Cinq semaines après le passage du cyclone Chido et une semaine avant les élèves, les enseignants de Mayotte ont fait leur rentrée lundi dans un contexte houleux, entre des établissements toujours pas remis en état et un autre où des sinistrés ont été évacués.
La rentrée des élèves, prévue initialement le 13 janvier et plusieurs fois décalée, aura lieu “à partir du 27 janvier”, selon le ministère de l’Education.
Malgré ce report, une incertitude générale règne toujours à Mayotte, où de nombreux établissements ne sont pas encore en état d’accueillir les quelque 117.000 élèves scolarisés dans le département le plus jeune de France.
Dans un communiqué, le ministère de l’Education nationale a expliqué lundi que les modalités d’accueil des élèves seraient “adaptées à chaque école”.
Pour “garantir la continuité pédagogique”, des “systèmes de rotation des élèves dans les classes” seront mis en place et des cours seront “diffusés sur la chaîne Mayotte-La 1ère”, ajoute le communiqué.
Les élèves bénéficieront de “dons de fournitures scolaires” et pourront avoir recours à “un soutien psychologique”, poursuit le ministère.
A l’Assemblée nationale, où les députés entament lundi l’examen du projet de loi d’urgence pour Mayotte, le ministre des Outre-mer Manuel Valls a lui reconnu que la rentrée sera “progressive, complexe, difficile” et présentait “un défi”, 30% des établissements étant selon lui inutilisables ou occupés.
Lundi matin, une petite dizaine d’enseignants se sont réunis sous la houlette de syndicats devant le rectorat de Mayotte à Mamoudzou, le chef-lieu, pour protester contre les modalités d’attribution d’une prime post-Chido et les conditions de la réouverture des écoles.
“On nous oblige à faire la rentrée sans que nous en connaissions les conditions, notamment sur l’accès à l’eau et l’électricité”, a dénoncé à l’AFP Yamina Ali, enseignante en primaire à Mamoudzou, assurant que ses collègues n’avaient pas pu pénétrer dans l’établissement lundi, le portail étant non fonctionnel sans électricité.





