux atouts compétitifs, grâce notamment à son climat, à la fertilité de certaines terres et à la diversité de ses calendriers de production.

Les chiffres témoignent déjà de l’importance croissante de ce secteur pour l’économie nationale. En 2025, les exportations agricoles égyptiennes ont atteint environ 9,5 millions de tonnes, pour une valeur de 11,5 milliards de dollars, selon les données officielles. Les agrumes, les pommes de terre, les patates douces, les haricots et les oignons figuraient parmi les principaux produits exportés, aux côtés du raisin, de la grenade, de la mangue, de la tomate et de la fraise.

Mais ces résultats peuvent constituer un point de départ plutôt qu’un aboutissement. L’enjeu est désormais de passer de l’exportation de produits bruts ou frais à une meilleure valorisation de la production grâce à la transformation, au conditionnement, au séchage, à l’extraction d’huiles et de composés naturels et à la fabrication de produits alimentaires à plus forte valeur ajoutée.

Les oranges et les agrumes : une richesse qui dépasse l’exportation des fruits frais

Les agrumes constituent l’une des principales richesses agricoles de l’Égypte, notamment les oranges, mais aussi les mandarines, les citrons et les pamplemousses. Leur culture est particulièrement développée dans le delta du Nil, les nouvelles terres agricoles et plusieurs zones de la vallée.

Les agrumes occupent une place majeure dans la production fruitière égyptienne. Cette richesse ne doit toutefois pas être considérée uniquement sous l’angle de l’exportation des fruits frais.

Les oranges peuvent alimenter toute une industrie de transformation : jus, concentrés, confitures, huiles essentielles extraites des écorces et ingrédients naturels destinés aux secteurs agroalimentaire et cosmétique.

Les résidus issus de la transformation peuvent également être valorisés dans différentes applications, permettant ainsi de réduire les pertes et d’augmenter la valeur économique de chaque tonne produite.

La pomme de terre : un produit alimentaire, industriel et exportable

La pomme de terre constitue l’une des principales productions agricoles égyptiennes. Elle est cultivée dans différentes régions du delta, de la vallée et des nouvelles terres agricoles, notamment dans les zones adaptées à la production destinée à l’exportation.

En 2025, elle figurait au deuxième rang des principales exportations agricoles égyptiennes, avec environ 1,3 million de tonnes exportées.

Mais le potentiel de la pomme de terre ne se limite pas à son exportation à l’état frais. Elle peut alimenter une industrie diversifiée : pommes de terre surgelées et précuites, chips, flocons, farine, amidon et autres ingrédients destinés à l’industrie agroalimentaire.

Le développement de ces activités permettrait de réduire la dépendance à l’exportation du produit brut et de transformer une partie de la production en produits à plus forte valeur ajoutée et à plus longue durée de conservation.

La patate douce : une culture en plein essor

La patate douce s’est progressivement imposée comme l’un des produits agricoles égyptiens dont les exportations connaissent une croissance notable. En 2025, les exportations ont atteint environ 387 000 tonnes.

Cette culture offre également de nombreuses possibilités de transformation : produits surgelés ou déshydratés, farines, poudres et ingrédients destinés à l’industrie alimentaire.

Elle peut aussi être intégrée à la fabrication de produits alimentaires répondant à la demande croissante pour des aliments naturels et des alternatives végétales.

Le raisin : du fruit frais aux jus et aux raisins secs

Le raisin est cultivé dans plusieurs régions du delta et des nouvelles terres agricoles, ainsi que dans d’autres zones bénéficiant de conditions climatiques favorables.

Les exportations égyptiennes de raisin ont atteint environ 191 000 tonnes en 2025, confirmant son statut de produit agricole important sur les marchés internationaux.

Au-delà de l’exportation du fruit frais, il existe des perspectives importantes dans la production de raisins secs, de jus, de concentrés et de confitures.

Les résidus du raisin peuvent également être valorisés dans différentes applications industrielles, notamment grâce à l’exploitation des pépins et à l’extraction de certaines substances naturelles.

