Par : Soha Gaafar
Loin du bruit et de la foule, il existe encore en Égypte des lieux naturels dont la magie n’a pas été pleinement exploitée. Il n’y a pas de bruit, sauf l’air, l’eau et la paix et la tranquillité qui plaisent au cœur. Des endroits où l’on a l’impression d’être sorti du temps et de découvrir une autre facette de l’Égypte que personne ne voit souvent, et qui passent devant nous sans que nous sachions que c’est un paradis sur terre. Allons-y pour exploiter ensemble la magie des forêts de mangroves de Marsa Alam…



Le long de la côte égyptienne de la mer Rouge, plus précisément à Marsa Alam, Hala’ib, Shalateen, Wadi El Gemal, Hamata et Gebel Elba, les forêts de mangroves, ou shawarab, ornent les plages de la mer Rouge.
Elles comptent parmi les plus anciens arbres côtiers et sont réputées pour leurs palétuviers et leurs mangroves.
En Égypte, les palétuviers mesurent entre 3 et 8 mètres de haut, ce qui favorise la diversité des habitats pour les communautés vivantes
en offrant un abri aux animaux, aux oiseaux marins, aux poissons et aux invertébrés.
Leurs branches et leurs racines constituent des nurseries et des lieux de reproduction naturels pour certains organismes.
Les forêts de mangroves attirent des milliers d’amoureux de la nature et d’experts environnementaux qui viennent profiter de leur atmosphère enchanteresse tout au long de l’été. Cette réserve, qui était jusqu’à récemment l’une des plus importantes réserves naturelles d’Égypte, est devenue un modèle remarquable de développement de la culture de mangroves le long du littoral de la mer Rouge. Ce projet vise non seulement à stimuler le tourisme dans la région, mais aussi à atténuer les effets négatifs du changement climatique.
Le projet de culture de mangroves est l’un des plus importants récemment lancés par l’Égypte, visant à investir dans l’économie verte. Cet investissement génère des excédents économiques, en plus de jouer un rôle important dans la lutte contre le changement climatique, qui ravage la planète.
Dr Sayed Khalifa, président du Syndicat agricole égyptien et secrétaire général de l’Union des ingénieurs agricoles africains, affirme que l’Égypte progresse considérablement dans le développement de la culture de mangroves le long de la côte de la mer Rouge, en particulier dans les gouvernorats du Sud-Sinaï et de la mer Rouge. Ces régions possèdent des écosystèmes productifs et vitaux pour la culture de ces arbres, menacés d’extinction dans plusieurs pays du monde. Ces zones ont été déclarées réserves naturelles et sont soumises à une protection conformément aux lois et réglementations égyptiennes et internationales. Les projets de culture de mangroves en Égypte visent à promouvoir l’écotourisme tout en protégeant les plages et leur biodiversité marine. Ces forêts attirent une variété d’invertébrés marins, tels que les étoiles de mer cassantes et les méduses, ainsi que diverses espèces de crabes et de crevettes, qui vivent entre les racines et les tiges des palétuviers. Ces arbres contribuent également à l’équilibre écologique, contribuant ainsi à la création d’un environnement propice à la pisciculture. Certaines zones de terres salines adjacentes aux forêts de mangroves sont également utilisées pour la culture de plantes fourragères et oléagineuses résistantes au sel, comme la salicorne, dont l’efficacité en zones salines a été scientifiquement prouvée. La salicorne est un arbre dont on extrait une huile comestible et qui est utilisé comme fourrage traditionnel pour le bétail dans les zones pastorales.