Chacun de nous se rappelle les histoires de sa grand-mère. Des histoires héritées d’une génération à l’autre. Chaque génération y a évidemment ajouté sa propre sauce et a permis aux autres d’en goûter une nouvelle saveur. Les histoires de grand-mère cherchent à rappeler aux adultes ces doux moments passés à l’ombre des persiennes à écouter les histoires de nos aïeuls à l’âge de l’innocence.
Une tête de poisson et deux galettes de pain (6)
Il était une fois une jeune femme qui vivait avec sa mère. Toutes deux habitaient dans un hameau très pauvre et très humble. Elles trouvaient une grande difficulté à joindre les deux bouts et à trouver de la nourriture. La mère demandait le plus souvent aux voisins de les aider à se nourrir. Malgré cela, elles continuaient de vivre dans des conditions assez misérables. Puis, un jour, la mère a décidé de sortir pour chercher du travail. Un travail modeste pour rapporter du pain : une galette ou deux galettes de quoi remplir un estomac affamé. Mais sa fille à tout avalé d’un coup ne lui laissant rien. Craignant la réaction de sa mère, elle s’enfuit seule dans la nuit. A partir de cette période, la mère a cherché sa fille partout, en vain. Un jour, la mère a été hébergée par une famille chaleureuse et très accueillante. La famille dont elle ne voyait pas les membres l’a traitée comme l’un de ses membres et non une simple passante qui avait besoin d’aide. Le repas présenté par la famille rappelait le repas maudit : celui de la disparition de la fille. Mais là, c’était un poisson énorme et du bon pain généreusement offert.
A un moment, elle a appelé la servante qui veillait à son bien et lui a demandé de rencontrer les propriétaires de la maison ou du moins la maîtresse. Elle n’a pas attendu, la réponse est arrivée très rapidement et était positive. La servante l’a alors conduit dans un énorme salon où les meubles en bois et en velours ressemblaient à une symphonie musicale bien assortie. Tout était simple, pas chère et très bien organisée. La maîtresse de la maison est apparue : propre, bien habillée et rayonnante. Dès que la mère l’a vue, elle a été choquée. C’était un sosie de sa fille, une copie crachée mais plus belle et plus confiante. En effet, c’était sa f ille. Devant cette surprise, la mère était bel et bien choquée ne savant que faire. Elle ne comprenait rien : comment sa fille était-elle la maîtresse de cette maison ? Peut-être a-t-elle été engagée comme l’une des femmes de chambre de la propriétaire ? Sa tête était bouillonnante de questions et d’incompréhension.
A suivre