L’objectif est ainsi de transformer une production essentiellement saisonnière en une chaîne de valeur capable de fonctionner tout au long de l’année.

La fraise : une forte valeur ajoutée sur des surfaces limitées

La fraise fait partie des produits agricoles égyptiens qui ont démontré leur capacité à concurrencer les produits étrangers sur les marchés internationaux, notamment sous forme surgelée.

Elle est cultivée dans plusieurs zones agricoles modernes, en particulier dans les nouvelles terres, et représente une culture à forte valeur économique pour les producteurs et les exportateurs.

En 2025, les exportations égyptiennes de fraises ont atteint environ 64 000 tonnes.

Le potentiel industriel est particulièrement important dans la surgélation rapide, les jus, les concentrés, les confitures et différents produits alimentaires à base de fraises.

Cette transformation permettrait notamment de mieux valoriser les fruits qui ne répondent pas aux critères d’exportation à l’état frais mais restent parfaitement adaptés à la transformation.

La grenade : une culture qui peut devenir une véritable industrie

La grenade est une culture prometteuse présente dans plusieurs régions de Haute-Égypte et dans les nouvelles terres agricoles. Certaines zones sont particulièrement réputées pour leur production.

Les exportations égyptiennes de grenade ont atteint environ 136 000 tonnes en 2025.

La transformation de ce fruit offre de nombreuses perspectives : jus, concentrés et produits alimentaires dérivés. Les écorces et les graines peuvent également faire l’objet de recherches et d’investissements dans le domaine des composés naturels et des applications industrielles.

L’objectif doit donc être de dépasser l’exportation du fruit entier pour développer des produits dérivés capables d’accéder à de nouveaux marchés.

La mangue : une richesse de l’Ismaïlia et de la Haute-Égypte

L’Égypte possède une production importante de mangues, particulièrement connue dans le gouvernorat d’Ismaïlia, mais également présente dans certaines zones de la vallée, de la Haute-Égypte et des nouvelles terres agricoles.

Les exportations égyptiennes de mangues ont atteint environ 126 000 tonnes en 2025.

La mangue offre d’importantes possibilités de transformation : jus, concentrés, pulpe surgelée, confitures et produits déshydratés.

La transformation permettrait également de réduire les pertes liées aux fruits qui, bien qu’impropres à l’exportation en frais, peuvent parfaitement être utilisés dans l’industrie alimentaire.

Les dattes : une richesse qui s’étend des oasis à Assouan

L’Égypte dispose d’un patrimoine considérable en matière de palmiers-dattiers. Leur culture est largement présente dans les oasis, notamment dans le gouvernorat de la Nouvelle-Vallée, à Assouan, ainsi que dans plusieurs régions de la Haute-Égypte et des nouvelles terres.

La datte ne doit plus être considérée uniquement comme un produit alimentaire traditionnel. Elle peut donner naissance à une large gamme de produits : pâte de dattes, sirop, poudre, confiseries, ingrédients pour la boulangerie et produits alimentaires à haute valeur ajoutée.

Les noyaux de dattes et les fibres issues du palmier peuvent également faire l’objet de valorisations industrielles, selon les technologies disponibles et leur rentabilité économique.

L’enjeu consiste donc à construire une véritable industrie égyptienne de la datte transformée, au lieu de se limiter à l’exportation des fruits.

L’olive : une richesse du littoral, du Sinaï et des nouvelles terres

L’olivier est particulièrement adapté à de nombreuses zones arides et semi-arides. Sa culture est développée notamment dans le nord du Sinaï, à Matrouh, sur la côte nord et dans plusieurs régions des nouvelles terres.

L’olive constitue un exemple intéressant d’agriculture pouvant être transformée en une chaîne industrielle complète : huile d’olive, olives de table, produits marinés et différentes préparations alimentaires.

Les résidus de taille et de transformation peuvent également être valorisés dans diverses applications industrielles et environnementales.

Avec l’augmentation mondiale de la demande pour les produits naturels et les huiles végétales de qualité, l’olive offre à l’Égypte des perspectives importantes sur les marchés internationaux.

