Par Farouk Gouéda
Al-Ahram
Je ne crois pas que le monde arabe n’ait jamais vécu une crise comme celle d’aujourd’hui, affirme le grand écrivain Farouk Gouéda dans un article publié par le quotidien Al-Ahram. Ce ne serait point exagéré de dire que les peuples arabes vivent actuellement au cœur de la tempête : entre guerres, divisions, conflits. Personne ne peut évaluer le volume des pertes de cette nation. Il s’agit de pertes de ressources, de pertes humaines, de pertes en histoire et en patrimoine, arrivant jusqu’aux pertes en religion et en identité. En regardant la carte du monde arabe, en voyant les formes de confusions et de chaos, l’on se sent triste de ce que les choses sont devenues. Cette nation qui a sacrifié pour récupérer sa liberté, sa volonté, son indépendance (…) souffre de nouvelles formes d’occupation et les puissances étrangères se trouvent dans ses territoires. (…) La carte du monde arabe est pleine de « déformations ». Des peuples sont divisés, des villes se sont détériorées, des infrastructures sont détruites… Combien de temps faut à l’Irak et à la Syrie pour reconstruire ce que la guerre a détruit ? Quand retourneront les millions qui ont quitté leurs pays ? (…) Qui pourrait croire que Bagdad, la «citadelle de l’Histoire» sera divisée entre partis et sectes (…) Qui pourrait imaginer que des millions allaient fuir les villes syriennes comme Alep ; que la Libye serait de nouveau occupée et divisée en tribus belligérantes ; et que le Yémen ne soit que les restes d’une patrie ? Qui s’attendait à ce que le peuple soudanais soit divisé (…) ?; que la Tunisie soit déchirée par des conflits et des divisions ? (…) Il ne s’agit pas uniquement de ces crises auxquelles les pays arabes sont confrontés depuis des années, mais plutôt d’autre crises, plus grandes, dans l’avenir. Il y a des peuples menacés par le manque de nourriture, de médicaments et de sécurité ; des peuples qui ne savent pas quand l’occupation prendra fin. Il y a des citoyens qui ne savent pas quand est-ce qu’ils seront de retour dans leur patrie (…) Il faut s’arrêter sur un certain nombre de questions. D’abord, les agressions israéliennes dans nombre de pays arabes (…) ensuite, la cause palestinienne qui est celle de tous les pays islamiques et pas seulement les pays arabes. En outre, les crises économiques dont souffriront des pays arabes face au chaos de l’économie mondiale (…) Le monde arabe est confronté à une phase difficile (…) qui exige tant de sagesse.





