Chacun de nous se rappelle les histoires de sa grand-mère. Des histoires qui ont été héritées d’une génération à l’autre. Evidemment, chaque génération a ajouté sa propre sauce et a permis aux autres d’en goûter une nouvelle saveur. Les histoires de grandmère cherchent à rappeler aux adultes ces doux moments passés à l’ombre des persiennes à écouter les histoires de nos aïeuls à l’âge de l’innocence.
Une tête de poisson et deux galettes de pain
Il était une fois une jeune femme qui vivait avec sa mère. Toutes deux habitaient dans un hameau très pauvre et très humble. Elles trouvaient une grande difficulté à joindre les deux bouts et à trouver de la nourriture. La mère demandait le plus souvent aux voisins de les aider pour se nourrir. Malgré cela, elles continuaient à vivre dans des conditions assez misérables. Puis, un jour, la mère a décidé de sortir pour chercher du travail. Un travail modeste pour rapporter du pain : une galette ou deux galettes de quoi faire un estomac affamé. Après des heures de marche à pied, elle a été embauchée par un petit commerçant de poissons. Celui-ci lui a proposé de nettoyer plusieurs kilos de poissons qu’il devait vendre à l’un des richissimes du royaume. C’était un travail fatigant. Le marchand ne lui avait surtout pas dit ce qu’elle allait gagner après tant d’heures de travail. Ses mains étaient abîmées par l’eau et les écailles de poisson. Cela ne l’a pas empêché de continuer, de travailler, de se donner entièrement pour finir sa tâche sans problèmes. Après presqu’une journée et juste avant le crépuscule, le marchand l’a remerciée pour ses efforts et lui a donné une tête de poisson grillée et deux galettes de pain. La pauvre femme n’en croyait pas ses yeux : tous ses efforts, juste pour un plat qui n’allait certainement pas la rassasier, ni elle, ni sa fille. Mais, elle était tellement fatiguée, et affaiblie pour discuter avec le commerçant. Elle voulait rentrer et s’endormir. C’est alors qu’elle a récupéré le plat et a décidé de partir sans trop rechigner. Sur le chemin du retour, la mère allait s’effondrer à plusieurs reprises : tantôt de fatigue, tantôt de colère. L’amertume qu’elle éprouvait demeurait indescriptible. Elle se disait que le monde était bien cruel et bien injuste. Elle se demandait si le commerçant allait l’embaucher encore une fois, s’il le faisait, elle lui demanderait de lui remettre un poisson complet. Après un moment de soupirs, elle se dit : « S’il refuse, je pourrais demander deux têtes de poisson. Une pour moi et l’autre pour ma famille ». Après tant de fatigue, elle est rentrée chez elle en cherchant son vieux matelas pour se reposer.
A suivre