L’oignon et l’ail : des produits égyptiens à forte demande

L’oignon et l’ail comptent parmi les cultures agricoles égyptiennes bénéficiant d’une solide expérience de production et d’exportation. Ils sont cultivés dans différentes régions du delta, de la vallée et des nouvelles terres.

En 2025, les exportations d’oignons frais ont atteint environ 288 000 tonnes.

Le développement de la transformation permettrait notamment de produire de l’oignon et de l’ail déshydratés, des poudres et différents mélanges d’épices et d’assaisonnements destinés à l’industrie alimentaire.

Ces produits présentent également l’avantage d’être plus faciles à stocker et à transporter que les produits frais, ce qui facilite leur commercialisation sur des marchés éloignés.

La canne à sucre et la betterave : des cultures au-delà du sucre

La canne à sucre est particulièrement associée à la Haute-Égypte, tandis que la betterave sucrière est cultivée dans de vastes zones du delta et des nouvelles terres.

La valeur économique de ces cultures ne se limite pas à la production de sucre.

La canne à sucre peut alimenter plusieurs activités utilisant ses résidus, notamment la bagasse, qui peut être valorisée dans la production d’énergie et dans différentes applications industrielles.

Les résidus de la betterave peuvent également être exploités, notamment dans l’alimentation animale et certaines applications industrielles.

Ces exemples montrent l’importance d’une approche fondée sur l’industrie intégrée, dans laquelle le produit principal n’est plus la seule source de revenus.

Le blé, le maïs et le riz : sécurité alimentaire et valeur ajoutée

Les cultures stratégiques comme le blé, le maïs et le riz restent au cœur de la sécurité alimentaire de l’Égypte.

Le blé et le maïs sont cultivés dans de vastes zones de la vallée et du delta, tandis que la riziculture est particulièrement concentrée dans certaines régions du delta.

Mais ces cultures offrent elles aussi des possibilités de transformation importantes.

Le blé est destiné à la farine, aux produits de boulangerie et aux pâtes. Le maïs peut alimenter la production d’aliments pour animaux, d’amidon, d’huiles et de différents produits alimentaires. Le riz peut, quant à lui, être transformé en une variété de produits alimentaires et industriels.

L’enjeu est donc de concilier la sécurité alimentaire avec la création de valeur ajoutée.

Le coton : renouer avec une industrie intégrée

Le coton égyptien demeure l’une des cultures les plus emblématiques du pays, notamment en raison de la réputation historique de la qualité de certaines variétés. Sa culture est particulièrement présente dans plusieurs régions du delta et de la vallée.

Mais la véritable valeur du coton apparaît lorsque celui-ci est intégré à une chaîne industrielle complète, allant de la filature au tissage, puis à la confection de vêtements, au textile de maison et à d’autres produits manufacturés.

Les graines de coton peuvent également être valorisées pour la production d’huile et d’aliments pour animaux.

Le développement de cette chaîne permettrait de conserver une plus grande partie de la valeur économique du coton à l’intérieur du pays.

Les plantes médicinales et aromatiques : du champ aux industries pharmaceutique et cosmétique

Les plantes médicinales et aromatiques constituent probablement l’un des domaines les plus prometteurs de l’agriculture égyptienne.

Menthe, basilic, marjolaine, thym, anis, fenouil, hibiscus, cumin, coriandre, camomille et bien d’autres plantes peuvent être produites dans différentes régions du pays.

La Haute-Égypte dispose notamment d’un potentiel important dans ce domaine. Une étude récente consacrée au gouvernorat d’Assouan a recensé 17 espèces de cultures médicinales et aromatiques, parmi lesquelles le henné, la menthe, le moringa, l’hibiscus, le basilic, le fenouil, le cumin, la coriandre et le carvi.

La véritable opportunité réside cependant dans la transformation.

Au lieu d’exporter uniquement des plantes séchées, l’Égypte pourrait développer la production d’huiles essentielles, d’extraits et d’ingrédients naturels destinés aux industries agroalimentaires, cosmétiques, de la parfumerie et à certaines applications pharmaceutiques.

Ce secteur pourrait également devenir un terrain particulièrement favorable aux petites et moyennes entreprises dans les régions agricoles.

Les cultures de Haute-Égypte : une richesse qui mérite davantage de transformation locale

La Haute-Égypte dispose d’un ensemble diversifié de productions agricoles, allant de la canne à sucre et des dattes aux plantes médicinales et aromatiques, en passant par la mangue, la grenade et différentes cultures maraîchères.

L’un des principaux enjeux consiste à rapprocher la transformation des zones de production.

La création d’unités de séchage, de conditionnement, de surgélation, d’extraction d’huiles et de transformation agroalimentaire à proximité des exploitations permettrait de réduire les pertes, les coûts de transport et de créer davantage d’emplois dans les gouvernorats producteurs.

La zone agricole pourrait ainsi devenir également une zone industrielle spécialisée.

Les résidus agricoles : une autre récolte à valoriser

Parmi les opportunités encore insuffisamment exploitées figurent les résidus agricoles.

Paille de riz, résidus de palmiers, tiges de maïs, déchets de taille des arbres et résidus des industries sucrières et agroalimentaires peuvent être considérés non comme de simples déchets, mais comme des matières premières.

Selon leur nature et les technologies utilisées, ils peuvent être transformés en aliments pour animaux, fertilisants, énergie ou matériaux à base de fibres.

Ainsi, une même culture peut donner lieu à plusieurs « récoltes » : une récolte alimentaire, une récolte industrielle et une valorisation économique des résidus.

La valeur ajoutée, clé de l’avenir de l’agriculture égyptienne

L’Égypte dispose déjà d’une base agricole diversifiée et d’une expérience importante dans la production et l’exportation. Mais le véritable défi consiste désormais à en tirer le maximum de valeur économique.

L’orange peut devenir jus et huile essentielle ; la pomme de terre, produit surgelé ou amidon ; la datte, une multitude de produits alimentaires ; les plantes médicinales, huiles et extraits ; tandis que la mangue, la grenade et la fraise peuvent être transformées en produits exportables tout au long de l’année.

C’est précisément là que réside l’importance de l’agro-industrie : elle permet non seulement d’augmenter la valeur des récoltes, mais aussi de créer des emplois, de réduire les pertes, d’ouvrir de nouveaux marchés et de renforcer la capacité des produits égyptiens à résister aux fluctuations des prix et aux contraintes saisonnières.

Les résultats enregistrés en 2025 montrent déjà que l’Égypte dispose d’une réelle capacité à renforcer sa présence sur les marchés internationaux, avec l’exportation d’environ 405 produits agricoles vers 167 pays.

La prochaine étape doit donc être de passer de « l’exportation des cultures » à « l’exportation des industries fondées sur ces cultures ».

La véritable richesse ne réside pas seulement dans le nombre d’hectares cultivés ou dans le volume de la production. Elle réside également dans le nombre d’industries que chaque hectare peut faire naître, dans le nombre de produits qui peuvent en être dérivés et dans le nombre de marchés auxquels ces produits peuvent accéder.

L’Égypte ne possède pas seulement une terre capable de produire des aliments ; elle dispose d’une base agricole susceptible de produire des aliments, des huiles, des ingrédients industriels, des produits naturels, de l’énergie et des produits agroalimentaires à forte valeur ajoutée.

L’enjeu des prochaines années sera donc de transformer ce potentiel en une véritable chaîne intégrée : des agriculteurs produisant selon des standards de qualité élevés, des industries créant de la valeur, des marques portant le nom de l’Égypte et des marchés internationaux accueillant des produits égyptiens finis.

À cette condition, l’agriculture ne sera plus seulement un secteur économique parmi d’autres. Elle deviendra l’un des moteurs de l’industrie, des exportations et du développement local, transformant les terres agricoles égyptiennes en véritables plateformes de production capables de générer des produits à haute valeur ajoutée.

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